Visite du pape dans les pays baltes: l’Estonie accueille le pape (100993)
«le temps des guerres de religion et des
violences idéologiques doit être révolu»
Tallin, 10septembre(APIC) Le pape Jean Paul II est arrivé vendredi peu
avant 10 heures à Tallin, capitale de l’Estonie et dernière étape de sa visite pastorale dans les pays baltes. Le pape, qui avait quitté le matin même Riga, en Lettonie, a rencontré au cours des quelques 10 heures passés
sur sol estonien le président Lenart Meri, soutenu un dialogue oecuménique
et célébré une messe avant de regagner Rome dans la soirée. L’exhortation
au dialogue et à la solidarité entre chrétiens du pays a été au centre des
discours de cette ultime journée.
Dans un discours prononcé sitôt son arrivée à l’aéroport, Jean Paul II a
salué le peuple estonien en évoquant les événements inattendus de 1989, qui
ont apporté l’indépendance des pays baltes et au pays la liberté définitive, la liberté religieuse, une Constitution démocratique et l’indépendance
nationale. «On se sent obligé d’y entrevoir, au moins en partie, le dessein
de la Providence divine». Le Vatican, a-t-il souligné, n’a jamais reconnu
l’occupation des pays baltes par l’Union Soviétique,
Un peu plus d’une heure avant, Jean Paul II avait pris congé de la Lettonie, du président de la République, des évêques et du gouvernement en répétant que «les problèmes économiques, politiques et sociaux peuvent trouver dans l’Evangile, grâce à la médiation de la doctrine sociale de l’Eglise, non des solutions techniques, mais des principes clairs qui peuvent les
inspirer. Principes que peuvent partager également ceux qui ne se considèrent pas chrétiens ou croyants».
Le pape a aussi exprimé l’espoir de la réconciliation et de la concorde
du pays avec la communauté internationale et en particulier avec ses plus
proches voisins, comme la Russie. «La Lettonie, a-t-il déclaré, peut et
doit apporter une contribution particulière à la paix et au développement
dans la région». Pour le pape, l’héritage religieux et culturel ainsi que
l’expérience des souffrances endurées doivent jouer un rôle essentiel pour
l’organisation du futur de la Lettonie. «A l’heure de la reconstruction matérielle et morale, a-t-il conclu, il faut s’engager tous ensemble sur les
chemins de la fraternité et du progrès réellement humain».
Privilégier le dialogue
Accueilli à l’aéroport de Tallin par le président Meri, puis sur le chemin de la capitale par plusieurs milliers d’Estoniens, Jean Paul II a exprimé le voeu de voir l’Estonie – pays dans lequel les catholiques sont
largement minoritaires (0,3% sur une population globale de 1,6 million
d’habitants) – vivre un avenir fait de concorde, de solidarité, de paix et
de progrès.
Lors de sa visite de courtoisie au président Meri, le pape a assuré son
interlocuteur de la collaboration de l’Eglise catholique pour que l’Estonie
«aie un avenir de concorde, de paix et de progrès». Il faut maintenant, at-il relevé, protéger et reconstruire l’identité nationale par le dialogue
et la solidarité. «Le temps des guerres de religions ou de la violence
idéologique doit être dépassé une fois pour toute». Jean Paul II a ensuite
participé à la cathédrale luthérienne de Tallin à une prière oecuménique.
Rencontre durant laquelle le pape a prôné l’unité des chrétiens.
Le chef de l’Eglise catholique a souhaité que les divisions entre chrétiens «laissent le pas progressivement à l’annonce unitaire de la vérité
évangélique sur Dieu, sur Jésus, sur l’Eglise». L’unité des chrétiens est
«une grâce spéciale du Christ… A la mesure de la fragilité persistante
des attitudes personnelles et collectives des chrétiens, divisés par des
choix du passé qui ne furent pas toujours sages». «Un rétablissement de
l’unité des chrétiens, devait-il déclarer, serait certainement un des plus
grands événements de l’histoire de l’humanité». Le pape a mis un terme à
cette matinée en s’entretenant avec les prêtres et les religieuses du pays.
La synthèse délicate
Peu après 13 heures, Jean Paul II a rencontré des représentants du monde
de la culture. Un dialogue qui a permis au pape de souligner que l’Estonie
peut à présent à nouveau être elle-même, «avec sa langue, son génie, ses
institutions, dans un scénario international marqué par de grandes tensions, où la liberté et l’identité doivent plus que jamais aller de pair
avec l’ouverture au dialogue et la solidarité». «Aux intellectuels de favoriser cette synthèse délicate. Il ne faut pas oublier ce qui unit les êtres
humains. En particulier, la langue doit devenir un instrument d’identité,
mais pas une barrière, a fortiori dans des contextes pluri-ethniques».
Pour Jean Paul II, l’urgence va à un nouveau dialogue, avec la contribution de l’Eglise. «Que personne n’y soupçonne la résurgence d’un nouveau
cléricalisme ou un desein caché d’une volonté de pouvoir.
Dernier acte de sept jours de visite
A 16h30, le pape mettait un point final à son programme en célébrant une
messe sur la Grand Place de Tallin. Il a invité à réfléchir sur le thème de
l’accueil réciproque. En soulignant que la communauté lettone «accueille de
nombreux catholiques d’autres régions: russes, biélorusses, polonais, lituaniens et lettons notamment. «Par la promotion de la justice et la vérité,
la concorde et la collaboration, l’amour fraternel et l’union, on pourra
converger toujours plus vers l’unité donnée et désirée par le Christ pour
son Eglise et pour le monde entier».
A 20 heures enfin, Jean Paul II a pris congé des autorités estoniennes à
l’aéroport de Tallin. Saluant le retour au respect de la liberté religieuse
et des autres droits de l’homme, il s’est réjoui des «rapports fraternels
entre catholiques et les autres confessions chrétiennes. Il a conclu son
adieu en souhaitant que la culture des droits de l’homme fasse des progrès
également dans la région, et en rappelant que le Saint-Siège, depuis le
Moyen-Age, a défendu la liberté des pays baltes et que fidèle à cette option, il a refusé de reconnaître l’annexion soviétique. (apic/cic/cip/pr)



