Visite du pape en Corée du Nord: le «oui» mais de l’archevêque de Séoul

La liberté religieuse est une condition, estime Mgr Cheong

Séoul, 11 juillet 2000 (APIC) Avant de parler de visite du pape en Corée du Nord, il faut garantir la liberté religieuse, estime l’archevêque de Séoul. Pour la première fois depuis le Sommet entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, une autorité de l’Eglise catholique a exprimé son avis sur l’invitation faite au pape Jean Paul II de se rendre en visite à Pyongyang.

«Avant toute visite papale au Nord, il faut garantir la liberté religieuse», a en effet déclaré Mgr Nicholas Cheong, archevêque de Séoul. Mgr Cheong est également administrateur apostolique de Pyongyang, puisqu’il n’y a ni hiérarchie ni clergé en Corée du Nord. Il a demandé aux catholiques de prier pour les 50 séminaristes de Corée du Nord, dont on ne connaît pas le sort.

L’archevêque, dont les déclarations ont été publiées dans l’hebdomadaire catholique de Séoul, observe que «quand un chef d’Etat rend visite à un autre pays, il y a normalement une préparation au cours de laquelle on étudie, en vue d’un accord, les questions qui seront soulevées lors de la rencontre». Dans le cas d’une éventuelle visite du pape en Corée, le responsable de cette préparation est l’archevêque de Séoul, raison pour laquelle «une visite de l’archevêque de Séoul au Nord peut être la condition préalable pour la visite du pape».

En second lieu, le but de la visite du pape au Nord devrait être pastorale, estime Mgr Cheong: «Pour les Nord-Coréens, des mots comme ’religion’ ou ’foi’ résonnent de façon étrange, note l’archevêque. C’est pourquoi je pense que je ne pourrai pas y aller en tant que chef religieux. Du reste, personne ne sait combien de catholiques vivent au Nord, ou s’il y a encore des prêtres. Jusqu’à l’indépendance de la Corée du Nord, il y avait peu de prêtres; puis, on n’a plus rien su d’eux. La Corée du Nord ne reconnaît officiellement aucune religion. Naturellement, je pourrais visiter le Nord pour des raisons humanitaires; mais le Nord n’a pas encore formulé d’invitation formelle. La religion est une question très délicate dans une société socialiste. C’est la raison pour laquelle la Corée du Nord est très prudente sur les rapports religieux entre Nord et Sud».

Après le Sommet entre les deux Corée, l’archevêque conseille aux catholiques d’être patients. «Le Sud et le Nord ont été divisés pendant 55 ans, dit-il. De plus, le socialisme et le capitalisme sont deux systèmes différents. Je pense que l’on peut surmonter la division si l’on aborde les choses l’une après l’autre. Aborder la politique dans l’immédiat est difficile; il est possible en revanche d’effectuer des échanges sur la base de la culture ou du sport. Sur la question de la réunification, il est important que les catholiques aient une vision commune, et un accord avec le président (ndr: Kim Dae-Jung). L’Eglise catholique veut coopérer. Nous devons parcourir un long chemin pour la réunification, et il est nécessaire pour cela que notre peuple tout entier s’y engage». (apic/cip/pr)

11 juillet 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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