Jordanie: Le pape célèbre la messe à Amman

Visite du pape en Terre Sainte

Prière pour l’unité des chrétiens en Terre Sainte

De notre envoyée spéciale Caroline Boüan

Amman, 21 mars 2000 (APIC) Le pape Jean Paul II a concélébré mardi, au stade d’Amman, une messe dédiée au «Martyre de Jean-Baptiste» – patron de la Jordanie – en présence de plus de 50’000 fidèles jordaniens, mais venus aussi des pays voisins, Liban et Irak. Le Souverain pontife a prié pour l’unité des chrétiens de Terre Sainte et lancé un appel à la solidarité dans un stade situé en plein centre de la ville, au milieu des constructions de pierres blanches typiques de la capitale jordanienne.

2000 enfants vêtus de blanc et portant des cierges jaunes, attendaient le pape devant l’autel, devant faire leur première communion au cours de la cérémonie. Au total, plus de 50’000 personnes étaient venues assister à cette messe. Une partie d’entre elles se trouvaient sur la plate-forme centrale du stade, où des tapis orientaux avaient été disposés.

A l’arrivée de Jean Paul II, qui en a fait le tour en papamobile, beaucoup – et spécialement les jeunes, coiffés de casquettes jaunes – se sont mis à courir autour de la voiture du pape, au point d’en freiner la progression, les responsables de la sécurité leur laissant une grande liberté. Les cris enthousiastes couvraient pendant ce temps les chants arabes, dans une atmosphère particulièrement animée, en dépit de la température assez fraîche de cette matinée sans soleil.

Jean-Baptiste, tué pour avoir été «la voix qui crie dans le désert»

Aux fidèles enthousiaste, le pape a lancé: «Votre futur réside dans l’unité et la solidarité». Lors de son homélie prononcée en anglais, Jean Paul II a particulièrement insisté sur l’histoire biblique de la Jordanie. Le pape a rappelé notamment que la ville d’Amman, citée dans l’Ancien Testament comme celle de «Rabba», avait été le lieu où le Roi David avait fait tuer «Urie le Hittite» parce qu’il s’était épris de sa femme Bethsabée. Le pape a souligné ainsi la miséricorde de Dieu à l’égard du roi, en montrant aussi comment, tout au long de l’Ancien Testament, de nombreux prophètes ont été martyrisés pour avoir dénoncé les manquements du peuple de Dieu à l’Alliance que celui-ci avait établie avec eux.

Jean Paul II a présenté Jean-Baptiste comme «le dernier de ces prophètes», tué lui aussi après avoir été «la voix qui crie dans le désert». Enfin, après Jean-Baptiste, c’est le Christ lui-même qu’il a mentionné, en signalant que lui aussi, selon les indications de l’Evangile, a prêché en Jordanie.

Avec l’eau du Jourdain

Au début de cette liturgie, le pape a béni de l’eau du fleuve du Jourdain avant d’en asperger symboliquement la foule, en souvenir du baptême de purification des péchés que pratiquait Jean-Baptiste pour préparer la venue du Christ. Le pape Jean Paul II a par ailleurs mentionné au cours de cette messe les conclusions du synode pastoral des Eglises de Terre Sainte commencé il y a cinq ans. «Votre avenir se trouve dans l’unité et la solidarité», a-t-il affirmé spécialement aux patriarches et évêques présents.

Le pape a ainsi exprimé le souhait que ce travail synodal «apporte un renforcement des liens d’amitié et de collaboration entre les communautés catholiques locales dans toute leur riche variété, entre toutes les Eglises chrétiennes et les communautés ecclésiales, et entre les chrétiens et les autres grandes religions qui fleurissent ici». «Que les ressources de l’Eglise, s’est-il exclamé, les familles, les paroisses, les écoles, les associations laïques et les mouvements de jeunes, fassent de l’unité et de l’amour leur objectif suprême ! Il n’existe pas de moyen plus efficace de participer socialement, professionnellement et politiquement à l’œuvre de justice, de réconciliation et de paix que le synode a souhaité».

Une fois la messe conclue par l’exécution somptueuse de «l’Alléluia» de Haendel – un grand orchestre classique avait en effet assuré une partie de l’animation musicale de la cérémonie -, le pape est parti cette fois pour le vicariat latin d’Amman. Là, il devait y rencontrer pour un déjeuner les patriarches et évêques de Terre Sainte. Beaucoup d’entre eux devaient ensuite l’accompagner en Israël et dans les Territoires Autonomes palestiniens. Mais le patriarche copte catholique, Stephanos II Ghattas, devait pour sa part repartir directement pour Le Caire. «Il serait délicat pour moi de me rendre en Israël», a-t-il expliqué à la correspondante d’APIC, «il n’y a que très peu de coptes catholiques là-bas. La plupart des coptes qui s’y trouvent sont orthodoxes». (apic/imed/be)

21 mars 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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