Visite du pape en Terre Sainte
«Wadi Al-Kharrar», au bord du Jourdain, dernière étape de Jean Paul II en Jordanie
Sur les pas du Christ au bord du Jourdain
De notre envoyée spéciale Caroline Boüan
Amman/Tel Aviv, 21 mars 2000 (APIC) Le pape Jean Paul II a conclu dans l’après-midi du 21 mars sa visite de deux jours en Jordanie en s’arrêtant au «Wadi Al-Kharrar», bord du Jourdain, sur l’un des sites présumés du baptême du Christ, à 25 km d’Amman, avant de reprendre l’avion en direction d’Israël.
Ce n’est qu’en 1997 que ce site de Wadi Al-Karrar – qui se trouve à 350 mètres au-dessous du niveau de la mer, et non loin de la Mer Morte – a été identifié par les archéologues comme pouvant être le lieu où le Christ a été baptisé. Un groupe d’archéologues et d’ingénieurs, coordonnés par les franciscains du «Studium Biblicum» du Mont Nebo, a en effet découvert là
des restes d’églises et les traces d’un monastère byzantin du IVème siècle, ainsi que des grottes manifestement habitées autrefois par des ermites. Il s’agirait de la localité de «Béthanie au-delà du Jourdain» où l’Evangile de saint Jean dit que Jésus a été baptisé, relève le quotidien jordanien «Jordan Times», qui consacre de nombreux articles et un éditorial à la visite historique de Jean Paul II en Jordanie.
Un lieu de pèlerinage officiel du Grand Jubilé
Depuis trois ans, de nombreux efforts ont été accomplis pour mettre le site en valeur, notamment en vue du Jubilé pour lequel il est devenu un lieu de pèlerinage officiel. Un projet en phase d’exécution prévoit d’en poursuivre l’exploitation par la création d’un vaste parc archéologique. Si Jean Paul II ne s’est arrêté là qu’une demi-heure en début d’après-midi, sa venue à cet endroit était toutefois qualifiée le matin même de «très importante pour les Jordaniens», dans «Jordan Times», qui laissait prévoir que 50’000 personnes seraient présentes sur le site au moment de son passage.
La lecture du passage de l’Evangile relatant le baptême du Christ par Jean-Baptiste a constitué le cœur d’une brève cérémonie présidée par le pape, alors qu’un vent froid soufflait violemment, sur les bords du Jourdain. Jean Paul II a lu pour sa part une prière qu’il avait personnellement composée pour l’occasion, adressée au Père, au Fils et au Saint-Esprit, tous les trois étant évoqués lors de cette scène évangélique.
Pas de position officielle sur le véritable lieu de baptême du Christ
Beaucoup de Jordaniens auraient voulu voir, dans cette venue du pape sur ce site, une reconnaissance officielle de son authenticité comme lieu véritable où le Christ a été baptisé. Mais ils devaient rester déçus sur ce point, Jean Paul II ayant décidé de se rendre, le
lendemain matin même, 22 mars, à Qasr Al Yahoud (le Palais juif), sur l’autre rive du Jourdain, en territoire palestinien occupé par Israël, à l’endroit reconnu quant à lui depuis le Vème siècle comme celui du baptême du Christ
«Les deux rives du fleuve sont visitées par des groupes de pèlerins», a fait remarquer le pape aux Jordaniens lors de son passage à Wadi Al-Kharrar. «Tous rendent honneur au baptême du Seigneur». L’Eglise a choisi de rester officiellement neutre dans la querelle – qui est jusque là restée amicale – entre archéologues, pour ne pas susciter, selon le mise en garde du patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, «une dispute» qui pourrait déchirer les peuples palestinien et jordanien. Derrière la symbolique religieuse, il y a également des intérêts touristiques et financiers.
Le Vatican a mis le Wadi Kharrar sur la liste des cinq sites officiels du Jubilé en Jordanie, avec le Mémorial de Moïse sur le Mont Nebo – que le pape a visité lundi à son arrivée dans le Royaume hachémite – Machéronte (Mukawer), la citadelle où Jean Le Baptiste a été décapité à la demande de Salomé, Mar Elias, lieu de naissance du prophète Elie, et le sanctuaire de la Vierge Marie à Anjara, dans la localité d’Ajloun. (apic/imed/jtimes/be)




