«Vive stupeur» au Vatican suite à une décision croate
Croatie: Le ministère de la Justice empêche la restitution d’un couvent à une abbaye italienne
Rome, 12 août 2011 (Apic) Les mesures du ministère de la Justice croate, empêchant le Vatican de restituer un couvent situé en Istrie (côte adriatique) à une abbaye bénédictine italienne, leur ancienne propriétaire, ont suscité une «vive stupeur» au Vatican, le 11 août, a rapporté l’agence AFP. Dans la foulée, le Vatican souhaite le réexamen de ces mesures.
Le porte-parole du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi a expliqué aux journalistes que l’annulation, par le ministère croate de la Justice, de décisions déjà entérinées par l’Office de l’administration croate, dans la région istrienne de Buje, suscitent «une vive stupeur» au Vatican. Les deux parties se disputent les droits de propriété d’un ancien monastère, à Dajla, dans un ex-territoire italien.
Le Père Lombardi a précisé que le caractère extraordinaire de cette décision avait créé un certain étonnement au Saint-Siège, alors que le Premier ministre croate avait manifesté son intention de traiter, «dans un esprit de collaboration, un problème qui tient à cœur à la Croatie et au Saint-Siège». Il a encore insisté sur le fait qu’une vérification de ces mesures devant les instances compétentes est «un devoir», a rapporté l’AFP.
Explications demandées
Le 10 août, le ministère de la Justice croate a annoncé avoir pris des mesures empêchant le Vatican de restituer ce couvent de Dajla et un terrain de 400 hectares à l’abbaye bénédictine de Praglia (nord-ouest de l’Italie). Cette dernière en était la propriétaire jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Plusieurs décisions prises par les autorités locales entre 1997 et 2002 ont ainsi été annulée. Elles avaient entériné l’attribution de ces biens immobiliers, évalués par la presse croate à quelque 30 millions d’euros, au diocèse de Porec et Pula de l’Eglise catholique croate.
Selon un communiqué officiel, la République de Croatie pourra s’enregistrer en tant que propriétaire des biens immobiliers concernés, suite à la décision du ministère de la Justice. Toujours selon AFP, le ministère croate des Affaires étrangères a indiqué, le 11 août, avoir reçu une note de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège réclamant des explications. Une réponse croate devrait être envoyée au Vatican, après analyse du contenu de la note du Saint-Siège et en coopération avec d’autres institutions concernées.
Le 6 juillet dernier, le Saint-Siège avait déploré qu’une question «proprement ecclésiale», soit instrumentalisée à des fins politique et démagogique. (apic/afp/nd)



