Suisse

Vœux au cardinal Koch pour ses 70 ans

Mgr Kurt Koch, le seul cardinal suisse au Vatican, fête le 15 mars 2020 son septantième anniversaire. Des personnalités d’Eglise qui le connaissent bien, en Suisse, lui transmettent vœux, bénédictions, souhaits et conseils.

Par Regula Pfeifer, kath.ch/traduction et adaptation: Raphaël Zbinden

«Le cardinal Kurt Koch a dirigé le diocèse de Bâle de manière visionnaire et a fixé un cap dont les effets se font sentir encore aujourd’hui», assure Mgr Felix Gmür. L’actuel évêque de Bâle est reconnaissant de cet héritage et souligne la relation amicale qu’il entretient avec son prédécesseur.

Mgr Gmür a été ordonné évêque de Bâle en janvier 2011. Il a succédé au cardinal Kurt Koch, qui a été nommé en juillet 2010 président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, au Vatican.

A l’occasion de son 70e anniversaire, Mgr Gmür souhaite au cardinal «avant tout la santé, et qu’il reste encore longtemps avec nous».

Transformer les différences en convergences

Dietrich Wiederkehr, ancien professeur de Kurt Koch, a toujours perçu chez son élève «une compétence théologique pénétrante à tous les niveaux». Dietrich Wiederkehr a enseigné la théologie dogmatique et la théologie fondamentale à l’Université de Lucerne dans les années 1980. Il avait déjà fait la connaissance de Kurt Koch en tant qu’étudiant et a suivi son ascension, jusqu’au rectorat de la Faculté. Le capucin âgé de 86 ans, qui vit dans le monastère des capucins à Schwyz, relève également l’aspect extrêmement collégial de sa collaboration avec Kurt Koch.

«Je t’ai perçu comme quelqu’un qui se laisse profondément toucher par les événements, qu’ils soient positifs ou décourageants»

Rita Bausch

L’ancien évêque de Bâle compte également parmi ses connaissances de longue date Manfred Ruch, président du conseil de la paroisse de St.Marien, dans le canton de Berne. Kurt Koch a travaillé comme vicaire dans cette paroisse, quand il était jeune. «Nous avons passé beaucoup de temps ensemble dans le cadre du cours de pastorale», précise-t-il. «Dans le sillage du Concile Vatican II et du Synode 72, nous étions dans un esprit de réforme et nous avons exigé de nombreux changements», ajoute Manfred Ruch, en rappelant les contributions de Kurt Koch aux débats qui agitaient cette période. «Dans nos discussions animées, tu as souvent joué le rôle de contradicteur, tu apportais d’autres points de vue, rappelle-t-il à son ancien camarade. Aujourd’hui, dans de nombreuses discussions, tu fais en sorte que les différences deviennent des convergences».

Manfred Ruch souhaite que le cardinal se rende compte «du bond en avant réalisé par l’oecuménisme- dans la joie de la foi». Il lui recommande d’être «suffisamment fier» pour son «rôle de coach plein de patience» dans ce domaine.

Vivre «l’après-carnaval»

«Je me souviens des choses heureuses, mais aussi sérieuses ou tristes que nous avons traversées ensemble, et je t’en remercie», assure Rita Bausch à Kurt Koch. «Je t’ai perçu comme quelqu’un qui se laisse profondément toucher par les événements, qu’ils soient positifs ou décourageants». L’ancienne responsable pastorale du district de Birrfeld, en Argovie, appelle son ancien collègue des cours de théologie à trouver du temps pour faire les choses qu’il aime vraiment.

Rita Bausch se souvient d’une conférence de théologiens laïcs dans laquelle Kurt Koch avait prononcé ces mots : «Le jugement de Dieu est comme le carnaval de Lucerne le Mercredi des Cendres à deux heures du matin : tous les masques tombent». L’agente pastorale encourage ainsi le nouveau septuagénaire à «vivre déjà maintenant la nuit de l’après-carnaval – du mieux que tu peux».

Un bâtisseur de l’oecuménisme

Eva-Maria Faber, professeure de dogmatique et de théologie fondamentale à Coire, souhaite également au cardinal «de la joie dans sa tâche et du courage pour faire des propositions œcuméniques susceptibles de faire naître un sentiment croissant d’appartenance commune».

Elle avait fait la connaissance de Kurt Koch à l’occasion de son remplacement au poste d’enseignant à la Faculté de théologie de Lucerne, après que celui-ci ait été nommé évêque de Bâle, en 1996. L’actuel président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a été professeur titulaire de dogmatique et de sciences liturgiques à Lucerne de 1989 à 1996.

«Ton ouverture d’esprit et ton humour m’ont toujours impressionnés»

Nadja Bühlmann

Eva Faber se souvient avec plaisir des moments passés avec lui au sein de la Commission internationale du dialogue luthérien/catholique romain et des rencontres à Rome lors des réunions du Conseil pontifical.

Avancées dans le dialogue judéo-chrétien

Le provincial des jésuites suisses, Christian Rutishauser, a travaillé comme expert dans la «Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme» au Vatican. Dans ce cadre, il a collaboré avec Kurt Koch, qui est également responsable, au niveau du Vatican, pour les relations avec le monde juif. Sous sa direction, «le travail sur les documents et la participation aux réunions de dialogue ont toujours été passionnants», assure le jésuite.

Il salue en particulier le document détaillé du Vatican sur la définition théologique de la relation entre le judaïsme et le christianisme, publié en 2015, intitulé «Les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables!». Avec ce document, le cardinal Koch a «réalisé une étape courageuse dans le dialogue» avec le judaïsme, estime Christian Ruthishauser. Le jésuite ne souhaite ainsi pas seulement au cardinal «le meilleur dans sa vie et la bénédiction de Dieu», mais aussi «qu’il fasse progresser sagement la relation judéo-chrétienne».

«Le jour de votre anniversaire et pour le reste de votre vie, je vous souhaite le meilleur, la confiance, la joie et la proximité tangible de Dieu», écrit Nadja Bühlmann, une religieuse de Baldegg (LU). Elle remercie Mgr Koch pour son «engagement immense et désintéressé à promouvoir l’unité des chrétiens». L’ancienne juge diocésaine de Bâle et actuelle juge au tribunal ecclésiastique interdiocésain se souvient avec émotion de ses rencontres avec Kurt Koch à l’ordinariat. «Ton ouverture d’esprit et ton humour m’ont toujours impressionnés», assure-t-elle. (cath.ch/kath/rp/rz)

Le cardinal Kurt Koch a eu 70 ans le 15 mars 2020 | © Georges Scherrer – kath.ch
15 mars 2020 | 15:39
par Raphaël Zbinden
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