Vous avez dit supercanton?
APIC: On parle beaucoup de supercanton, de regroupement. Le Jura, qui rêve d’être uni de Boncourt à La Neuveville, est dessiné sur certaines cartes de Boncourt à Berne. Un retour à la case départ…?
Elisabeth Baume: Je ne suis pas favorable à l’idée d’un supercanton. Et super par rapport à qui? L’arc jurassien en concurrence face à l’arc lémanique? Quant à l’espace Mitteland, les collaborations sont utiles et à privilégier, mais ne sont pas une fin en soi. Un projet politique de fusion cantonale doit tenir compte des valeurs historiques et culturelles. De nos affinités naturelles. J’y suis sensible. D’autant plus que le Jura a plus àà voir avec la région rhénane et avec la France, au niveau du territoire de Belfort. En termes politiques, on dispose aujourd’hui de quantité d’autres moyens de collaborer de façon intercantonale.
APIC: Parlons-en, de ces commissions. On a parfois l’impression qu’elles prennent une telle importance… Au détriment des prérogatives des parlements cantonaux?
Elisabeth Baume: Cela peut effectivement être le cas, notamment pour tout ce qui touche aux concordats. Le Parlement, en tout cas au niveau jurassien, ne peut en effet que l’accepter ou le refuser. Sans plus avoir la possibilité d’en modifier les termes. En ce sens, c’est vrai, le parlement se sent amputé d’une part de ses responsabilités. Mais il faut aussi considérer que pour avancer, il est parfois impossible de trop consulter. Pas simple, de trouver la juste mesure. Mais il faut distinguer le débat et la réflexion politique, ainsi que les négociations administratives qui doivent être menées par les gouvernements. On peut craindre que l’addition de soltions intercantonales ou autres assèche parfois le débat parlementaire. Un protocole a été signé vendredi 28 janvier à Lausanne concernant un contrôle via une commission interparlementaire de 6 cantons de la HES-SO (Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale). Le danger existe, c’est vrai, mais un tel accord laisse augurer de précieuses collaborations au niveau des parlements. Pour le Jura, avec son parlement encore quelque peu «insoumis», le problème ne se pose pas encore. Cela dit, y a beaucoup à faire en matière de collaborations intercantonales. De manière positive et constructive. Le Jura Sud? Pour l’heure, il s’agit avant tout de vérifier nos intérêts communs, et de s’entendre sur nos nécessités de collaborations ouvertes et utiles: écoles, places d’apprentissage, hôpitaux, infrastructures communes, tourisme… (apic/pr)



