«Vous n’êtes pas et vous ne serez pas seuls»

Emilie-Romagne: Benoît XVI rencontre les habitants frappés par les séismes du mois de mai

A Rovereto di Novi, non loin de Modène, ville symbole du martyre subi par la région, le pape a exprimé avec conviction son soutien aux habitants et aux autorités civiles et religieuses: «Vous n’êtes pas et vous ne serez pas seuls», leur a-t-il assuré en ajoutant qu’il était «possible de construire, de reconstruire sur le roc» que constitue «la certitude que Dieu est avec nous».

Dans son discours prononcé sous un podium installé au cœur de la ville, prenant appui sur le Psaume 46, Benoît XVI a évoqué les thèmes de «la peur que l’on éprouve inévitablement après une expérience» telle que les séismes qui ont frappé le nord de l’Italie, et de «la sécurité de la foi». «Oui, a-t-il affirmé, il peut y avoir de la peur, de l’angoisse (…) mais il y a surtout la certitude que Dieu est avec nous». A l’instar de l’enfant qui «sait qu’il peut compter sur sa mère et son père», les hommes sont «petits, fragiles, mais en sécurité entre les mains de Dieu, a expliqué le pape, c’est-à-dire confiés à son amour qui est solide comme le roc».

«Sur ce roc, avec cette ferme espérance, il est possible de construire, de reconstruire», a alors assuré le pape, rappelant que, «sur les ruines de l’après-guerre – et pas seulement matérielles – l’Italie a été certainement reconstruite grâce aux aides mais surtout grâce à la foi de nombreuses personnes animées par un esprit de véritable solidarité».

«Vous n’êtes pas et vous ne serez pas seuls», a ensuite lancé Benoît XVI, assurant que sa présence à Rovereto di Novi était l’un des «signes d’amour et d’espérance» manifestés aux habitants de la région. Le pape a conclu son discours par un appel solennel lancé aux institutions et à chaque citoyen d’Italie à se comporter, y compris dans les moments de difficultés, comme le Bon Samaritain, à se tenir aux côtés de ceux qui se trouvent dans le besoin.

Au cœur de la ›zone rouge’

Le pape a quitté le Vatican en hélicoptère à 9h pour arriver une heure et demie plus tard au centre sportif de Carpi, où il a été accueilli par le responsable de la Protection civile, Franco Gabrielli, ainsi que par l’évêque du lieu, Mgr Francesco Cavina.

Accompagné des deux hommes à bord d’un minibus de la Protection civile, Benoît XVI s’est ensuite rendu une dizaine de kilomètres plus au nord pour rejoindre la ville de Rovereto di Novi. De nombreuses personnes attendaient le passage du pape le long du trajet emprunté par le véhicule.

Benoît XVI est arrivé jusqu’à la ›zone rouge’, où de nombreux édifices anciens se sont écroulés. Le symbole de la souffrance de la ville frappée par la colère de la terre est la petite église de Sainte-Catherine-d’Alexandrie, de couleur rouge vif. Son curé, le Père Ivan Martini, a péri sous les décombres de l’édifice alors qu’il tentait de mettre à l’abri une statue de la Vierge, exposée devant l’église au moment de la visite du pape.

Arrivé devant l’église, Benoît XVI a récité le Notre-Père, dans une atmosphère de grand recueillement, avant de s’entretenir avec quelques habitants, avec des maisons lézardées en toile de fond. Il est ensuite monté à bord d’une ›Jeep’ décapotable de la Protection civile italienne pour gagner le centre sportif de Rovereto di Novi, où l’attendaient 2’000 fidèles et de nombreux prélats italiens, dont le cardinal Carlo Caffarra, archevêque de Bologne.

Dans un bref discours, ce dernier a remercié le souverain pontife de s’être rendu dans la région qui avait vécu «une immense tragédie». La présence de Benoît XVI à Rovereto di Novi a donné de l’espérance tant aux prêtres qu’aux volontaires et aux autorités civiles et militaires, a encore assuré le haut prélat.

Le président de la région de l’Emilie-Romagne, Vasco Errani, s’est aussi adressé au pape. Devant les autorités civiles locales, les membres du clergé, des représentants du monde du travail et des fidèles, il s’est dit convaincu que la visite du pape dans cette région durement éprouvée mais considérée d’ordinaire comme l’un des pôles les plus productifs d’Italie donnerait un nouvel élan au «défi» de la reconstruction, menacée par «cette forme d’indifférence» qui l’emporte souvent sur le zèle des premiers jours qui suivent un séisme.

Après avoir prononcé son discours, le pape a salué représentants religieux, autorités civiles et secouristes. Il n’a pas hésité à se coiffer de la casquette des ›volontaires du cœur’ qui lui était offerte. Benoît XVI a ensuite pris congé avant de retourner en voiture vers le centre sportif de Carpi, où l’attendait l’hélicoptère qui devait le ramener au Vatican en milieu de journée.

L’Emilie-Romagne a été frappée par plusieurs secousses sismiques, notamment les 20 et 29 mai derniers, qui ont fait au total 23 morts ainsi que d’innombrables dégâts matériels. En avril 2009, Benoît XVI s’était rendu dans la région des Abruzzes une vingtaine de jours après les tremblements de terre dévastateurs qui avaient fait près de 300 victimes. (apic/imedia/cp/mp)

26 juin 2012 | 13:50
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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