La famille et les valeurs du mariage chrétien au coeur du séjour
Voyage du pape à Valence: synthèse des deux journées
Rome, 9 juillet 2006 (Apic) Le pape Benoît XVI est rentré à Rome dimanche après-midi après une visite de moins de 30 heures à Valence, en Espagne. Une visite placée sous le leitmotiv de la famille, de la défense de celle-ci, mais aussi en faveur d’un plaidoyer pour les valeurs du mariage chrétien.
L’avion affrété spécialement par la compagnie Iberia a atterri à Rome peu avant 13H00 Le pape ayant quitté la capitale italienne samedi peu après 9H30 pour une clôturer la 5e Rencontre mondiale des familles.
Au cours de sa première visite en Espagne, le pape, âgé de 79 ans a notamment souligné devant des centaines de milliers de pèlerins le «rôle central» de la famille, sans toutefois aborder de front les sujets de discorde avec le gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, très critiqué par l’épiscopat espagnol pour avoir mis en oeuvre des réformes légalisant le mariage homosexuel, facilitant le divorce ou supprimant le catéchisme obligatoire à l’école. Zapatero avait du reste choisi de ne pas assister à la messe de dimanche, déléguant en revanche deux de ses ministres. En revanche, des représentants de l’opposition, le Parti populaire, le leader Rajoy en tête, avait fait le déplacement.
En hommage aux victimes du métro
Benoît XVI a consacré samedi la première partie de sa brève visite à Valence, dans l’est de l’Espagne, à la défense de la famille, «centre névralgique de la société», et d’une Eglise catholique espagnole affaiblie par la rapide laïcisation de l’Espagne. Dans une ville pavoisée aux couleurs jaune et blanc du Vatican, le pape a commencé sa visite par une prière à la mémoire des 42 victimes de l’accident du métro de Valence, à la station «Jesus», le 3 juillet.
A son arrivée au coeur de la ville de Valence, le pape a en effet été accueilli par le prince Felipe et son épouse Letizia. Il s’est rendu immédiatement devant la bouche de métro pour y déposer une couronne de fleurs. Le pape a ensuite prononcé une prière en espagnol avant de se recueillir en silence tout près de l’endroit, en sous-sol.
Dans l’après-midi Benoît XVI a eu un bref entretien, qualifié d’»aimable et courtois», avec le chef du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, ainsi qu’avec le roi et la reine d’Espagne. «Mon désir est de proposer le caractère central, pour l’Eglise et pour la société, de la famille fondée sur le mariage», avait déjà déclaré le pape à son arrivée à l’aéroport, accueilli par le roi d’Espagne Juan Carlos et la reine Sofia, ainsi que par Zapatero. Selon le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, le pape et le Premier ministre espagnol se sont entretenus une quinzaine de minutes en privé, avant d’être rejoints par la vice Premier ministre Maria Teresa Fernandez De la Vega, qui suit plus particulièrement les rapports de l’Espagne avec le Saint-Siège.
Le Premier ministre socialiste, bête noire de l’épiscopat espagnol, s’est entretenu une quinzaine de minutes avec le pape. Il a été sifflé par la foule devant l’archevêché de Valence.
Avec les évêques
Benoît XVI s’est ensuite rendu peu après 17h, en voiture, au palais de la ’Generalitat’, le siège institutionnel de la présidence de la région autonome de Valence, pour y rencontrer le roi Juan Carlos et la reine Sofia. Accueilli par le couple royal, le pape s’est ensuite enfermé avec eux pendant près d’une demi-heure pour un entretien privé dans un des somptueux salons du palais. A pied, Benoît XVI s’est alors rendu à l’archevêché de Valence. L’archevêque de la ville, Mgr Agustin Garcia-Gasco, a guidé le pape qui saluait de nombreuses personnes du quartier historique du centre-ville installées à leurs balcons. Traversant la place de la Vierge, où il avait récité l’Angélus quelques heures plus tôt, le souverain pontife a embrassé des enfants que des parents lui tendaient depuis la foule.
Aux évêques espagnols, rassemblés dans la cathédrale de Valence, il a remis une lettre pastorale les exhortant à «continuer à proclamer sans (se) décourager que se passer de Dieu, agir comme s’il n’existait pas ou reléguer la foi dans la sphère purement privée détruit la vérité de l’homme et hypothèque l’avenir de la culture et de la société».
Peu avant sa rencontre avec les prélats espagnols, à son arrivée sur la «plaza de la Reina», devant la cathédrale, le pape avait reçu des mains du maire les clés de la ville. A l’intérieur de la cathédrale, il a été accueilli par quelque 1500 prêtres, religieux et religieuses. Après la vénération du Saint-Sacrement, Benoît XVI est allé à la rencontre des évêques espagnols dans la chapelle abritant le «Saint Calice», censé avoir été celui du Christ lors de la dernière cène. Le pape a symboliquement remis son message aux évêques, affirmant l’avoir écrit et ne pas le lire «pour gagner du temps».
Comme il l’avait fait lors de sa visite en Pologne, samedi dans la soirée, de retour au palais archiépiscopal de Valence, Benoît XVI a fait une apparition surprise à sa fenêtre pour saluer un groupe de jeunes assemblés en bas de l’archevêché, scandant des slogans à son attention. Benoît XVI a prononcé quelques mots à l’attention des jeunes Espagnols assemblés au bas du palais, qui avaient entonné des chants en son nom. Il leur a donné sa bénédiction.
Ma messe conclusive devant plus d’un million de fidèles
Point central de sa visite à Valence, le pape le pape Benoît XVI a conclu dimanche son voyage par une messe lors de laquelle il a vanté la «merveilleuse réalité» du mariage chrétien et de la famille, tout en soulignant le «pluralisme légitime des initiatives» pour la défendre. Devant plus d’un million de fidèles, Benoît XVI a dénoncé la tendance à «organiser la vie sociale seulement à partir de désirs subjectifs et changeants. Comme il l’a fait depuis son arrivée samedi en fin de matinée à Valence, bastion conservateur dans une Espagne gouvernée par la gauche laïque, le pape s’est abstenu de critiquer ouvertement les réformes telles que le mariage homosexuel ou la libéralisation de l’avortement, qui ont heurté de front l’Eglise catholique. Mais il a insisté, dans son homélie devant des centaines de milliers de fidèles, sur les valeurs du «mariage indissoluble entre un homme et une femme» et sur «le droit et le devoir inaliénable des parents» à transmettre à leurs enfants «un patrimoine d’expériences» issu des générations antérieures, et notamment leur foi religieuse.
Au terme de la messe et de la prière de l’Angélus, le pape s’est directement rendu à l’aéroport militaire de Valence pour décoller en direction de Rome après la cérémonie de départ, en présence du couple royal espagnol.
A noter que parmi les délégations oecuméniques présentes à la 5e rencontre mondiale des familles à Valence, figurait le responsable des relations extérieures du patriarcat de Moscou, le métropolite Kirill.
Plusieurs manifestations contre la venue du pape à Valence ont été organisées. Sur les fenêtres et balcons des maisons de la ville des opposants à cette visite du pape avaient affiché des banderoles où il était écrit «Je ne t’attends pas».
La prochaine rencontre des familles aura lieu en 2009 à Mexico. Dès mardi, Benoît XVI partira en vacances au Val d’Aoste où il devrait séjourner jusqu’au 28 juillet. Au mois d’août, il se rendra dans la résidence d’été des papes à Castel Gandolfo, près de Rome. (apic/pr/avec I.media et les agences)



