Plus que probable
Voyage du pape en Mésopotamie et en Terre Sainte en décembre prochain?
Rome, 13 juillet 1999 (APIC) Le pape Jean Paul II profite de ses vacances pour concrétiser ses projets pour le Jubilé de l’an 2000. Il pense notamment à ce rêve qu’il a révélé le 30 juin dernier dans une lettre: un pèlerinage en Mésopotamie et en Terre Sainte. La date se précise: début décembre prochain, murmure-t-on dans les milieux autorisés..
Le porte-parole du Saint-Siège, Joaquín Navarro-Valls, a rendu publique lundi une réflexion du pape sur ce qu’il aimerait y faire: «Comme ce serait beau, a déclaré le Pape à ses collaborateurs, dans la tranquillité du Val d’Aoste, si lorsque je me rendrai à Ur des Chaldéens, dans la patrie d’Abraham, des juifs et des musulmans pouvaient être avec moi, pour que nous nous souvenions ensemble de notre père commun dans la foi !»
Ur des Chaldéens se trouve au sud de l’Irak. Il sera par conséquent difficile de pouvoir compter sur une présence officielle de juifs. C’est le pape lui-même qui avait eu l’initiative d’organiser une rencontre de membres des trois religions qui reconnaissent Abraham comme père (judaïsme, christianisme et islam), à l’occasion de l’an 2000. Dans la lettre de préparation au Jubilé, «Tertio millenio adveniente», le pape propose l’organisation de réunions à Bethléem, Jérusalem et au Sinaï, «lieux de grande valeur symbolique, pour intensifier le dialogue avec les juifs et les fidèles de l’islam», ainsi que «des rencontres avec les représentants des grandes religions du monde dans d’autres villes».
Jean Paul II ne semble pas préoccupé par les difficultés logistiques ou politiques de son périple en Irak, en Israël, dans les territoires palestiniens, en Jordanie, Syrie, Egypte et Grèce. Il craint davantage que son pèlerinage soit manipulé et que l’on ne reconnaisse pas l’objectif exclusivement religieux de ce voyage.
Jean Paul II «se rendra en Irak sur les traces d’Abraham et pas de Saddam Hussein», a déclaré Navarro-Valls en prévision de commentaires éventuels. «Jusqu’àà maintenant, il n’y a pas eu de protestations officielles» de la part des Etats-Unis ou d’Israël, à l’annonce de ce voyage du pape en Irak, a précisé le porte-parole du Saint-Siège.
En Inde également?
Au mois de novembre, Jean Paul II pourrait se rendre également en Inde pour la clôture du Synode des évêques pour l’Asie, qui s’est déroulé en avril-mai 1998 au Vatican.
Certains de ses collaborateurs ont invité Jean Paul II à rester dans le Val d’Aoste jusqu’au 27 juillet, d’autres à suspendre même ses rendez-vous du dimanche avec les fidèles, à l’occasion de la prière de l’Angélus. Même les statuts du Vatican prévoient trente jours de vacances, aurait-on fait remarquer à Jean Paul II.
Un voyage religieux
Ur, Nazareth, Bethléem, Sinaï et Damas : le grand désir de Jean Paul II de se rendre «aux sources» de la foi chrétienne (et aussi de la foi juive et musulmane), est donc de plus en plus d’actualité. Selon Bernardo Cervellera, directeur de l’agence «Fides», «l’Irak, la Palestine, Israël, l’Egypte, la Syrie,qui ont été profondément marqués et divisés par les guerres de ces dernières décennies, se retrouvent dans le coeur du pape qui les conçoit unis par une unique histoire du salut».
Le directeur de «Fides» reconnaît toutefois que non seulement les perspectives de paix dans la région ne se sont pas réalisées, mais encore que le processus de paix a fait marche arrière, «comme le constatait avec tristesse Jean Paul II il y a un an, en présence de l’ambassadeur jordanien». Ur souffre de l’embargo aérien; elle est le théâtre de révoltes chiites et de répressions mais aussi de bombardements alliés, tantôt justiciers, tantôt dissuasifs. La Terre Sainte n’en peut plus de chercher à mettre fin à la «phase transitoire». L’engagement d’affronter avant l’an 2000 le problème du statut de Jérusalem figurait déjà dans les accords de paix entre Israël et l’OLP, mais on dirait que personne ne s’en souvient. Beyrouth semblait avoir oublié les folles nuits de combats, mais elle recommence à vivre des coupures d’électricité».
«La paix des courageux» a besoin de quelque chose de plus, conclut Cervellera. «Elle a besoin de découvrir que les peuples du Moyen Orient sont unis par un même destin. Le pape veut embrasser le Moyen-Orient comme lieu de l’unique histoire du salut, et ainsi encourager les forces à s’engager dans la paix et la coexistence. Le voyage de Jean Paul II sera un voyage ’religieux’. Mais ce voyage, précisément parce qu’il est religieux, portera bien plus de fruits que toutes les manoeuvres politiques». (apic/zenit/pr)




