Yougoslavie: L’archevêque de Belgrade salue la mise hors d’état de nuire de Milosevic
” Une nouvelle grande espérance s’ouvre pour le peuple ”
Belgrade, 3 avril 2001 (CIP) L’archevêque catholique de Belgrade a salué la mise hors d’état de nuire de Milosevic. L’arrestation de l’ancien président serbe Slobodan Milosevic marque le début d’une ère nouvelle pour la nation yougoslave, a estimé le nouvel archevêque de Belgrade, Mgr Stanislaw Hocevar, nommé par le pape le 31 mars pour succéder à Mgr Franc Perko, démissionnaire.
«Une nouvelle grande espérance s’ouvre pour le peuple yougoslave, estime Mgr Hocevar. L’Eglise appuie la recherche de la vérité et de la justice. Chaque citoyen doit répondre de ses actions, mais le pays tout entier, et pas seulement des dirigeants, doit changer de mentalité.»
Mgr Hocevar invite l’Union européenne et la Communauté Internationale à avoir une présence plus incisive en Yougoslavie, pour contribuer au dialogue et à la vérité: «Non à l’immobilisme et aux mesures d’urgence, comme les bombardements! La paix dans les Balkans se fera si l’UE et la Communauté internationale sont plus attentives aux développements de la situation sociale et politique. L’Eglise est proche du peuple serbe, et veut faire croître la communion et la réconciliation.»
L’archevêque souligne que l’Eglise catholique, conformément à sa doctrine sociale, travaille au développement du principe de responsabilité, dans la mesure où «le totalitarisme et le communisme ont détruit la dignité et la responsabilité de la personne». En outre, poursuit-il, «nous travaillons à la formation des communautés, et en faveur du principe de subsidiarité… Il faut aider la formation culturelle et professionnelle de la communauté yougoslave. Les jeunes et les intellectuels doivent participer à des séminaires et à des rencontres internationales, et avoir accès à la culture européenne. Les écoles doivent éduquer au sens de la citoyenneté européenne».
De nombreux couples mixtes
Pour la pastorale de l’Eglise de Yougoslavie, l’archevêque attribue la priorité au clergé, aux jeunes, aux familles: «Les prêtres vivent dans des difficultés économiques et souffrent de la distance entre eux, et entre eux et leurs communautés; les jeunes sont l’espoir de demain; il y a de nombreux couples, mixtes au plan religieux et au plan ethnique. Il faut insister sur la formation des laïcs, en étudiant le Concile Vatican II et les documents du pape.»
Avec l’augmentation du chômage, les classes moyennes sont réduites à la pauvreté et ont du mal à se procurer les aliments de base. L’Eglise distribue des aides à «tous, catholiques, orthodoxes, non croyants», explique le nouvel archevêque à l’agence vaticane Fides, et elle est «appréciée surtout en raison du témoignage qu’elle offre à répandre et à vivre la culture du partage». La Caritas soutient à 90 % les gens et les institutions orthodoxes, souligne Mgr Hocevar, elle a aidé les Serbes venus du Kosovo. «Pour ce travail, elle rencontre la reconnaissance, mais aussi de la méfiance.»
Important défi œcuménique
Le défi le plus important, en effet, est la dimension oecuménique. Le nouvel archevêque entend multiplier les contacts avec les dirigeants orthodoxes, mais il fait remarquer la croissance du nombre des rapports à la base, qui se manifestent par des rencontres entre communautés catholiques et des représentants orthodoxes qui recherchent une littérature théologique, biblique, et celle qui porte sur des questions morales comme la bioéthique. Pour se rapprocher, ajoute Mgr Hocevar, il faut connaître plus à fond la culture et la spiritualité orthodoxes: c’est de là que naissent l’amitié et le dialogue. ” (apic/cip/fides/be)



