Yverdon: Journée d’étude annuelle des socialistes chrétiens romands
Mondialisation et développement: «globalisation» de la misère!
Yverdon, 1er février 2000 (APIC) La mondialisation est la «globalisation» de la misère, ont estimé les socialistes chrétiens romands, réunis le 29 janvier à Yverdon (Vaud), dans le cadre de leur journée d’étude annuelle.
Consacrée à une réflexion sur les problèmes du développement dans le cadre de la mondialisation, cette journée a finalement abouti à un constat, sans surprise d’ailleurs, mais amer: la mondialisation de l’économie ne se fait pas au profit des populations les plus pauvres. Le déséquilibre va croissant, malgré le processus de décolonisation qui a marqué le dernier demi-siècle et les efforts déployés par de nombreuses organisations d’aide.
Le pasteur Didier a ouvert les discussions en rappelant que le Dieu des chrétiens a bien une vision mondiale de son ordre et qu’il appelle l’humanité au progrès. Mais cet ordre se veut un équilibre (shalom ou paix) et ce progrès ne saurait se faire au détriment du service de l’amour du prochain.
Alors que les progrès techniques et la mondialisation du commerce ont la prétention d’assurer le bien de toute l’humanité, le professeur Christian Coméliau, de l’Institut universitaire d’études du développement de Genève, a dressé un tableau bien éloigné de cette vision paradisiaque de l’humanité. «Obsédé par l’économie et l’individualisme, le système ne vise pas à la satisfaction des besoins fondamentaux des hommes: seuls les besoins solvables sont réellement pris en compte» a martelé le professeur.
Les résultats positifs de l’aide aux pays pauvres (décolonisation, progrès sanitaire, amélioration de l’instruction) sont dès lors dérisoires à côté des problèmes qui subsistent et qui s’aggravent, a poursuivi le professeur Cornéliau. Selon lui, l’explosion démographique, l’impossibilité de «rattraper» les pays développés présentés comme seul modèle, l’endettement qui incite à produire pour l’exportation et non pour les besoins intérieurs, provoquent un déséquilibre croissant. «Tant que l’on ne modifie pas l’ordre économique mondial, de nombreuses tentatives d’aide n’atteindront jamais les résultats escomptés».
Pour le professeur genevois, il faut donc admettre que beaucoup d’opérations d’aide au développement ne sont que des opérations de surface qui ne s’attaquent pas aux causes des problèmes. Il s’agit de réfléchir à d’autres modèles de développement, à de nouvelles règles pour l’économie mondiale.
Moyens simples et opérationnels
Willy Randin, directeur de Nouvelle Planète, a parlé de l’expérience de son organisation en Afrique notamment. Celle-ci propose, a-t-il dit, une aide technique et financière à des communautés qui gardent la maîtrise de leur travail. Des moyens simples, durables, vite opérationnels, respectant l’environnement et adaptés aux traditions et aux ressources locales sont mis en place avec la participation active des femmes tout particulièrement. Une aide qui vise à diminuer la dépendance économique de la population.
Enfin, M. Edouard Dommen, économiste genevois, a démontré comment l’influence du socialisme pragmatique et humaniste anglais, a eu une influence positive sur l’Ile Maurice, pays de planteurs capitalistes et de prolétaires immigrés qui est aujourd’hui dans une position moyenne sur l’échelle mondiale du développement. (apic/com/mk/pr)




