pour empêcher l’instauration de la démocratie

Zaïre: Des forces toujours actives autour de Mobutu (270793)

Cri d’alarme de Mgr Ngabu, président de la Conférence épiscopale du Zaïre

Bruxelles, 27juillet(APIC) Le Zaïre n’est pas encore sorti de la dictature et des forces sont toujours actives – pas seulement le président Mobutu,

mais aussi sa famille politique – Zaïre: Des forces toujours actives autour de Mobutu (270793), estime Mgr Faustin Ngabu, président de la Conférence épiscopale

zaïroise. Et de dénoncer certains hommes politiques zaïrois qui, parce

qu’ils cherchent à tout prix le pouvoir, «ont la volonté de ne pas laisser

démarrer le pays».

De passage en Belgique, l’évêque de Goma, dans l’Est du Zaïre, n’est pas

tendre à l’égard des politiciens qui cherchent à tout prix le pouvoir sans

se soucier des intérêts de leur propre peuple. «Ma plus grande souffrance

devant la situation que traverse le Zaïre, a déclaré Mgr Ngabu à l’agence

de presse catholique belge CIP, est de voir que notre pays dispose de personnes hautement préparées et intellectuellement très qualifiées, et que

ces hommes n’arrivent pas à se mettre d’accord pour construire le pays dans

la paix».

Trop d’ambitions personnelles

L’évêque de Goma aurait souhaité que les forces politiques du Zaïre,

surtout celles qui affirment vouloir construire le pays, sachent se mettre

rapidement ensemble: «Il est temps de trouver une solution pour mettre en

marche les mécanismes nécessaires tels que le référendum, les élections futures, etc.» Si la volonté de sortir du régime dictatorial de Mobutu et du

monopartisme existe, «la naissance de la démocratie est difficile, il y a

des forces qui s’y opposent». Et ce n’est pas le problème d’une seule personne – Mobutu -: «Le président n’est pas seul; il y a aussi sa famille politique; c’est pourquoi je parle d’une force politique qui, pour occuper le

pouvoir, empêche les autres forces politiques d’avoir accès notamment aux

moyens de communication sociale. Ce n’est donc pas le problème d’une seule

personne».

L’Eglise participe à la lutte pour la démocratie

Au Zaïre, précise le président de la Conférence épiscopale, l’Eglise a

déjà beaucoup contribué à la lutte pour la démocratie: «Elle est à la base

de la conscientisation qui a ouvert la voie à la démocratie. Mais l’Eglise

ne peut pas assumer le rôle des hommes politiques; on n’arrivera à la

démocratie qu’en intensifiant la formation du peuple».

Cette formation se fait beaucoup en petits groupes, sur la base des documents de l’épiscopat. La revue «Renaître», que les évêques du Zaïre ont

lancée et confiée aux jésuites de Kinshasa, joue un rôle important pour assurer la traduction et la présentation de ces documents. Mais les évêques

sont conscients qu’en matière de formation, beaucoup reste à faire, comme

dans le domaine de l’information, afin que le peuple y ait enfin accès. «La

confiscation des moyens de communication du pays fait partie du terrorisme

d’Etat. On n’entend plus qu’une seule voix: celle du pouvoir. Les autres

n’ont pas voix au chapitre», rappellent les évêques du Zaïre dans leur dernier document épiscopal. (apic/cip/be)

27 juillet 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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