Le choléra menace des réfugiés à bout de forces

Zaïre : Les réfugiés dans une situation lamentable

Bruxelles, 22 avril 1997 (APIC) 42 tonnes d’aide humanitaire ont quitté Ostende dans la soirée du 21 avril à destination de Kisangani, au nord-est du Zaïre, où la Coopération Médicale Missionnaire (MEMISA) s’efforce de venir en aide aux réfugiés menacés par une épidémie de choléra.

On estime à 80’000 le nombre de réfugiés rwandais qui se trouvent encore dans la région de Kisangani. L’exode au fil des mois les a exténués. L’épidémie de choléra constatée à la mi-avril par des représentants de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) constitue une énorme menace pour cette population, dont la résistance aux maladies a gravement diminué.

La propagation du choléra, maladie mortelle et très contagieuse, a contraint de reporter de plusieurs semaines le programme prévu pour le rapatriement des réfugiés vers le Rwanda. En attendant, des dizaines de nouveaux cas de choléra sont détectés chaque jour en divers endroits situés entre Kisangani et Ubundu, plus au sud. Il ne s’agit encore que de petits foyers, mais dans cette région, où 240 cas ont déjà été déclarés, on craint que l’épidémie ne gagne les groupes de réfugiés éparpillés dans la forêt.

C’est pourquoi, en plus de médicaments essentiels et d’un petit matériel médical, MEMISA a expédié au Zaïre une aide complémentaire en perfusions, sels de réhydratation orale, désinfectants, réservoirs d’eau, etc. Le choléra n’est pas la seule menace. Les organismes épuisés et sous-alimentés sont également plus exposés à des affections telles que diarrhée et malaria, sans parler de diverses infections. La population atteinte risque de payer à nouveau un lourd tribut en vies humaines.

Outre l’aide médicale, des moyens logistiques ont été au récent convoi ; ils sont destinés à l’équipe envoyée précédemment à Kisangani par le gouvernement belge.

En plus des réfugiés au sud de Kisangani, MEMISA confirme la présence d’un groupe d’environ 40’000 réfugiés dans la région d’Opala, au sud-ouest de Kisangani. Une partie du groupe est déjà arrivée à Ikela, au centre du pays. L’état de santé de ces réfugiés est encore plus inquiétant et l’acheminement de l’aide humanitaire est plus difficile: ce groupe, en effet, s’est réfugié au plus profond de la forêt et ne peut être rejoint que par voie fluviale. Depuis novembre 1996, MEMISA a concentré une bonne partie de ses efforts dans l’est du Zaïre pour venir en aide tant aux réfugiés rwandais qu’aux personnes zaïroises déplacées. En collaboration avec les responsables locaux de l’archevêché de Kisangani, l’organisation belge a pu acheminer et distribuer parmi la population éprouvée plus de 400 tonnes d’aide humanitaire. Une partie de l’aide est prévue pour former du personnel médical dans le Haut-Zaïre, afin que là aussi, les soins médicaux soient assurés. (apic/cip/pr)

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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