Gérer les dépenses publiques pour le bien commun
Zambie: L’Eglise unie de Zambie appelle le gouvernement à la responsabilité budgétaire
Lusaka, 15 mars 2004 (Apic) L’Eglise unie de Zambie (UCZ) s’est jointe à ceux qui critiquent le budget national 2004, à l’origine d’une vive polémique dans ce pays d’Afrique australe. Satisfaire aux conditions de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), mais sans écraser encore plus les pauvres, explique l’évêque Patrice Siyemeto
Le chaos a éclaté à Lusaka et dans d’autre villes zambiennes en février, lorsque les syndicats ont organisé des manifestations de rue pour protester contre un gel des salaires imposé par le gouvernement ainsi que des informations laissant prévoir une hausse des impôts.
«L’Eglise est témoin de l’angoisse de la maladie et de la pauvreté qui affectent la population à cause d’une mauvaise gestion économique depuis de nombreuses années», a déploré l’évêque Patrice Siyemeto de l’Eglise unie, dans une déclaration. Le gel des salaires est l’une des mesures d’austérité que le gouvernement a prises pour satisfaire aux conditions de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) d’ici à la fin de l’année. Cette initiative a été lancée par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international en 1996 pour permettre aux pays lourdement endettés de ramener leur dette extérieure à un niveau tolérable. Afin de satisfaire aux conditions de l’initiative PPTE, les pays pauvres doivent donc remplir les conditions fixées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, qui comprennent en général des coupes radicales des dépenses publiques, et la libéralisation de l’économie.
Selon l’Eglise unie de Zambie, la population ne devrait pas avoir à faire des sacrifices, alors que les dépenses du gouvernement restent la plus grande cause du manque de discipline fiscale. «L’Eglise veut que ces ressources puissent être consacrées à la santé et à l’éducation», a déclaré le l’évêque Siyemeto, qui a jouté: «L’Eglise souhaite une gestion plus responsable des dépenses des ressources publiques financées par les nombreux impôts auxquels est soumise la population.» (apic/eni/vb)



