Privés de tout ce qu’ils possèdent par la famille du défunt

Zambie: Les veuves et les orphelins des Tonga appauvris par les traditions

Lusaka 11 mars 1998 (APIC) Dans de nombreuses traditions africaines, la mort d’un homme laisse sa femme et ses enfants dans la plus profonde misère, privés de tout ce qu’ils possèdent par les membres mêmes de leur famille: C’est le cas notamment de l’ethnie Tonga au sud de la Zambie où Dominic Gathuru en collaboration avec un groupe de Justice et Paix a réalisé une enquête.

Pour la culture Tonga, la femme ne peut rien posséder: tout de suite après le rite funèbre, les richesses du défunt sont distribuées aux membres de la famille de celui-ci, mais pas à sa femme. Voici deux exemples: à sa mort, en 1997, John Phiri a laissé deux femmes et 24 enfants. Pour son village, il était riche car il possédait une charrue à traction animale avec deux boeufs, deux chèvres, une citerne en métal pour l’eau et 9 sacs de maïs. A sa mort, sa famille a tout emporté, à l’exception de deux sacs de maïs. Tout a été vendu à d’autres habitants du village et la veuve a été contrainte de racheter «sa» citerne pour l’eau.

La veuve de Raphaël Mwaala a subi le même sort. Son mari avait construit deux maisons et il possédait 30 têtes de bétail. Les membres de sa famille ne lui ont laissé qu’une seule bête et ils ont pillé et détruit les deux maisons, revendant ensuite tout ce qu’ils pouvaient.

Ce genre de tradition a des conséquences dramatiques. Les enfants cessent d’aller à l’école pour se procurer de quoi vivre. Quant à leur mère, elle est obligée de mendier, si elle n’est pas devenue folle entre-temps, et elle perd toute autorité sur ses enfants. Les interventions des organisations charitables ne parviennent pas à faire face aux besoins qui ne cessent de s’accroître aussi bien chez les Tonga que dans le pays tout entier. Le gouvernement se désintéresse de la question car ce phénomène ne concerne pas l’élite du pays et les femmes n’ont aucune voix et aucun pouvoir. Les médias n’ont pas intérêt à mettre en lumière ce fléau qui n’intéresse, en fait, que les religieux et certaines organisations humanitaires.

Le problème ne concerne pas seulement la Zambie. La triste condition des veuves a déjà été dénoncée dans d’autres pays. Ainsi au Burkina Faso, au moins 300 femmes, accusées de sorcellerie en raison du fait qu’elles étaient restées seules et avaient été dépouillées de tous leurs biens, ont été accueillies dans un centre de la banlieue de Ouagadougou géré par les Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique. (apic/fides/mp)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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