Eglises de Zambie consternées

Zambie: Peine de mort prononcée contre 59 putschistes

Lusaka, le 8 octobre (APIC) De nombreux chefs d’Eglise de Zambie ont exhorté le président Frederick Chiluba à la clémence envers 59 soldats condamnés à mort pour leur participation à un coup d’Etat manqué. Ils lui ont demandé de commuer la sentence en emprisonnement à vie. Une haute cour de Lusaka a récemment reconnu coupables de trahison les 59 soldats, qui avaient tenté, en vain, de renverser le gouvernement zambien, le 28 octobre 1997.

Les 59 soldats, faisaient partie d’un groupe de 67 inculpés de tentative de coup d’Etat menés par les capitaines Stephen Lungu et Jack Chiti. Ils avaient mobilisé des véhicules blindés, des canons de DCA et s’étaient emparés de la radio et de la télévision d’Etat. Les huit autres soldats ont été acquittés.

Joe Komakoma, secrétaire exécutif de la Commission catholique pour «Justice et Paix» (CCJP), a déclaré que l’exécution des 59 soldats ne servirait à rien. Joe Komakoma a avancé que le juge lui-même, Japhet Banda, avait semblé prononcer la sentence à contrecoeur: «La loi ne prévoit qu’une sentence possible, le tribunal a les mains liées et ne peut rien faire d’autre» a-t-il dit.

Selishebo Selishebo, secrétaire général de l’Eglise unie de Zambie, Eglise protestante traditionnelle, a lui aussi demandé aux autorités de faire preuve de clémence. «Comme nous l’avons vu dans les pages de la presse locale, presque tous sont devenus profondément chrétiens depuis leur emprisonnement en 1997. Il est manifeste que la plupart d’entre eux se sont repentis et regrettent leurs actions», a-t-il dit.

L’évêque John Mambo, surintendant régional de l’Eglise de Dieu en Afrique du sud, n’accepte pas la sentence: «La pendaison de ces personnes assombrira notre nation.»

Seule voix discordante celle de Conrad Mbewe, pasteur baptiste basé à Lusaka, qui pense que les 59 condamnés devraient «être pendu par le cou jusqu’à ce que mort s’en suive». Pour le pasteur Mbewe, il faut laisser la justice suivre son cours: «Ils savaient ce qu’ils faisaient quand ils ont pris les armes pour essayer de renverser le gouvernement. Notre code criminel énonce clairement que la mort est le châtiment prévu pour ceux qui tentent de renverser le gouvernement. C’est un gaspillage de temps et de ressources que commencer à les défendre quand la loi est très claire». (apic/eni/tg)

8 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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