Un évêque réclame l’abandon des pratiques secrètes: controverses
Zambie: Rites funéraires des chefs bemba
Lusaka, 18 août 2000 (APIC) Mgr Telesphore Mpundu, l’archevêque catholique de Mbala- Mpika, dans le nord de la Zambie, vient de provoquer une vive controverse dans la région en demandant au groupe ethnique de langue bemba d’abandonner les pratiques secrètes de l’embaumement et de la cérémonie funèbre qui suivent la mort d’un chef.
Ces pratiques devraient être abandonnées. D’autant que certains chefs se sont convertis au catholicisme a-t-il précisé à l’Agence œcuménique ENI. Selon lui, «ces pratiques elles sont donc en contradiction avec l’enseignement de l’Eglise».
Pour Mgr Mpundu, qui dirige le diocèse de Mbala-Mpika dans le nord de la Zambie, où se déroulent ces pratiques traditionnelles, le secret qui entoure l’embaumement et l’enterrement des chefs bemba est en contradiction avec le statut de la Zambie, pays déclaré «nation chrétienne» il y a presque dix ans.
Lorsqu’un chef memba meurt, son cadavre, dénudé, est porté en un lieu secret. Là, un petit groupe d’embaumeurs, des «anciens», préparent une mixture de pois et d’herbes, et emplissent le cadavre de ce mélange chaud. Le corps reste dans ce lieu pendant une année et demie, voire deux ans. Puis il est déplacé dans le Shimwalule, endroit réservé aux tombes des chefs. Des dignitaires bembas y transportent le cadavre, enroulé dans une peau de vache. La cérémonie d’enterrement se déroule dans le plus grand secret et le site ne sera jamais révélé.
Environ un tiers des neuf millions de Zambiens appartiennent au groupe bemba, majoritaire dans le nord du pays. Un de ses leaders traditionnels, le chef Chikwanda, qui vit dans la banlieue de la ville de Mpika, a déclaré à ENI que ce ne serait pas juste que cette pratique soit abandonnée. «Elle fait partie de notre culture, et des choses qui nous distinguent d’autres Zambiens et d’autres populations».
Embarras
Selon lui, il est étrange qu’un «évêque catholique moderne prêche contre» cette pratique. «Les premiers missionnaires catholiques qui ont introduit le christianisme ne l’ont pas condamnée. Elle dure depuis tant d’années».
Selon ce chef bemba, les paroles de l’évêque pourraient bien embarrasser certains autres chefs et leurs «sujets» dont certains sont catholiques pratiquants.
L’inclusion de pratiques traditionnelles dans le christianisme est souvent bien accueillie par les Eglises, y compris l’Eglise catholique. Mais Mgr Mpundu souligne que la culture chrétienne doit être dynamique, «ce qui signifie écarter certaines coutumes qui ne sont pas adaptées à l’enseignement et aux pratiques de l’Eglise». (apic/eni/pr)



