Couvertures et produits alimentaires doivent payer des taxes
Zimbabwe: Aide des Eglises sud-africaines aux victimes des démolitions bloquée
Harare, 28 août 2005 (Apic) Le gouvernement du Zimbabwe fait barrage à l’aide humanitaire des Eglises sud-africaines aux victimes de sa politique de destruction des bidonvilles. Sans s’opposer directement à cette assistance, il a cependant décidé d’imposer une taxe sur les couvertures et les produits alimentaires.
Le gouvernement de Robert Mugabe a fait bloquer, depuis plus d’une semaine, plusieurs milliers de couvertures et des stocks de nourriture offerts par les Eglises catholique, luthérienne et anglicane d’Afrique du Sud. Les autorités exigent que ces produits payent une taxe pour pouvoir être distribués.
Chicanes visant l’aide aux plus démunis
L’assistance humanitaire est composée de 4’500 couvertures et de 37 tonnes de maïs, haricot et huile. Les Organisations non gouvernementales (ONG) humanitaires au Zimbabwe, chargées de réceptionner et distribuer les dons, ont été prévenues qu’il faudrait payer des droits de douanes pour leur entrée dans le pays. Le gouvernement n’a pas précisé le montant de ces droits de douanes. Il a invoqué à ce sujet la loi qui prévoit que si les couvertures sont neuves, elles sont sujettes à une taxe. Pour les cargaisons de nourriture retenues à la frontière, les autorités réclament un permis d’importation.
Les ONG se sont plaintes de ces mesures qui pénalisent les populations démunies, car il y a urgence. Certaines d’entre elles n’ont pas de toit et dorment encore en plein air «alors qu’il fait froid la nuit», a déclaré à Radio France Internationale, Nikam Sia Gerio, directeur adjoint de l’ONG Christian Care au Zimbabwe. Les responsables des ONG qui négocient avec le gouvernement zimbabwéen, espèrent pouvoir obtenir gain de cause, en obtenant une exonération, insistant sur le fait qu’il s’agit de dons destinés à des sinistrés.
En réaction à ce blocage, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d’opposition du pays, a demandé à l’Afrique Sud d’intervenir auprès du gouvernement du Zimbabwe afin qu’il ne profite pas de la misère issue de la destruction des bidonvilles. Selon l’ONU, plus de 700’000 personnes ont été victimes de cette opération. Les Eglises sud-africaines se sont indignées par ces destructions massives d’habitations qui ont jeté leurs occupants dans la rue. (apic/ibc/be)



