Les coutumes en question
Zimbabwe: augmentation alarmante de cas de viols d’enfants (300793)
Bulawayo, 30juillet(APIC) Les cas de viol d’enfants ont augmenté de façon
alarmante ces six dernières années au Matebeleland, une région située à
l’ouest du Zimbabwe, dénonce une équipe composée de juristes, de médecins
et de psychologues. Les résultats d’un an de recherches ont été communiqués
lors d’une conférence de presse. Les données présentées pour cette région
ont encore été complétées par celles récoltées dans d’autres régions du
pays où la situation est tout aussi alarmante. Une remise en question des
coutumes contenue dans cette enquête, même si celle-ci ne chiffre pas l’ampleur du problème.
Selon l’enquête, les deux tiers des viols ont été commis par des «gens
normaux», qui résident dans l’entourage de l’enfant concerné, à savoir le
père, les oncles, les beaux-frères, les voisins, les domestiques, le bailleur, les enseignants… «Des personnes qui ne manifestent aucun signe de
’troubles mentaux’», constate, choquée, l’équipe auteur du rapport.
L’équipe de chercheurs constatent en outre l’existence de coutumes qui
favorisent le viol des enfants. Certaines personnes, précisent ces spécialistes, pensent que toute jeune fille est prête pour des rapports sexuels
dès sa première menstruation. C’est ainsi que dans certains milieux coutumiers on excuse l’incapacité des hommes de maîtriser leurs instincts sexuels. Dans d’autres milieux, poursuit le rapport, aussi bien les femmes que
leurs partenaires mâles attribuent à l’homme le droit de l’initiative de
l’acte sexuel, lui reconnaissant «le devoir de manifester librement ses
instincts sexuels pour donner la preuve de sa virilité».
Les auteurs du rapport déplorent également l’impunité de ces comportements. «Très souvent les parents d’une fille violée se contentent d’une
amende compensatoire exigée à l’auteur du viol sans le traduire en justice
ni porter le cas à la connaissance du public. Les parents craignent que le
coupable, traduit en justice, soit tout simplement relâché après le paiement d’une caution et qu’il recommence son forfait». L’équipe insiste sur
la nécessité de renforcer les mesures légales à l’endroit de ces personnes
qui risquent de plus de propager le sida chez de jeunes enfants. Une des
mesures préconisées consiste à affecter plus de femmes officiers de police
dans la répression des viols d’enfants.
L’équipe de spécialistes attribue également l’augmentation des cas de
viols d’enfants à des croyances superstitieuses des Zimbabwéens. Certains
féticheurs recommandent en effet des relations sexuelles avec des jeunes
enfants parce qu’elles portent chance. Dans plusieurs sectes on autorise
le mariage des filles à un âge précoce, ce qui, selon le rapport, pousse
les adultes à s’intéresser à ces jeunes personnes. Les auteurs concluent en
faisant allusion au «commerce du sexe», un phénomène très répandu au Zimbabwe, notamment à Bulawayo où l’on a dénombré au cours d’une seule nuit
7’500 «agents de ce commerce» dans 56 débits de boissons. (apic/dia/pr)



