Les prélats désormais dans le collimateur de Mugabe

Zimbabwe: Des groupes chrétiens soutiennent les critiques émises par les évêques

Harare, 15 mai 2007 (Apic) Une organisation chrétienne du Zimbabwe a exhorté les évêques catholiques romains du pays à poursuivre la lutte en faveur des droits de la personne, malgré les menaces proférées par le président Robert Mugabe à l’encontre des prélats. Les évêques ont récemment publié une lettre pastorale très critique envers son gouvernement.

«Nous saluons les évêques pour la position prise; ils doivent continuer à lutter avec bravoure», a déclaré le pasteur Ray Motsi, président de la Conférence des pasteurs du Zimbabwe, une organisation rassemblant 1’500 ministres dans ce pays d’Afrique australe.

«La question de la sécurité au Zimbabwe est devenue problématique et les gens prennent peur quand certaines déclarations sont faites par des politiciens de haut rang, y compris par le président,» a déclaré à l’Agence ENI Ray Motsi, pasteur baptiste à Bulawayo, la deuxième ville du pays. «Mais nous pensons que les évêques catholiques doivent maintenir leur position et porter le fardeau au nom du peuple, quoi qu’il leur arrive».

Le pasteur Motsi s’exprimait en réaction aux déclarations du président Mugabe, qui a affirmé début mai que les évêques catholiques avaient emprunté un «chemin périlleux» en publiant la lettre pastorale dans laquelle ils critiquaient son gouvernement en raison de la crise politique et économique qui prend de l’ampleur dans le pays.

«Dès que les évêques se politisent, nous considérons qu’ils perdent leur fonction spirituelle et nos relations avec eux doivent être celles que nous avons avec des entités politiques; or c’est là un chemin périlleux qu’ils ont choisi d’emprunter,» a déclaré Robert Mugabe lors d’une interview au magazine New African, édité à Londres.

La lettre pastorale des évêques affirmait que le Zimbabwe avait atteint un «point d’embrasement» et que de plus en plus de Zimbabwéens étaient mécontents de leur sort. «L’Etat répond par une répression toujours plus sévère, à travers des arrestations, des détentions, des interdictions de parole, des passages à tabac et des actes de torture». Et les évêques d’ajouter: «La situation est extrêmement instable».

L’insécurité pour l’opposition

Cette lettre a paru après le passage à tabac par les forces de l’ordre d’un grand nombre de militants de l’opposition et des Eglises et de défenseurs des droits de la personne qui assistaient à un rassemblement de prière en mars.

Selon l’évêque méthodiste Levee Kadenge, président de l’Alliance chrétienne – coalition d’Eglises et d’organisations de l’opposition politique et de défense des droits de la personne, les déclarations faites depuis les plus hautes sphères de l’Etat sont on ne peut plus claires. Il n’y a même pas besoin de demander ce qu’il a l’intention de faire, surtout lorsque l’on voit ce qui s’est passé dans ce pays ces derniers mois». (apic/eni/pr)

15 mai 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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