Zimbabwe: Des observateurs de l’Eglise catholique aux élections générales de ce samedi

«Tâche difficile», selon l’archevêque Desmond Tutu

Harare, 28 mars 2008 (Apic) Une mission d’observation de la Rencontre interrégionale des évêques d’Afrique australe (IMBISA) participera à la supervision des élections législatives et présidentielles de demain samedi 29 mars 2008, au Zimbabwe. Dans le cadre ces élections, IMBISA a mis en place un consortium avec d’autres organisations confessionnelles telles que l’Association des églises évangéliques d’Afrique et la Communion du conseil chrétien d’Afrique australe, pour participer à la supervision du processus électoral au Zimbabwe.

Une délégation de la Commission «Justice et Paix» (CJP) de l’Eglise catholique du Lesotho se joindra à cette mission de IMBISA, a indiqué un communiqué de la Conférence épiscopale du Lesotho (LCBC), diffusé par l’Agence de presse africaine (APA). C’est la seconde fois depuis 2005 que la CJP envoie des observateurs au Zimbabwe à travers IMBISA. La délégation devrait rester au Zimbabwe jusqu’au 2 avril prochain.

Ces observateurs religieux et les autres auront la tâche difficile pendant le scrutin, a prévenu hier jeudi 27 mars 2008, l’Archevêque anglican sud-africain, Desmond Tutu. Ils doivent s’attendre à de grosses difficultés» pour présenter au monde un rapport crédible sur ces élections, a-t-il souligné dans une déclaration rapportée par APA. Car, a-t-il précisé, ils devront la preuve que les élections étaient «libres et transparentes» et qu’elles se sont déroulées dans une atmosphère où les électeurs ont pu exprimer librement leurs points de vue, sans faire l’objet d’intimidations. «Connaissant la nature et la panoplie des intimidations qui précèdent de telles élections, j’espère que les observateurs seront en mesure d’apporter la preuve de la crédibilité» de ces consultations électorales, a-t-il poursuivi.

Mgr Tutu, Prix Nobel de la Paix 1984, s’exprimait à Midrand (30 km de Johannesburg) à l’occasion d’une cérémonie de remise d’une médaille d’or, qui lui a été décernée par l’Institut des relations publiques d’Afrique du Sud (Prisa), pour avoir rehaussé «le profil et le prestige de l’Afrique du Sud». Il critique régulièrement le gouvernement zimbabwéen pour ses nombreuses violations des droits de l’homme.

Les médias écartés

Très peu de médias étrangers sont autorisés à couvrir ces élections. En France, à part l’Agence France Presse (AFP), aucun autre média n’a été accrédité pour ces élections. La peine pour les journalistes non accrédités qui seraient pris en flagrant délit est de deux ans de prison, a rapporté le correspondant régional de radio France Internationale (RFI).

Dans l’ensemble, seuls quatre grands médias internationaux basés régulièrement au Zimbabwe ont été autorisés à renforcer leurs équipes, tous des noirs, ressortissants des pays membres de la SADC (Communauté de développement des pays d’Afrique australe). Ce regroupement de plusieurs Etats, a toujours été conciliant avec le régime du président Robert Mugabe.

En outre, la Radio-Télévision sud-africaine (SABC, publique) devra couvrir les élections en utilisant les moyens de transmission de l’Etat du Zimbabwe, s’exposant de fait, à une censure. Le gouvernement zimbabwéen avait déjà mis en place «un premier filtre» de journalistes, en fixant à 1200 euros, les frais de visas d’entrée dans le pays pour les journalistes.

S’il est réélu, Mugabe promet «l’indigénisation» des entreprises privées, c’est-à-dire qu’il obligera les hommes d’affaires blancs à céder 51 % du capital de leurs entreprises à des zimbabwéens noirs. Ce se fera de la même manière que la saisie des fermes des blancs en 2000, a indiqué une journaliste de RFI sur le site internet de la station : www.rfi.fr

Près de 6 millions de Zimbabwéens prendront part aux élections. Agé de 84 ans, le président Robert Mugabe, au pouvoir depuis vingt-huit ans, brigue un sixième mandat. Il doit affronter deux candidats de taille : le leader de l’opposition Morgan Tsvangirai et un dissident de son propre parti, Simba Makoni. (apic/ibc/js)

28 mars 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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