Interdiction levée
Zimbabwe: L’Eglise catholique reprend le contrôle de son programme d’aide alimentaire
Harare, 9 août 2002 (APIC) L’Eglise catholique a repris le contrôle de son programme de distribution alimentaire dans la région de Binga, affectée par la sécheresse, au nord-ouest du Zimbabwe, après son interruption en juin par des militants du parti politique au pouvoir. «Tout est redevenu normal», a indiqué Tarcisius Zimbiti, directeur intérimaire de la Commission catholique «Justice et paix».
Tarcisius Zimbiti, cité par l’agence oecuménique ENI, a expliqué que le gouverneur local avait ordonné précédemment que l’autorisation de distribuer des vivres devaient être retirée à la Commission, et que ces vivres devaient être à l’avenir distribués directement par la paroisses du district.
Des bandes d’anciens combattants de la guerre de libération des années 70 et des militants de l’Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique (ZANU-PF), qui s’étaient installés devant l’entrepôt de vivres à Binga, ont quitté les lieux. Ces bandes avaient menacé de détruire les camions transportant les vivres destinés à être distribués dans le cadre du programme de secours de la Commission catholique.
Les villageois de la région de Binga, qui borde le lac Kariba, séparant le Zimbabwe de la Zambie, vivent notamment avec le soutien de l’assistance apportée par l’Eglise catholique et l’organisation Save the Children (Royaume-Uni) depuis l’an dernier.
En mai dernier, Ignatius Chombo, ministre des Travaux publics et du Logement, a ordonné à «Justice et Paix» d’interrompre son programme d’assistance alimentaire destiné à quelque 40’000 écoliers et femmes enceintes de la région, sous prétexte que les structures de l’organisation catholique étaient «similaires à celles du gouvernement». Il avait par ailleurs averti que «Justice et Paix» risquait l’interdiction si elle ignorait les instructions.
Le gouvernement zimbabwéen avait aussi ordonné à la Commission d’interrompre ses autres projets: forages de puits pour les communautés rurales pauvres, éducation, défense des droits des femmes et des enfants, lois de succession, action en faveur de l’introduction des langues minoritaires dans les programmes scolaires.
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et le Programme alimentaire mondial, environ six millions de personnes, soit la moitié de la population du Zimbabwe, ont besoin d’une aide alimentaire. (apic/eni/pr)



