Rappel à l’ordre par le chef des anglicans

Zimbabwe: L’évêque Kuninga trop solidaire de Mugabe

Harare, 9 mars 2007 (Apic) Le plus important responsable de l’Eglise anglicane dans le monde, l’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, a exhorté l’évêque anglican de Harare à condamner les abus des droits de la personne dans son pays. Mgr Nolbert Kunonga est en effet un personnage controversé en raison de son soutien affiché au président zimbabwéen Robert Mugabe.

L’objectif de la rencontre à Boksburg, près de Johannesburg, des responsables anglicans d’Afrique australe était de trouver des moyens pour que l’Eglise anglicane contribue davantage à la réussite des Objectifs du millénaire pour le développement. Cette initiative, qui vise notamment la réduction de 50% de la pauvreté, doit se réaliser d’ici 2015.

Mgr Bernard Malango, archevêque d’Afrique centrale (pour les Eglises du Botswana, du Malawi, de Zambie et du Zimbabwe), participait également à la rencontre. Des militants des droits de la personne ont accusé l’archevêque Malango d’être un proche allié de l’évêque Kunonga et de l’aider à éviter d’être entendu par un tribunal ecclésiastique.

Le 7 mars, Christian Aid et l’agence humanitaire Tearfund ont condamné la répression menée récemment par le Zanu-PF, parti du président Mugabe, sur des organisations ecclésiastiques oeuvrant dans le domaine des droits de la personne.

L’archevêque de Cantorbery demande que la voix de l’Eglise soit indépendante

Mgr Rowan Williams et Mgr Bernard Malango ont fait paraître un communiqué commun après la rencontre, dans lequel ils font savoir qu’ils ont partagé avec Nolbert Kunonga leurs profondes préoccupations concernant la dégradation de la vie économique au Zimbabwe et les questions des droits de la personne et des manifestations pacifiques non partisanes.

«Nous avons encouragé à faire entendre une voix indépendante pour l’Eglise afin de répondre à ces problèmes. Tous les ministres de l’Evangile doivent être libres de servir et de s’exprimer en faveur des besoins des plus démunis et désavantagés,» explique le communiqué. «Nous souhaitons trouver de nouveaux canaux de communication et faciliter le dialogue au niveau régional sur les questions de développement et de justice, comme l’impact des sanctions, afin que les anglicans puissent collaborer plus efficacement avec et pour les pauvres qu’ils servent au nom du Christ,» ont déclaré les deux responsables d’Eglise dans leur communiqué.

L’évêque Kunonga a fait des déclarations laissant entendre qu’il soutient ouvertement les politiques de Robert Mugabe. Il ne s’est pas exprimé sur l’opération Murambatsvina qui, en 2005, avait été marquée par la destruction d’abris de fortune et de commerces informels, laissant des milliers de Zimbabwéens sans domicile et sans travail. L’opération avait suscité de sévères critiques de la part des Nations Unies. (apic/eni/js)

9 mars 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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