Pour les Eglises, la situation est urgente

Zimbabwe: Le choléra a tué plus de 400 personnes

Harare, 2 décembre 2008 (Apic) Une épidémie de choléra a coûté la vie à au moins 400 personnes au cours du dernier mois au Zimbabwe. Un rassemblement d’Eglises de ce pays d’Afrique australe a appelé le gouvernement à déclarer un plan d’urgence.

«La Communauté évangélique du Zimbabwe (EFZ) exhorte le gouvernement à déclarer immédiatement un plan d’urgence multisectoriel en réaction à la situation catastrophique de l’épidémie de choléra, de la faim et de la qualité de l’eau, notamment en créant un environnement favorable à des opérations humanitaires efficaces», ont indiqué les Eglises dans une déclaration adoptée alors qu’une épidémie de choléra prend de l’ampleur.

Cette épidémie s’est tout d’abord déclarée dans une banlieue surpeuplée de Harare début octobre, avant de se répandre à d’autres régions du pays. Plus de à 425 personnes ont déjà trouvé la mort, selon des statistiques du Ministère de la Santé zimbabwéen communiquées fin novembre.

«Nous appelons à agir de la sorte afin de limiter les pertes en vies humaines», a indiqué l’EFZ, qui rassemble la plupart des Eglises évangéliques et pentecôtistes du pays. L’Association zimbabwéenne des médecins oeuvrant pour les droits de la personne a lancé un appel similaire. «Le gouvernement doit déclarer l’épidémie de choléra catastrophe sanitaire et solliciter le soutien international pour maîtriser et assurer de nouveau la distribution d’eau saine et le fonctionnement des systèmes sanitaires pour la population du Zimbabwe», ont exhorté les médecins.

La situation est pire que l’on s’imagine

Pour Jimmy Carter, qui s’exprimait le 24 novembre à Johannesburg, la situation au Zimbabwe est pire qu’il ne l’avait imaginée. L’ancien président des Etats-Unis fait partie, avec l’ancien secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan et la militante des droits de la personne Graça Machel, des Global Elders, ou «anciens». Ce groupe de personnalités mondiales a été créé par Graça Machel et son mari Nelson Mandela pour défendre les droits de la personne. Le 21 novembre, Kofi Annan, Jimmy Carter et Graça Machel s’étaient vus refuser l’entrée sur le territoire zimbabwéen.

Au Zimbabwe, les vagues de choléra se déclenchent généralement pendant la saison des pluies, mais avant le début de l’été 2008, de premiers cas avaient été recensés non loin de Harare, à Chitungwiza, une banlieue ouvrière densément peuplée où certains quartiers se retrouvent parfois sans eau courante pendant des semaines.

Le gouvernement a pris en charge la gestion de la distribution de l’eau dans les villes il y a presque deux ans, mais il n’a pas réussi à répondre à la demande et il coupe souvent l’approvisionnement pendant des heures et parfois des jours. Dans certains cas, l’autorité en charge de l’eau distribue une eau verdâtre et malodorante. Après la dernière vague de choléra, le gouvernement avait mis en place des centres de traitement dans certaines cliniques, avec l’aide d’agences humanitaires, telles que l’UNICEF et Médecins sans Frontières (MSF). D’autres organisations humanitaires distribuent des tablettes permettant d’assainir l’eau et creusent des puits afin d’améliorer la situation de l’eau.

Les efforts visant à contenir la maladie ont été entravés par la fermeture des principaux hôpitaux d’Etat, due à un manque d’équipement crucial, comme des appareils pour faire des radios, ainsi qu’à un manque de médicaments et de personnel. La semaine dernière, les infirmiers et les médecins des hôpitaux d’Etat ont manifesté, exigeant des médicaments pour les patients, ainsi qu’un meilleur équipement et de meilleures conditions de travail. Le pays est également confronté à de graves pénuries alimentaires. Dans certaines régions rurales, de nombreuses personnes subsistent en se nourrissant de fruits et de baies sauvages. (apic/eni/be)

2 décembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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