Les caisses sont vides

Zimbabwe: Le fonds d’entraide alimentaire jésuite pourrait cesser ses activités

Harare, 23 avril 2007 (Apic) Les jésuites du Zimbabwe, qui ont nourri des milliers de personnes déplacées lorsque le gouvernement a entrepris, en 2005, de raser des quartiers pauvres, ont lancé un appel au niveau international, affirmant que les fonds collectés pour l’entraide se tarissaient.

«Nous pensons que nous allons dépenser nos derniers dollars cette semaine, et nous ne savons vraiment pas ce qui va se passer ensuite,» a déclaré à ENI McGarry, coordinateur du Fonds jésuite d’entraide.

Le Fonds a été mis en place en 2002 pour faire face aux pénuries alimentaires découlant de la sécheresse qui sévissait alors. Il s’est cependant élargi aux milliers de personnes touchées par la destruction de quartiers pauvres, mesure appelée «opération Murambatsvina», qui signifie «opération de nettoyage» en shona, langue parlée par une majorité de Zimbabwéens, et qui aurait provoqué le déplacement de plus de 700’000 personnes.

«Depuis l’opération Murambatsvina, nous donnons la priorité aux personnes déplacées par cet acte brutal,» ont déclaré les jésuites présents au Zimbabwe, dans un appel aux dons qui doit être publié dans des magasines jésuites britanniques et allemands.

«Le Fonds a été prévu pour fonctionner temporairement pendant la durée de la crise alimentaire. Nous pensions alors qu’elle ne devait pas durer plus de deux ans, mais nous en sommes aujourd’hui à la cinquième année de crise,» est-il indiqué dans l’appel.

Le Fonds a permis de fournir des produits alimentaires à environ 50’000 personnes au cours des cinq dernières années.

«Les appels répétés à un public identique perdent en efficacité et nous sommes désormais à court d’argent. La cargaison que nous envoyons maintenant nous coûte environ 100’000 livres sterling (147’000 euros) et il ne nous reste que quelques centaines de livres. Si nous n’arrivons pas à trouver les fonds, nous risquons de cesser nos activités».

La saison des pluies 2006-2007 est considérée par le gouvernement zimbabwéen comme une période sèche, bien que les récoltes ne soient pas finies. La saison 2005-2006 a été caractérisée par de fortes pluies, mais le pays a connu sa pire récolte de maïs, céréale de base, n’atteignant que 480’000 tonnes, alors que 1,8 millions de tonnes étaient nécessaires.

Ce pays d’Afrique australe est en proie à des difficultés économiques. Le Fonds monétaire international affirme que le Zimbabwe connaît la plus haute inflation au monde. Le taux d’inflation officiel était de 1’700 % en février, exacerbé par un taux de chômage supérieur à 70 %. (apic/eni/pr)

23 avril 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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