Zimbabwe: Le nouveau président du Conseil des Eglises lance un appel à la réconciliation

«Il faut comprendre les revendications des Noirs»

Harare, 30 juillet 2000 (APIC) Le responsable de l’Eglise évangélique luthérienne du Zimbabwe, Ambrose Moyo, vient d’être élu à la présidence du Conseil des Eglises, la plus grande organisation oecuménique du pays. Bien que menacé, avant les élections parlementaires, par les forces de sécurité du Zimbabwe, il estime que les Eglises doivent être à l’avant-garde d’une campagne de réconciliation.

L’élection de l’évêque Moyo intervient en un moment crucial de l’histoire de cette nation d’Afrique australe. Le gouvernement du président Robert Mugabe ne l’a emporté que par une faible majorité lors des dernières élections parlementaires. La corruption sévit dans le pays frappé de plein fouet par la pauvreté et la propagation du Vih/sida atteint des proportions effrayantes. Par ailleurs le président Mugabe a réussi à se mettre à dos la communauté internationale, notamment la Grande-Bretagne, à cause de sa politique et de sa volonté d’exproprier les Blancs de leurs fermes sans dédommagement.

L’évêque Moyo, âgé de 58 ans, marié et père de trois enfants, ancien professeur à la Faculté de théologie de l’Université du Zimbabwe, l’a emporté sur deux autres candidats lors de la réunion annuelle du Conseil des Eglises du Zimbabwe.

Le nouveau président veut faire des Eglises le fer de lance d’une campagne pour la réconciliation nationale. Le processus entourant les élections a laissé la nation réellement meurtrie, a déclaré l’évêque luthérien. En ajoutant que l’Eglise doit pouvoir dialoguer et influencer la politique nationale.

La question de la terre doit être réglée

Sur la décision gouvernementale d’exproprier les propriétaires blancs, l’évêque a déclaré que des mesures devraient être prises rapidement et d’une manière transparente pour régler la question des terres si l’on veut préserver la paix. «La demande de redistribution des terres faite par les Zimbabwéens est authentique, et l’on peut comprendre qu’ils aient décidé d’appliquer eux-mêmes la loi. Cette question aurait du être réglée il y a longtemps. C’est pourquoi il faut les comprendre».

L’évêque Moyo a décidé de s’attaquer aussi à un autre problème grave, celui de l’épidémie du Vih/sida. En effet, on estime que 25 % de la population est affectée par ce fléau. Il veut aussi encourager les Eglises à participer au redressement de l’économie nationale. Environ 80% des Zimbabwéens vivent en-dessous du seuil de pauvreté. (apic/eni/em/ba)

30 juillet 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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