Le stock devait servir à alimenter 150’000 familles
Zimbabwe: Les autorités confisquent des stocks de maïs appartenant à l’Eglise baptiste
Harare, 6 février 2002 (APIC) La société nationale zimbabwéenne d’approvisionnement en céréales et la police ont confisqué 20 tonnes de maïs appartenant à l’Eglise baptiste de Bulawayo, à 439 kilomètres au sud de Harare, indique l’Agence ?cuménique ENI.
Selon l’Eglise, le stock de maïs, conservé dans un entrepôt, devait nourrir des villageois sans ressources dans la région du Matabélé, durement touchée par la sécheresse.
Le 28 janvier, une équipe de la police et des représentants de l’Office gouvernemental de la commercialisation des céréales (GMB) ont fait irruption dans l’entrepôt. Cette action s’inscrit dans le cadre d’une campagne nationale menée par le gouvernement pour consolider ses réserves très réduites.
Le pasteur Ray Motsi, de l’Eglise baptiste de Bulawayo, a déclaré que l’Eglise avait contacté ses avocats. Précisant avoir personnellement collecté l’argent auprès de donateurs étrangers pour acheter une partie du maïs. Le reste a été donné par un fermier local. L’aide en question devait toucher quelque 150 000 familles de différentes régions du Matabélé.
Ces deux derniers mois, le gouvernement zimbabwéen a procédé à la confiscation de maïs chez des fermiers afin de faire face à la pénurie de céréales. Les fermiers, en majorité des blancs, ont dit qu’ils gardaient ces céréales pour nourrir le bétail. Le gouvernement les a accusés de stocker des céréales pour affamer le pays en signe de protestation contre la confiscation des fermes appartenant à des blancs selon le programme de redistribution des terres mené par le président Robert Mugabe.
Alors que deux millions de tonnes de maïs sont consommées chaque année au Zimbabwe, la récolte 2001 en aurait produit 40 % de moins.
Le gouvernement devrait importer des milliers de tonnes de maïs pour compléter les réserves de céréales qui s’épuisent. Le Programme alimentaire mondial a déjà livré 5’700 tonnes pour aider le gouvernement à subvenir aux besoins du Zimbabwe. (apic/eni/pr)




