Bibles importées trop chères

Zimbabwe: Les pauvres ne peuvent plus s’offrir la parole de Dieu

Harare, le 11 août 2003 (Apic) Au Zimbabwe, le prix d’un exemplaire neuf de la Bible est plus élevé que le salaire mensuel d’un garde de sécurité, ou l’équivalent de l’achat de pain pendant 50 jours. La hausse des coûts à l’importation en est la cause principale.

Les chrétiens du Zimbabwe, où il n’existe pas d’éditeur local, dépendent des importations de Bibles d’Afrique du Sud, du Royaume Uni et des Etats- Unis. Comme pour les autres produits importés, le prix des livres a connu une forte hausse car la devise zimbabwéenne est très basse par rapport aux devises étrangères et le coût des importations est monté en flèche.

«La situation idéale serait que chaque foyer possède sa propre copie», estime Barbara Nkala, représentante de la Société biblique internationale au Zimbabwe. «Malheureusement, ce n’est pas possible pour le moment à cause du coût des Bibles que nous recevons des nos fournisseurs étrangers, des coûts d’importation et de fret qui font monter le prix de détail.»

Récemment, a expliqué Barbara Nkala au correspondant d’ENI, la branche locale de la Société biblique internationale a enregistré des pertes; ceci ne peut continuer et peut-être la Société devra-t-elle réduire ses importations.

Même si la Société biblique du Zimbabwe accorde des subventions et des réductions sur les Bibles, celles-ci restent hors de portée du citoyen moyen. Une campagne de mobilisation de fonds coordonnée par la Société n’a pas donné de résultats, à cause du manque de soutien local.

Le pasteur Levee Kadenge, de l’Eglise méthodiste du Zimbabwe, déplore le prix élevé des Bibles qui, dit-il, «met la Parole de Dieu hors de portée des pauvres». Il demande aux Zimbabwéens ayant émigré à l’étranger de créer un fonds pour subventionner les envois de Bibles aux familles pauvres du pays.

Quant au pasteur Joseph Munemo, de la Conférence nationale des pasteurs, il suggère aux Eglises d’avoir leur propre imprimerie et de produire des Bibles à bon marché. Mais il prend la défense de vendeurs des rues souvent critiqués pour revendre des livres à des prix exorbitants. «La plupart de ces vendeurs traversent les frontières pour acheter les Bibles en Afrique du Sud et ils veulent donc récupérer leurs frais.»

Pourtant certains vendeurs peu scrupuleux profitent de la demande de littérature chrétienne en revendant des livres offerts, et donc non destinés à la vente, indique l’agence ENI. (apic/eni/sh)

11 août 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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