Des responsables d’Eglise suggèrent la crémation

Zimbabwe: Manque de places dans les cimetières et funérailles trop onéreuses

Harare, 4 décembre 2003 (Apic) Des responsables d’Eglise au Zimbabwe suggèrent aux familles de demander la crémation pour leurs proches décédés. A cela deux raisons: plusieurs villes du Zimbabwe manquent aujourd’hui cruellement de places pour enterrer les morts. Quant aux coûts des funérailles, il a tellement augmenté que les familles pauvres ne peuvent plus les payer. S’ajoute le grave problème du sida, et des milliers de morts que fait la maladie.

Des responsables d’Eglise suggèrent aux familles de demander la crémation, ce qui disent-ils, diminuerait les dépenses et résoudrait le problème de manque de places, même si cette pratique n’est pas acceptée par ceux qui veulent maintenir les funérailles traditionnelles.

La crémation pourrait être une mesure permettant de diminuer les frais de funérailles, mais il faudra longtemps avant que la majorité des gens l’acceptent», a estimé Jonah Gokova, coordinateur de la Conférence nationale des pasteurs.

Le Zimbabwe figure parmi les pays de l’Afrique sub-saharienne où le taux d’infection du sida est très élevé, avec au moins 3’000 décès liés à la malade chaque semaine et des milliers de morts pour d’autres causes.

«Pour la majorité de notre population, la crémation est une pratique étrangère qu’elle n’est pas prête à adopter», fait remarquer Jonah Gokova. «La plupart des Zimbabwéens sont prêts à faire d’autres sacrifices pour payer l’enterrement de leurs proches et ne pas les incinérer».

Le nombre des décès au Zimbabwe est un problème pour les grandes villes et les autorités locales doivent acheter des terres à l’extérieur pour ouvrir de nouveaux cimetières. Quant aux funérailles, elles coûtent l’équivalent de 3’000 dollars alors que le coût de la crémation d’un adulte est d’environ 13 dollars. Où est la différence?

La crise en plus

Le Zimbabwe traverse de plus ce que de nombreux analystes considèrent comme la pire récession économique, avec une pénurie de produits alimentaires de base et autres. De nombreuses familles pauvres reportent les funérailles en attendant d’avoir l’argent nécessaire pour enterrer leurs morts. C’est pourquoi les corps restent dans les morgues alors que d’autres familles enterrent leurs morts la nuit pour éviter de payer les frais de cimetières.

«La crémation est la seule solution pour résoudre le problème de manque d’espace et de prix, a souligné le pasteur méthodiste Levee Kadenge. «En tant que responsables religieux, nous encourageons nos membres à accepter la crémation». «Il y a une croyance répandue selon laquelle une personne n’ira pas au ciel si son corps est incinéré, a-t-il ajouté. Les responsables d’Eglise doivent persuader leurs communautés d’abandonner cette idée». Tout un travail. Que n’est pas prêt d’accomplir Gordon Chavhunduka, fondateur de l’Association nationale de guérisseurs traditionnels du Zimbabwe, pour qui la crémation n’est pas acceptable dans la culture africaine. (apic/eni/pr)

4 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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