Zimbabwe: Prières et réunions publiques désormais interdites à Bulawayo
Prêtres catholiques et pasteurs accusés «d’ingérence politique»
Harare, 21 mai (Apic) La police du Zimbabwe a interdit les prières et réunions publiques à Bulawayo, seconde ville du pays. Elle accuse les responsables religieux de faire de ces rencontres des rassemblements politiques. La mesure s’adresse aux organisations chrétiennes du pays: le Conseil des organisations chrétiennes du Zimbabwe (ZCC), l’Eglise Evangélique du Zimbabwe (EFZ) et la Conférence épiscopale du Zimbabwe (CBC), a rapporté le quotidien «Standard» de Harare.
Avant les élections générales du 29 mars dernier, ces trois principaux groupes religieux avaient organisé des rencontres de prière, pour une intervention «divine», afin de garantir des élections «libres et équitables», ainsi que l’élection d’un chef de file dans le respect des droits de l’homme et le retour à la règle de droit, entre autres. Depuis, ils ont constitué une Alliance, dénommé «l’Eglise à Bulawayo» ou Church in Bulawayo (CIB), et ont condamné les abus des droits de l’homme dans le pays.
Selon le service de sécurité de l’ordre public (Public Order and Security Act / POSA) de la police zimbabwéenne, ces rassemblements publics sans autorisations sont désormais punis par la loi. Les départements de la police publique et de la police de sécurité intérieure (PISI) ont notifié aux Eglises que tous les rassemblements publics et rencontres de prière sont maintenant soumis à autorisation de la police, puisque ces réunions sont des rencontres «politiques», liées à la situation actuelle d’instabilité dans le pays, a déclaré une source policière à Bulawayo.
Réunion publique de prière interdite
En application de cette nouvelle mesure, la CIB s’est vue refuser par la police une autorisation de tenir une réunion publique de prière au Grand Hôtel de Ville de Bulawayo. Elle avait pour but de prier pour la mémoire des victimes des violences post-électorales. Un responsable de la police, a déclaré que c’était une rencontre «politique». Le porte-parole du CIB, le pasteur Useni Sibanda, a qualifié l’opposition de la police de «claire violation du droit du peuple et du droit de culte». Il s’agit en fait d’une «infraction à la religion et au droit de pratiquer son culte», a ajouté Sibanda, rappelant que les religieux n’ont jamais demandé d’autorisation pour les prières publiques.
Depuis les élections de mars, plus de trente personnes, militantes ou sympathisantes de l’opposition ont été tués dans des violences attribuées aux partisans du régime de Robert Mugabe. Plus de cinq mille autres habitants ont été déplacés.
Les organisations paysannes, de leur côté, ont fait état de 142 fermes envahies par des milices et vétérans de la guerre d’indépendance, les plus ardents défenseurs de la ZANU (Parti national pour l’unité du Zimbabwe) au pouvoir. Ces attaques ont provoqué le déplacement d’au moins 40’000 ouvriers agricoles déplacés. (apic/ibc/bb)



