Plusieurs arrestations: intimidation à la veille du 2e tour

Zimbabwe: Rafle de la police contre des groupes chrétiens à Harare

Harare, 11 juin 2008 (Apic) La police zimbabwéenne et les forces de sécurité ont fait irruption dans les bureaux de plusieurs organisations chrétiennes à Harare, indique l’Agence oecuménique ENI. L’opération s’est soldée par l’arrestation du secrétaire général du Mouvement chrétien des étudiants zimbabwéens (SCMZ) et d’autres responsables et membres du personnel.

L’organisation estudiantine chrétienne a accusé le gouvernement du président Robert Mugabe d’avoir «déclaré la guerre à son propre peuple», dans un communiqué publié après la descente de police, le 9 juin, lors de laquelle Prosper Munatsi, secrétaire du SCMZ, a été emmené par des policiers.

Prosper Munatsi et les autres personnes interpellées ont été relâchées dans la nuit du 10 juin et ont été contraints de se présenter au tribunal le lendemain.

Dans son communiqué du 10 juin, le SCMZ affirme que des policiers, des agents des renseignements et des militaires lourdement armés ont fait irruption dans le Centre oecuménique de Harare, qui abrite les bureaux de plusieurs organisations chrétiennes, notamment le SCMZ et l’Alliance chrétienne du Zimbabwe.

Quatre autres personnes travaillant pour le SCMZ ont été arrêtées. Cinq membres du personnel de l’Alliance chrétienne du Zimbabwe ont également été emmenés par la police.

«Nous considérons qu’il s’agit là d’une mesure visant à handicaper notre mouvement, étant donné son engagement dans la sensibilisation des étudiants et des jeunes chrétiens à leurs droits et leurs responsabilités dans le contexte du deuxième tour de l’élection présidentielle décisive, prévu le 27 juin», a indiqué le SCMZ, qui est une section nationale de la Fédération universelle des associations chrétiennes d’étudiants, basée à Genève.

Selon ENI, le SCMZ et l’Alliance chrétienne du Zimbabwe ont tous deux joué un rôle majeur dans la promotion d’une évolution pacifique et démocratique dans ce pays d’Afrique australe, dirigé par Robert Mugabe depuis que l’indépendance a été accordée par la Grande-Bretagne, en 1980.

Prosper Munatsi aurait du arriver à Genève le 10 juin pour participer à un colloque en marge du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur le rôle des jeunes et des droits de la personne dans les situations post-électorales.

Pour le SCMZ, «le gouvernement a renoncé à ses obligations en déclarant la guerre à son propre peuple et en créant une atmosphère d’insécurité générale au sein de la population.» Et d’ajouter: «Pour les membres de la famille oecuménique, le temps est venu non seulement de se faire entendre, mais aussi d’agir contre l’injustice, l’oppression et la corruption, conformément à la parole de Dieu». (apic/eni/pr)

11 juin 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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