Zimbabwe: Un évêque méthodiste zimbabwéen pointe le doigt sur les Eglises

Certaines «Eglises n’ont rien fait pour le peuple»

Harare/Genève, 30 octobre 2008 (Apic) Le leader de la plus grande alliance de chrétiens du Zimbabwe affirme que le principal rassemblement d’Eglises protestantes traditionnelles et les organisations d’Eglise africaines et mondiales qui y sont liées se sont distinguées par leur silence sur ce qui se passe dans son pays.

«Le Conseil des Eglises du Zimbabwe (ZCC) n’a rien fait. Les Eglises auraient du parler de façon impartiale, en prenant la parole au nom des masses qui souffrent au Zimbabwe», a déclaré l’évêque méthodiste Levee Kadenge, président de l’Alliance chrétienne du Zimbabwe (ZCA).

L’évêque Kadenge s’est exprimé le 28 octobre, après une réunion organisée au Centre oecuménique de Genève, qui abrite le siège du Conseil oecuménique des Eglises (COE). Le ZCC est lié au COE et à la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA), basée à Nairobi.

Selon l’évêque 11 millions de Zimbabwéens souffrent, dans un pays où le taux d’inflation dépasse les 200’000’000 % et où le taux de chômage est supérieur à 80 %, et que des millions de Zimbabwéens vivent en exil.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi tant de responsables d’Eglise sont restés silencieux pendant que les Zimbabwéens souffrent, l’évêque Kadenge déclare : «Je pense que c’est une question de peur». «Si cela signifie qu’ils sont silencieux et qu’ils en ont décidé ainsi, c’est leur choix», a commenté l’évêque méthodiste à ENI.

Son alliance de responsables d’Eglises est née en 2005 pour offrir des services humanitaires aux personnes qui se sont retrouvées sans domicile suite à l’Opération Murambatsvina, menée par le gouvernement de Mugabe, qui s’accroche au pouvoir. Cette action, qui signifie «opération de nettoyage» en shona, était une campagne d’expulsions forcées et de démolition qui a affecté des centaines de milliers de Zimbabwéens.

Aujourd’hui, le ZCA, une organisation qui rassemble des catholiques, des protestants, des anglicans, des évangéliques et des pentecôtistes. L’évêque Kadenge a affirmé qu’il fallait saluer les Zimbabwéens pour ne s’être jamais retournés contre eux-mêmes. Ce qui, pour l’heure, assure-t-il, a évité un bain de sang.

Rome: La nouvelle ambassadrice du Canada a présenté ses lettres de créances au pape

L’enseignement religieux en toile de fond

Rome, 30 octobre 2008 (Apic) Le pape Benoît XVI a reçu jeudi l’ambassadrice du Canada près le Saint-Siège, venu présenter ses lettres de créances. Le pape a une nouvelle fois souligné l’importance qu’il attache à l’enseignement religieux.

L’enseignement religieux doit avoir «la place qui lui revient», a indiqué Benoît XVI en recevant Anne Leahy, la nouvelle ambassadrice. Devant la diplomate, le pape a aussi souligné que la «liberté» était «trop souvent invoquée pour justifier certains débordements».

«L’enseignement religieux doit tenir la place qui lui revient (…) tout en respectant la conscience de chacun des élèves», a ainsi déclaré le pape dans son message en français. Selon lui, cet enseignement est une ressource «fondamentale et indispensable» pour une éducation visant notamment à construire «la personnalité de l’élève et le développement de ses capacités».

Les écoles catholiques, a en outre souligné Benoît XVI, préparent les élèves «au dialogue entre les différentes composantes de la nation», enrichissant ainsi l’ensemble de la société canadienne et rendant «un service de grande valeur» au pays.

Ces propos de Benoît XVI interviennent alors que les élèves des écoles du Québec, publiques et privées, doivent suivre depuis le mois de septembre dernier un cours obligatoire d’éthique et de culture des religions. Pendant le cours, des informations sont données sur les principales religions du monde. On y discute notamment de sujets comme l’avortement ou l’euthanasie, avec l’obligation de ne prendre position ni dans un sens ni dans l’autre.

Le pape s’est ensuite attaché à repréciser le sens de l’exercice de la liberté, «expression trop souvent invoquée pour justifier certains débordements». Il a regretté que la liberté soit uniquement perçue «comme une valeur absolue, un droit intangible de l’individu» et l’ignorance de «l’importance des origines divines de la liberté». «La vraie liberté se fonde et se développe ultimement en Dieu», a affirmé le pape.

De son côté, Anne Leahy a rappelé que les Canadiens, issus d’une société multiculturelle, «vivent en première ligne l’interaction de la foi et de la culture et font l’expérience pratique des accommodements identitaires et sociaux».

Conseillère spéciale auprès du vice-ministre délégué du ministère des Affaires étrangères canadien, Anne Leahy, 55 ans, Québécoise, a été ambassadrice dans la région des Grands lacs d’Afrique de 2004 à 2007. Auparavant, elle avait représenté le Canada au Cameroun, en Pologne et en Russie. Le 3 juillet dernier, Benoît avait reçu en audience à Castel Gandolfo Donald W. Smith, ambassadeur du Canada en visite de congé.

Le Canada compte 43,6 % de catholiques et 29,3 % de protestants. 16,5 % des Canadiens affirment n’appartenir à aucune religion. (apic/imedia/cp/pr)

30 octobre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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