Zimbabwe : Un hôpital met en place une station de radio pour rassurer les malades
Assistance spirituelle pour un pays «en soins intensifs»
Harare, 3 janvier 2008 (Apic) Un hôpital public d’une ville située non loin de Harare, la capitale zimbabwéenne, a mis en place une station de radio dans ses locaux, depuis laquelle des pasteurs de diverses Eglises diffusent des messages afin de rassurer les patients. Les invitant notamment à la sérénité.
Ces dernières années, les hôpitaux de ce pays d’Afrique australe actuellement confronté à une situation économique désastreuse manquent constamment de médicaments, car l’Etat réduit chaque année le budget qu’il accorde à la santé. Selon le gouvernement, cette situation est aggravée par les sanctions internationales imposées au pays et le manque chronique de devises permettant d’importer des médicaments vitaux.
Les sanctions ont été imposées en raison d’accusations d’abus des droits de la personne commis par le gouvernement du président Robert Mugabe, qui dirige le pays depuis que celui-ci s’est affranchi de la tutelle britannique, en 1980. Le manque actuel de ressources de santé a causé le décès de milliers de patients.
Cependant, dans un communiqué quelque peu optimiste, Audrey Tasarenarwo, responsable des relations publiques de l’hôpital central de Chitungwiza, a déclaré récemment au quotidien «The Herald», détenu par le gouvernement que «l’hôpital est [actuellement] considéré à tort comme un endroit où les gens vont pour mourir, et non pas comme un endroit pour guérir. C’est pourquoi nous avons monté une station de radio visant à apporter aux patients de l’espoir et à les convaincre qu’il y a une vie après la sortie de l’hôpital.»
Propagande douteuse
Elle affirme en outre que certaines personnes pensant que les hôpitaux du Zimbabwe sont une «destination finale» ont refusé d’être hospitalisées, bien qu’elles soient gravement malades, craignant de ne jamais guérir une fois admises.
Selon l’Agence oecuménique ENI, la station de radio de l’hôpital a commencé à émettre le 16 décembre. Chaque dimanche matin, toutes les deux heures, des pasteurs d’Eglises de ce pays essentiellement chrétien de 13 millions d’habitants sont invités à offrir une assistance spirituelle aux patients.
Chitungwiza est une cité-dortoir d’environ un million de personnes, située à 25 km au sud d’Harare. Les autorités hospitalières indiquent pour leur part que les morgues sont submergées, le taux de mortalité étant aggravé par les maladies liées au sida. Le ministre de la Santé, David Parirenyatwa, a récemment déclaré que 15 % de la population zimbabwéenne adulte vivait avec le VIH et le sida. De nombreux Zimbabwéens affirment, non sans ironie, que le système de santé du pays est «en soins intensifs». (apic/eni/pr)



