Un évêque anglican dénonce la mort de la société civile
Zimbabwe: Une loi de plus en plus répressive pour asseoir le pouvoir
Harare, 24 février 2003 (Apic) L’évêque anglican du diocèse de Manicaland (est du Zimbabwe), Sebastian Bakare, a exprimé de fortes préoccupations au sujet de la loi sur l’ordre public. Selon des propos exprimés par l’évêque à la presse locale, la POSA (Public Order and Security Act) risque d’anéantir ce qui reste de la société civile au Zimbabwe.
«Avec toutes les arrestations effectuées en vertu de la POSA» a affirmé Bakare, «on se demande si la société civile pourra encore jouer un rôle dans le pays. Tout ceci est en contraste avec les récents appels au dialogue adressés aux citoyens de diverses convictions politiques pour éviter un ultérieur déclin de la situation politique et économique».
Le leader religieux anglican a remarqué que «tant que la POSA sera en vigueur, il n’y aura aucune possibilité de dialogue. En tant que leader religieux, je suis terrorisé à l’idée de vivre dans une communauté où les personnes ne parviennent pas à tisser des relations entre elles par crainte de violer la POSA et d’être arrêtées». L’évêque a à ce propos rappelé l’affaire du maire de Harare, Elias Mudzuri, arrêté deux fois parce qu’il cherchait à organiser des réunions avec des contribuables pour discuter de questions relatives à la ville, mais «sans les autorisations nécessaires».
Approuvée en janvier 2002, la loi sur la sécurité publique prévoit la peine de mort pour les responsables de délits de banditisme, d’insurrection, de sabotage et de terrorisme. Plusieurs observateurs estiment qu’il s’agit de l’un des moyens utilisés par le gouvernement du président Robert Gabriel Mugabe pour museler toute polémique ou critique envers sa politique, remarque l’agence missionnaire MISNA. (apic/misna/sh)




