Augmentation des contributions en 2006
Zoug: Assemblée plénière de la Conférence centrale catholique romaine les 24 et 25 juin
Zoug, 1er juillet 2005 (Apic) La Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ) a tenu son assemblée plénière les 24 et 25 juin à Zoug. Elle a adopté une augmentation des contributions de 340’000 francs en 2006, et a déploré que certains cantons ou diocèses ne s’acquittent pas de l’entier de leur contribution. «Une épée de Damoclès» pour la solidarité nationale, ont affirmés les délégués.
La RKZ était l’invitée de la Fédération des paroisses catholiques du canton de Zoug (Vereinigung der katholischen Kirchgemeinden des Kantons Zug/VKKZ), qui célèbre cette année ses 20 ans.
L’an dernier, la RKZ avait approuvé l’introduction d’une nouvelle clé de répartition des contributions versées par les organisations ecclésiastiques cantonales. Parallèlement, elle avait réglé sur des bases nouvelles la collaboration avec la Fédération romande catholique romaine, l’organe faîtier des organisations ecclésiastiques cantonales de Suisse romande. Afin d’être à même d’assumer les conséquences financières des mesures qui ont été décidées et de remplir ses engagements en matière de subventionnement des institutions de l’Eglise catholique en Suisse, la Conférence centrale a décidé d’augmenter le montant des contributions de 7,5 millions de francs (montant 2005) à 7,84 millions en 2006.
Toutefois, en raison du régime transitoire adopté pour l’introduction de la nouvelle clé de répartition et du non-versement de la totalité des contributions dues par certains membres de la Conférence centrale, la somme qui sera effectivement encaissée ne devrait pas, en principe, dépasser Fr. 7,25 millions. Le fait que l’Eglise cantonale schwytzoise et deux diocèses (Lugano et Sion) ne s’acquittent pas de l’entier de leur contribution a été qualifié d’»épée de Damoclès» suspendue au-dessus de la solidarité financière pour l’activité de l’Eglise au niveau national.
Un trou de 400’000 francs
«Cette attitude pourrait décourager la bonne volonté des grandes organisations ecclésiastiques cantonales qui supportent depuis de nombreuses années le gros de la charge du financement des organes centraux de la direction de l’Eglise», soutient la RKZ dans un communiqué signé de son secrétaire général Daniel Kosch. Aussi, dès l’an prochain, la RKZ entend signaler aux institutions cofinancées que le manque de fonds pour leurs subsides est de facto imputable au versement incomplet de certaines contributions. Ce trou représente une somme de 400’000 francs, soit 7% du crédit du cofinancement de la Conférence centrale.
Parallèlement, il a été constaté qu’à l’échelon suisse, des moyens financiers supplémentaires sont nécessaires pour réagir comme il se doit aux évolutions qui se dessinent dans l’Eglise et la société en général. «Mais des augmentations substantielles ne seront possibles que si tous les membres de la Conférence centrale s’acquittent des contributions convenues», souligne encore la RKZ.
Augmentation des fonds pour la présence de l’Eglise dans les médias
Dans la perspective du renouvellement des contrats de prestation avec les institutions actives dans les médias, il a été décidé de relever d’environ 3%, soit à 2,15 millions de francs, le montant global qui leur est alloué. «Cette hausse tient compte de l’importance cruciale que revêt la présence des Eglises sur les ondes de la TV et de la radio, ainsi que sur Internet. Par ailleurs, des efforts accrus de concentration des forces et de collaboration continuent à s’imposer dans ce secteur», souligne la RKZ.
Conjointement avec l’Action de Carême, la Conférence centrale subventionne toute une série d’offices spécialisés et d’organes de conseil de l’Eglise actifs dans maints domaines. Au nombre de ceux-ci figurent l’éthique sociale, la planification pastorale et la sociologie religieuse, la liturgie et la musique sacrée, la catéchèse, la pastorale biblique et la promotion des vocations religieuses. La conclusion de contrats de prestation est prévue avec ces institutions également, auxquelles une enveloppe financière de près de 2 millions de francs sera allouée en 2006. Cette dernière devra être ramenée à Fr. 1,75 million d’ici 2008/09 afin, d’une part, de laisser suffisamment de marge de manoeuvre pour le financement de nouveaux domaines d’activité et, d’autre part, obtenir que les forces soient déplacées sur des domaines essentiels.
Plusieurs délégués ont souligné l’importance cruciale d’un engagement de l’Eglise proche de la base dans les domaines de l’éthique sociale et des questions touchant le monde du travail. En des temps de marasme économique, il appartient au catholicisme suisse de cultiver son héritage social chrétien.
Collaboration avec d’autres institutions
Les rapports annuels présentés par les délégués de la Conférence centrale auprès d’autres institutions ont fait, une fois de plus, apparaître clairement à quel point celle-ci est imbriquée étroitement dans la vie de l’Eglise. Elle est représentée au sein des organes de Caritas Suisse, de l’Action de Carême et de Migratio. Par ailleurs, elle dispose d’un siège à la Commission de planification pastorale et à la Commission des médias de la Conférence des évêques suisses, au Conseil de l’Université de Fribourg, ainsi qu’au conseil de l’Institut de droit des religions de l’Université de Fribourg.
Une nouvelle manière de vivre la religion
Dans la partie thématique de l’assemblée plénière, le théologien et sociologue Alfred Dubach, directeur démissionnaire de l’Institut de sociologie pastorale à Saint-Gall (SPI), a consacré son exposé aux mutations religieuses actuelles. Il est parti de la thèse suivante: «Dans l’Eglise, seul celui qui sait repérer les caractéristiques des vents qui soufflent dans la société actuelle est capable de faire tourner des moulins!» Parmi ces caractéristiques figure la recherche d’identité au travers de la communication: tout – et Dieu aussi – doit être abordé dans le cadre de la communication. C’est le cas en particulier pour les adolescents et les jeunes adultes. A ce propos, Alfred Dubach a lancé cette remarque provocatrice: «L’attachement au téléphone portable est plus fort que le sentiment d’appartenance à l’Eglise». Aussi, l’Eglise aura des chances d’avenir si elle mise sur cette communication et n’exige pas une pure fidélité à une profession de foi.
Si on compare les sondages effectués en 1989 et 1999, on constate que la proportion des catholiques défendant une foi exclusivement chrétienne a diminué d’un tiers et s’élève aujourd’hui à 11,7%. La diminution est particulièrement nette chez les 16 à 25 ans où le nombre de ceux que l’on peut qualifier de chrétiens syncrétistes ou néo-religieux (New Age) a augmenté. Ces deux groupes représentent 61,6% des catholiques. 38% se disent humanistes religieux ou areligieux.
Les Eglises, associations religieuses à buts multiples
Bien souvent, le nouveau modèle religieux ne se caractérise plus par un lien ecclésial institutionnel et un sentiment d’appartenance à une confession. On attend de la religion qu’elle soit un moyen de réussite de l’existence. L’accompagnement rituel des grands tournants de la vie est dès lors la raison principale du rattachement ecclésial. Un rattachement dont les motifs sont devenus si divers que l’on peu qualifier aujourd’hui les Eglises d’»associations religieuses à buts multiples».
Sans vouloir parler d’un incendie qui se répand à grande vitesse, Alfred Dubach a insisté sur le point suivant: «La fumée est opaque. Celle- ci aura des chance de se dissiper à mesure que les Eglises s’efforceront de répondre de manière totalement désintéressée au besoin des individus de trouver leur identité, une recherche devenue très hasardeuse aujourd’hui.»
En revanche, une Eglise qui miserait sur une approche de la religion exclusivement fondée sur des convictions et des exigences proclamées par ses autorités court le risque de se muer en un univers clos, régi par ses propres lois, et de perdre le lien avec la vie réelle et sa dynamique. Si ces constatations sont primordiales pour la direction de l’Eglise et la pastorale, les Eglises cantonales seraient elles aussi bien inspirées de s’y intéresser de près. Il est en effet important, précisément en des temps difficiles, de se forger une image de la situation sous l’angle socio- religieux qui soit à la fois réaliste et scientifiquement établie. C’est à cette mission de faire la lumière sur la réalité que s’est voué Alfred Dubach en tant que directeur de l’institut de sociologie pastorale. Une tâche qu’il a menée à bien avec beaucoup de sérieux, cela jusqu’à aujourd’hui où il s’apprête à prendre sa retraite. La Conférence centrale lui en exprime sa reconnaissance.
L’autre visage de Zoug
La présence de la Conférence centrale à Zoug a aussi été une occasion de découvrir des aspects de la ville et du canton qui complètent la vision trop unilatérale de celle de haut-lieu de l’économie. Dans son allocution de bienvenue, la présidente du gouvernement cantonal et responsable des affaires sociales Brigitte Profos a souligné que son canton abrite aussi des personnes qui vivent en marge de la prospérité générale. «Etre pauvre parmi les riches est particulièrement dur», a-t-elle affirmé. Elle a souligné l’apport de l’Eglise dans la lutte pour la dignité humaine, laquelle doit être reconnue à tous les individus, indépendamment des biens matériels et de la considération dont ils jouissent. (apic/com/bb)




