Zürich: 30 ans du groupe d’experts Caritas «Réformes en matière pénale»

La répression est souvent prônée mais n’a que peu d’effets

Zürich, 28 septembre 2007 (Apic) Le 27 septembre à la Paulus Akademie à Zurich, une centaine de participants ont répondu à l’invitation de Caritas à une journée sur la situation du domaine pénal en Suisse. Les intervenants ont souligné que les évolutions ne doivent pas aller dans le sens unique de la répression, car ses effets concrets demeurent discutables.

Cette rencontre sur le thème «Punir par plaisir ou par frustration? La situation du domaine pénal en Suisse» a été organisée à l’occasion du 30ème anniversaire du groupe d’experts «Réformes en matière pénale» de Caritas Suisse. Ses membres constatent que punir semble être un plaisir en Suisse. La répression est souvent considérée comme la solution à presque tous les problèmes de société. «Des mesures uniquement répressives dans le domaine pénal n’aboutissent pas à une amélioration de la situation. Les résultats sont médiocres», souligne le professeur de droit pénal fribourgeois Franz Riklin, qui préside le groupe d’experts. Pour lui, des stratégies préventives efficaces devraient être substituées à la répression. Pour le professeur Ricklin, on assiste ces trente dernières années à «un passage progressif d’une exécution autoritaire de la peine vers une approche consensuelle et participative dans laquelle on sollicite toujours davantage l’accord et la participation active du condamné». Il déplore toutefois «le souci d’efficience qui règne en maître dans de nombreux pays» et qui «risque de conduire à des excès dont on maîtrise mal la portée». «Saura-t-on garder l’individu au centre de l’exécution des peines, ou va-t-on vers une mécanisation sans âme du traitement pénitentiaire ?», a lancé le professeur Ricklin.

Enfermer mois et garantir le risque zéro?

André Valloton, du Département de la sécurité et de l’environnement du canton de Vaud, a décrit le contexte schizophrénique de l’exécution des peines. «D’une part, on veut enfermer moins et c’est l’enjeu de l’introduction dans le code pénal d’alternatives à la prison et d’autre part, on veut garantir un risque zéro en enfermant plus et plus longtemps».

Le groupe d’experts «Réformes en matière pénale» de Caritas Suisse fête le trentième anniversaire de sa fondation. Jürg Krummenacher, directeur de Caritas Suisse, souligne que le groupe est une voix différente mais importante dans le domaine du droit pénal. Dans le contexte actuel, il n’est pas très populaire de se pencher sur les réformes dans le domaine pénal et de constater que la délinquance existe. Les 15 membres du groupe, dont font partie l’ancien Président du Tribunal fédéral Giusep Nay ainsi que le professeur d’éthique sociale Alberto Bondolfi, ont initié de nombreuses réformes ces dernières années. On compte parmi elles, notamment, l’aide aux victimes. (apic/com/bb)

28 septembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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