Gabriele Manetsch-Sacher succède à Peter Plattner

Zurich: L’assemblée de la RKZ nomme une nouvelle présidente

Zurich, 3 décembre 2003 (Apic) La Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ) a tenu son assemblée plénière les 28 et 29 novembre à Zurich. Les délégués ont élu à l’unanimité à la présidence la Bâloise Gabriele Manetsch. Elle succèdera en 2004 au Thurgovien Peter Plattner, arrivé au terme de son mandat.

A l’ordre du jour figuraient également question de l’appartenance à l’Eglise et la sortie d’Eglise, le soutien financier de la Rencontre nationale des jeunes catholiques ainsi que le financement des tâches ecclésiales accomplies au niveau des régions linguistiques et de la Suisse dans son ensemble, souligne la RKZ dans un communiqué diffusé le 3 décembre.

Première femme à la présidence de la Conférence centrale

Peter Plattner, nommé à la présidence de la RKZ en 1999, est arrivé au terme de son mandat. A l’unanimité, Gabriele Manetsch, de Bâle, a été désignée pour reprendre sa charge. Siégeant depuis 1995 au sein du conseil exécutif de l’Eglise catholique cantonale de Bâle-Ville, elle a été élue présidente de cet organe trois ans plus tard. Elle représente l’Eglise de son canton à la RKZ depuis 1999. Elle représente depuis trois ans la Conférence centrale à la Commission de planification pastorale de la Conférence des évêques suisses et, depuis 2002, elle est également membre de la présidence de la Conférence centrale.

Dans son allocution de remerciement, Gabriele Manetsch a souligné l’importance croissante de la collaboration à tous les niveaux: entre les régions linguistiques, entre les cantons, entre les trois partenaires du cofinancement que sont Conférence centrale, la Conférence des évêques et l’Action de Carême, ainsi qu’entre les institutions cofinancées. De leur côté, les délégués ont exprimé aussi leur joie de voir dès 2004 une femme présider pour la première fois la Conférence centrale.

Remerciements au président sortant

En tant que président du conseil exécutif de l’Eglise cantonale de Thurgovie, Peter Plattner continuera à siéger quelque temps encore à la Conférence centrale en tant que délégué de son canton. Les membres de la RKZ n’ont donc pas pris de prendre congé de lui, mais ont rendu hommage à leur futur ex-président. Ce juriste, avocat au barreau thurgovien, compte au nombre des créateurs, en 1967, de la «Conférence des organisations ecclésiastiques cantonales», devenue quatre ans plus tard la Conférence centrale. Parfait connaisseur de l’évolution du droit public ecclésiastique, Peter Plattner a promu et accompagné pas à pas le développement de la Conférence centrale et son engagement au sein de l’Eglise en Suisse.

Tirant le bilan des années passées, le président sortant a souligné l’esprit de collaboration et la volonté de consensus perceptibles au sein de la Conférence centrale. Puis il a émis le voeu que la RKZ continue, à l’abri de toutes pressions extérieures, à lutter au nom du droit et de la démocratie pour une Eglise qui n’ait d’autre objectif que l’avènement du Royaume de Dieu et le bien des hommes et de la communauté.

Composition du présidium

Pour la période 2004-2005, Georges Fellmann, membre du conseil synodal lucernois, a été élu au présidium de la RKZ. Celui-ci se compose désormais de Gabriele Manetsch (BS, présidente), Pierre Regad (GE, vice- président), René Zihlmann (ZH, vice-président), Rudolf Würmli (SG), Georges Fellmann (LU) et Daniel Kosch (secrétaire général).

Sortie d’Eglise: une pastorale orientée vers la réinsertion

Les questions touchant l’appartenance à l’Eglise et la sortie d’Eglise donnent lieu à controverses depuis des années. Cette situation a incité le présidium à émettre une déclaration à ce sujet. Elle repose sur un avis de droit dont la rédaction a été confiée au professeur et docteur en droit René Pahud de Mortanges, directeur de l’Institut de droit canonique et de droit ecclésiastique de l’Université de Fribourg.

Le présidium souligne l’importance des normes particulières instituées par les évêques. Celles-ci mettent en évidence l’appartenance aux organisations de droit public ecclésiastique. Elles relèvent en particulier que la sortie de ces dernières constitue une faute grave contre la communauté et que le refus de la solidarité financière qui lui est associé est également contestable au regard du droit canonique.

Dans le cadre d’une table ronde animée par Alois Odermatt, le sujet a été débattu par quatre spécialistes, à savoir Mgr Peter Henrici, évêque auxiliaire du diocèse de Coire, Nicolas Betticher, chancelier du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, et les professeurs Adrian Loretan, de Lucerne, et René Pahud de Mortanges, de Fribourg. Les orateurs ont affirmé unanimement que la sortie d’Eglise constitue d’abord un problème pastoral. Ils ont relevé le manque de conscience des problèmes avec lesquels de nombreux prêtres règlent les cas qui se présentent et prennent position publiquement, créant de nombreuses difficultés. Pour les experts, la sortie de la corporation de droit public en tant que telle porte également atteinte à la communauté ecclésiale.

Dans sa conclusion, Mgr Peter Henrici a rappelé le devoir des catholiques de confesser leur appartenance à la communauté des croyants et suggéré que l’on évalue les déclarations de sortie de l’Eglise à la lumière de cette obligation. En outre, il a appelé de ses voeux une «pastorale de la réinsertion».

300’000 francs pour la Rencontre nationale des jeunes de juin à Berne

La RKZ a décidé de soutenir par un subside de 100’000.– francs, prélevé dans les fonds du cofinancement Action de Carême/Conférence centrale, le grand rassemblement des jeunes catholiques des 5 et 6 juin 2004 à Berne. En outre, elle enjoindra les organisations ecclésiastiques cantonales de rassembler de leur côté une somme de 200’000 francs pour ce projet. Les délégués de la RKZ ont demandé aux organisateurs du rassemblement d’associer encore plus étroitement les organisations ecclésiastiques cantonales à leurs plans, d’informer plus systématiquement les paroisses et les organisations paroissiales de jeunesse, de s’investir plus fortement dans la recherche d’autres sources de financement et également de mieux exploiter l’expérience de la Conférence centrale dans le financement de grands projets ecclésiaux.

Augmentation à la RKZ, diminution à l’Action de Carême

En vertu d’un contrat passé avec la Conférence des évêques et l’Action de Carême, la Conférence centrale assume à titre principal la responsabilité du financement des institutions de l’Eglise actives à l’échelon de l’ensemble d’une région linguistique ou du pays tout entier. Le crédit du cofinancement pour l’année 2004 a été augmenté de 200’000 francs, pour atteindre 5’270’000 francs. Quant à la participation de l’Action de Carême, elle a diminué à nouveau de 50’000 francs, pour tomber à 2’650’000 francs. Globalement, le montant à disposition pour les subsides s’élève à 7,92 millions de francs.

Emboîtant le pas au conseil de fondation de l’Action de Carême qui s’est prononcé le jour précédent, les délégués à la Conférence centrale ont approuvé l’ensemble des propositions de la commission d’experts mixte pour le secteur Suisse. Une fois encore, une cinquantaine d’institutions actives dans la vie de l’Eglise toucheront des subsides destinés à couvrir leurs frais d’exploitation. Parmi celles-ci figurent notamment le secrétariat de la Conférences des évêques suisses, les institutions du domaine des médias, les associations catholiques nationales et de nombreux offices fournissant du travail de réflexion de fond et de précieuses impulsions pour les paroisses et les organisations ecclésiastiques cantonales.

Participation du canton de Schwyz au cofinancement

Le tribunal administratif du canton de Schwyz a récemment rendu un jugement selon lequel l’adhésion de l’Eglise schwyzoise à la Conférence centrale votée par le synode cantonal ne pourra entrer en vigueur que le jour où aura été introduit la base légale nécessaire dans les statuts de la jeune corporation ecclésiastique cantonale. La délégation schwyzoise à la Conférence centrale continuera tout de même à participer aux assemblées plénières, mais en gardant le statut d’hôte. Par conséquence, d’autres solutions devront être trouvées pour assurer le financement des institutions et tâches supra diocésaines par les catholiques de Schwyz. (apic/com/dk/bb)

3 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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