Zurich: L’Eglise catholique plaide pour des médias de «service public»
Opposition à la publicité politique et religieuse en radio et TV
Zurich, 4 mars 2005 (Apic) Une société ouverte et démocratique a besoin de médias électroniques de «service public», soutenus et financés par les taxes de redevance. C’est ce qu’affirme Alois Schuler, le nouveau délégué des évêques suisses auprès de la radio et TV suisses alémaniques à l’occasion d’une conférence de presse tenue le 2 mars à Zurich.
L’Eglise catholique a tenu à s’exprimer sur le rôle des médias audio et visuels à l’occasion de la révision de la loi fédérale sur la radio et la télévision. La conférence de presse de mercredi a été organisée par le Service catholique des médias (KM) basé à Zurich.
Le responsable de KM, Charles Martig, affirme que la collaboration avec SRG SSR idée suisse, organe garant du service public des chaînes bénéficiant de la redevance, constitue une des principales priorités pour les services médiatiques dans l’Eglise. A l’occasion de la révision de la loi sur la radio et la télévision, l’Eglise catholique se prononce pour une interdiction de la publicité religieuse et politique, dans les médias radio et TV publics comme privés. Elle suit en cela la décision du Conseil des Etats, qui est contraire à celle du Conseil national.
Le nouveau président de la Conférence des ordinaires pour la Suisse allemande, le dominicain Roland Trauffer, a présenté à la presse le nouveau délégué des évêques pour la radio et TV alémaniques. Alois Schuler, âgé de 47 ans, remplace le capucin Willi Anderau, qui tire sa révérence après 17 ans d’engagement. En novembre 2004, il avait déjà succédé comme responsable radio et télévision au Service catholique des médias (KM) au Père Anderau, élu supérieur régional des capucins pour la Suisse allemande.
Tenir compte des minorités
Le théologien et journaliste radio Alois Schuler a rappelé que les médias financés essentiellement à travers la publicité doivent toucher un maximum de téléspectateurs, auditeurs ou lecteurs et s’orienter vers une population majoritaire. Comme toute société, la Suisse comprend cependant des minorités. Il appartient selon lui aux médias financés par la redevance de jouer le rôle de service public, à travers une forme de journalisme qui s’éloigne des intérêts purement économiques, qui rende possible l’information de fond et réalise des émissions tenant compte des minorités.
En Suisse, l’Eglise catholique s’appuie dans le domaine des médias sur l’agence de presse Apic/Kipa, ainsi que sur le portail internet cath.ch / kath.ch. Au niveau régional, une bonne partie de l’information est transmise par les bulletins paroissiaux. L’Eglise catholique ne peut se permettre d’entretenir son propre quotidien, ni sa radio et ni sa chaîne de télévision, soutient Mgr Peter Henrici, responsable du dicastère des médias à la Conférence des évêques suisses. L’Eglise catholique dispose en effet de peu de moyens aux niveaux national et diocésain.
André Kolly, directeur du Centre catholique de Radio et Télévision» (CCRT) à Lausanne, a souligné que contrairement à la Suisse allemande, où le KM a un rôle de co-responsabilité pour les productions religieuses avec les chaînes radio et TV alémaniques, ses collègues produisent des émissions radio et TV pour les chaînes publiques, tout comme le fait en collaboration avec le CCRT «l’Office protestant des médias». (apic/kna/wm/bb)



