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Zurich: le résultat du référendum confirme la volonté de réformes

Zurich, le 28 septembre (ENIçKlaus Rieth) – L’Eglise protestante du canton

de Zurich a décidé de revoir sa relation avec l’Etat, en dépit du «non» au

référendum tenu le 24 septembre au sujet de la séparation entre l’Eglise et

l’Etat dans le canton.

En effet, 65 % (soit 193 822) des électeurs zurichois se sont prononcés

contre la proposition de séparer l’Eglise et l’Etat. En revanche, 35 % (105

452) ont voté en faveur de la proposition.

Si l’on compare ces chiffres à ceux enregistrés lors d’un précédent

référendum organisé dans le canton de Zurich en 1977 – à l’issue duquel 27

% des électeurs s’étaient prononcés en faveur d’une séparation entre

l’Eglise et l’Etat – on note une augmentation des voix en faveur de la

séparation.

Le référendum du 24 septembre avait été décidé à l’issue d’une campagne

menée par des groupes de droite, irrités par la position de l’Eglise

protestante sur certaines questions politiques controversées, telles que la

politique d’asile et le statut de l’armée suisse.

Le partisans d’une séparation entre l’Eglise et l’Etat s’élevaient aussi

contre le fait que l’Eglise de Zurich bénéficie de l’impôt ecclésiastique

prélevé par l’Etat non seulement sur les personnes mais aussi sur le

commerce et l’industrie.

La constitution fédérale de la Suisse donne à ses 23 cantons des pouvoirs

considérables en matière de législation et sa tradition de démocratie

directe donne aux citoyens suisses le mot final en ce qui concerne

certaines décisions politiques.

Ruedi Reich, président de l’Eglise protestante zurichoise, et René

Zihlmann, président de la Commission centrale catholique romaine, se sont

tous deux félicités de l’échec de l’initiative qui avait conduit au

référendum.

Pour Ruedi Reich, le résultat a bien confirmé la relation – «qui a fait ses

preuves» – existant entre l’Eglise et l’Etat, mais ce résultat indique

aussi clairement que des réformes sont nécessaires.

Il y a trois Eglises nationales dans le Canton de Zurich: l’Eglise

réformée, l’Eglise catholique romaine et l’Eglise vieille-catholique.

Toutes trois ont déclaré qúelles voulaient revoir la relation existant

entre l’Eglise et l’Etat.

R. Reich a précisé que son Eglise envisageait d’abord une réforme des

relations entre l’Eglise et l’Etat à Zurich, en faisant référence à la

proposition visant à donner à la communauté juive de Zurich un statut

semblable à celui des grandes Eglises, et aussi des changements internes au

sein de l’Eglise – concernant entre autres le salaire versé aux pasteurs,

et le développement des activités sociales de l’Eglise.

Il reste encore à voir si cela sera suffisant. Le journal Neue Zuercher

Zeitung souligne dans un éditorial qú»une réforme totale et absolue», tout

comme des «mesures cosmétiques, telles que l’utilisation des contributions

ecclésiastiques prélevées sur les personnes morales à des fins sociales»,

devraient être évitées. Selon le journal, l’impôt ecclésiastique sur les

personnes morales (entreprises) devrait être aboli.

Il était difficile de prévoir l’issue du référendum, car la campagne qui

l’avait précédé avait été très animée et avait suscité certaines

controverses – entre autres, lorque l’Eglise a précisé qúun pasteur réformé

du canton de Zurich recevait un salaire moyen de 140 000 francs suisses

(environ 560 000 francs franc,ais) par année.

L’Eglise et l’Etat des cantons de Neuchâtel et de Genève sont déjà séparés

selon des lignes proches de celles réclamées par les auteurs du référendum.

Mais même dans ces cantons, l’Etat prélève une contribution ecclésiastique

sur une base volontaire, et des facultés de théologie existent dans le

cadre des universités d’Etat – l’Etat payant 80 % des salaires de

professeurs à Genève, et la totalité à Neuchâtel. (625 mots)

28 septembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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