Homélie du 18 janvier 2026 (Jn 1, 29-34)

Abbé Marc de Pothuau – Abbaye de Hauterive, Posieux, FR

Voici l’Agneau de Dieu

Nous ne sentons plus la stupeur que du provoquer cette déclaration venue de nulle part, tellement nous sommes habitués à cette exclamation liturgique. Jean-Baptiste invente en effet une expression que personnen’osera répéter après lui, avant longtemps . Jésus lui-même, s’il en assume pleinement le sens, ne se l’attribue jamais alors qu’il se donne tant de noms bizarres : Je suis la porte des brebis ou le bon pasteur. Le Baptiste serépétera le lendemain et Jean l’évangéliste, son disciple, suivra cet Agneau, pour, une fois devenu âgé, utiliser sans cesse cette image dans le livre de l’ Apocalypse en désignant le Christ.
Fulgurance du Baptise qui infusera donc lentement dans les esprits pour féconder ensuite la compréhension de la Pâque de Jésus. La mission du Serviteur souffrant annoncé par Isaïe en écho à l’agneau de la libération d’Égypte guidera l’interprétation chrétienne des Écritures. C’est aussi ce que signifie dans l’Apocalypse l’entrée triomphale de l’Agneau immolé et vivant, seul capable d’ouvrir les sceaux du livre, l’Agneau comme clé d’interprétation de toute la révélation. Voici l’Agneau de Dieu: cette déclaration éclaire toute l’histoire du Salut jusque dans la fondation du monde, précisera l’Épître de saint Pierre.

Que se passe-t-il en Jean-Baptiste lorsqu’il voit Jésus venir à lui ? Comment peut -il répéter qu’il ne le connaissait pas alors que nul mieux que lui ne le connaît? Avant même sa naissance, tressaillant d’allégresse dans le ventre de sa mère Elisabeth, il l’a reconnu. Les deux cousins ont grandi ensemble, se sont appréciés trente ans durant. On les confond sans cesse alors qu’ils sont si distincts. Au vu de ce que chacun dit de l’autre : on sent entre eux une magnifique estime mutuelle. Jésus se veut disciple de Jean; Jean se sent indigne de ce rôle. Indigne et pourtant il revendique avec force d’être l’ami de Jésus. Cette amitié fait toute sa joie, sa raison d’être . Jésus a en Jean un ami exceptionnel, son cousin, un égal presque un jumeau, bien largement au-dessus du lot des disciples.

Rencontrer quelqu’un c’est être tenu en éveil par une énigme

Rencontrer quelqu’un c’est être tenu en éveil par une énigme disait Lévinas Lorsque Jean-Baptiste voit venir à lui Jésus, l’énigme devient mystère de Dieu: l’Esprit Saint descend sur celui que désigne la voix du Père, C’est lui le Fils de Dieu! En répétant qu’il ne connaissait pas Jésus, Jean exprime la netteté de sa conscience: Jean est maintenant devant l’Inconnaissable. Il voit en son ami celui qui ne peut être connu, et les mots qu’il trouve pour nous le désigner sont révélation du mystère.

Le rôle de Jean-Baptiste est immense

Le rôle de Jean Baptiste aussitôt éclipsé par la présence du Messie pourrait sembler superflu. Il est immense en fait si on songe à leur amitié. Jean-Baptiste ne désigne pas seulement Jésus au peuple, il ne met pas seulement Jésus sur la piste de sa propre mission de porter les péchés du monde .Jean désigne le mystère de l’amitié et précisément de l’amitié fraternelle. Jean-Baptiste et Jésus rejouent et résolvent les drames des jalousies fraternelles qui ensanglantent le livre de la Genèse jusqu’à Caïn et Abel, en passant par Ismael et Isaac et surtout Esau et Jacob. Le lecteur de la Bible peut trembler quand un aîné voit son cadet comme un agneau à égorger! Mais Jean-Baptiste au lieu de jalousie va trouver sa joie à voir son cadet le dépasser en recevant toute la préférence paternelle. Cette amitié fraternelle vient enrayer le cycle infernal du fratricide .

Enfin, il n’en reste pas moins que c’est Jean-Baptiste lui-même qui sera égorgé comme un agneau silencieux pour être servi sur un plat dans un festin royal. Achevant ainsi son rôle de précurseur, il illustre aussi l’adage des anciens: L’amitié naît entre égaux, ou rend tels . Son amitié pour le Christ le configure à lui. Jean-Baptiste désigne Jésus par transparence : Jean est l’agneau qui manifeste l’agneau. Cette vérité court dans tout le Nouveau Testament. Par l’amitié au Christ, chacun le désigne en lui étant configuré, par ressemblance, par transparence. Les évangélistes eux mêmes, le taureau attribué à Matthieu, le lion à Marc, l’homme à Luc et l’aigle à Jean: ces 4 vivants qui entourent l’Agneau justement dans l’Apocalypse , désigne chacun le Christ autant que celui qui désigne le Christ en lui étant configuré. De même pour Pierre, fondation de l’Église, ou
Étienne le martyr, et tous les saints.


L’ami de Jésus lui ressemble et c’est ainsi seulement qu’il le montre. Et vous, quel aspect de Jésus montrez-vous ? Ce qu’est Jésus pour vous, c’est ce visage du Christ que vous manifestez au monde.

2e dimanche ordinaire
Lectures bibliques : Isaïe 49, 3, 5-6; Psaume 39; Jean 1, 29-34


Homélie du 11 janvier 2026 (Mt 3, 13-17)

Abbé Boniface Bucyana – Eglise Saint-Joseph, Lausanne

Un Dieu qui se fait baptiser par sa créature faible et pécheur ! Un Dieu saint qui est lavé dans les eaux sales du Jourdain ! Un Dieu tout grand qui s’abaisse pour faire comme tout le monde ! Un Fils de Dieu qui choque et surprend pour révéler et réveiller ! Un baptisé qui purifie l’eau au lieu d’en être purifié ! Le baptiste découvre que le Sauveur arrive parmi nous, pour nous, en nous et rien de nous ne lui est étranger !

Au catéchisme, on nous a appris que le baptême était aussi pour nous purifier de nos péchés et leurs séquelles. Bien sûr, il nous incorpore aussi dans l’Eglise, famille des enfants de Dieu. Alors pourquoi, Jésus se fait-il baptiser, Lui qui est sans péché, Lui qui est plutôt l’Agneau de Dieu qui enlève tous les péchés du monde ! Son baptême que nous célébrons en ce dimanche qui suit le temps de Noël, est un baptême de révélation : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute ma joie », déclare la voix du Père. L’enfant de Noël est révélé comme enfant de Dieu Père en qui il se complait, dont il est fier. C’est le baptême, signe d’appartenance au Père et de relation d’un Dieu trinitaire, du Père, du Fils et de l’Esprit Saint symbolisé par la colombe.

Baptisé pour être envoyé

Ce baptême inaugure aussi la mission publique de Jésus. Cela nous rappelle qu’on n’est pas baptisé juste pour soi-même, mais pour être envoyé, pour une mission divino-humaine. Au nom de notre baptême, à l’exemple du Christ, nous devons être des serviteurs fidèles de cette mission, dite mission baptismale. Et notre service, comme le suggère le prophète Isaïe dans la première lecture, nous oblige à proclamer le droit, la justice, à être la lumière des nations, éclairer tous sans frontières, ouvrir les yeux des aveugles. Pour cela nous devons d’abord ouvrir les yeux de notre cœur pour rester attentifs, disponibles aux attentes de Dieu et celles de nos semblables.

Nous laisser éclairer par l’Esprit Saint

Mais comment proclamer le droit en vérité dans un monde où la volonté de puissance nous laisse sans voix ? Comment offrir les lois de Dieu, la loi d’amour devant la loi du plus fort qui sème la violence et la mort ? Comment ouvrir les yeux des aveugles alors que nous sommes nous-mêmes aveugles ? Autrement dit, nous sommes invités à éviter d’être des aveugles qui veulent guider d’autres aveugles.
Par notre baptême, nous devons nous laisser éclairer par la lumière de l’Esprit Saint pour être des portes flambeaux du Christ, c’est-à-dire ses témoins, les témoins de l’amour de Dieu miséricordieux qui pardonne tous les péchés, et rend les pécheurs sans péché s’ils le demandent et l’accueillent, par et dans la foi baptismale.

Notre mission baptismale, comme nous le rappelle les actes des apôtres, est aussi prophétique, c’est-à-dire parler du Dieu juste et impartial, dire qu’il accueille celui qui le vénère et dont les œuvres sont justes, parler en son nom sans peur, annoncer la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ qui est Seigneur de tous, Roi et Serviteur qui ne méprise, n’écrase, ne condamne personne, Prince de la paix qui peut faire taire les sirènes de la guerre. Il guérit tous les maux et répand le bien là où le mal risque de pulluler dans l’indifférence totale, le mal de la division et la confrontation, le mal de la corruption etde l’exploitation, le mal du mensonge et de la manipulation.

Le baptême de Jésus rapporté dans l’évangile de Matthieu, nous révèle l’appartenance, comme Fils du Père, dans la communion de l’Esprit Saint. Cela fonde notre appartenance lorsque nous sommes baptisés au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Le signe de croix, signe d’appartenance rappelle que nous sommes fils et filles du même Père, enfants de la même famille, que par le Fils de Dieu nous devenons frères et sœurs pour une fraternité universelle, que par l’Esprit Saint nos esprits sont reliés à Dieu et que la sève divine coule dans nos veines pour nous purifier, nous sanctifier pour être plus spirituels, nous rendre meilleur parce que nous valons mieux et plus que nous sommes. Et comme dit l’écriture, dans la vie comme dans la mort, tous nous appartenons au Seigneur, au Maître de la vie qui s’est offert pour tous.

Tenir debout malgré l’opacité des ténèbres de la mort

Justement, le baptême du Seigneur préfigure son baptême sauveur où il est plongé dans la souffrance et la mort pour resurgir vivant et révéler qu’au nom de l’amour la vie reste plus fort que la mort. Aujourd’hui, au moment où la tragédie de Crans-Montana nous écrase, nous aplatit au-delà de notre pays, la voix retentit pour couvrir nos cris, notre colère, nos révoltes pour nous dire : « Morts ou vivants vous êtes mes enfants bien-aimés ». Et le Christ, le saint, le juste, qui a souffert, qui est mort injustement nous souffle discrètement « je suis là, dans ces silences assourdissants ». Il offre respectueusement sa compassion à tous ceux qui souffrent, sa proximité avec les blessés, les survivants, les parents, les proches afin qu’ils continuent à croire en la vie, et non en la mort, pour tenir debout malgré l’opacité des ténèbres de la mort. Le baptême du Seigneur nous rappelle que la souffrance et la mort ne doivent pas avoir le dernier mot, qu’au bout de la nuit, il ne doit pas y avoir la nuit, qu’au bout de la vie il n’y a pas la mort, mais la Vie au-delà de nos horizons si courts et obscurcis par la douleur extrême. Nous devons continuer à croire en la vie continuer à vivre la vie que ces jeunes nous laissent sinon nous risquons d’être des morts vivants et ce n’est ce qu’ils nous souhaitent là où ils sont.

À l’exemple du Christ, vivons notre compassion au nom de la vie qui nous est tous prêtée et que nous partageons malgré nos fragilités, notre impuissance devant des épreuves énormes. C’est donc dans la solidarité humaine, dans le respect de tous ceux qui souffrent et dans l’humilité devant l’incompréhensible, dans le silence présence que nous devons nous incliner devant les décédés, porter dans nos cœurs et nos pensées les blessés et ceux qui les accompagnent. Bref, pour être serviteur humble de Dieu parmi son peuple et solidaire avec l’humanité restons vivants aussi pour les autres, serviteurs de toute vie, témoins de la compassion du Christ auprès de tous ceux qui souffrent dans leur chair, dans leur cœur et dans leur esprit. Ravivons la foi de notre baptême, la foi en la vie qui se reçoit et qui se donne que nous célébrons en chaque eucharistie.
Amen.

Fête du Baptême du Seigneur
Lectures bibliques : Isaïe 42, 1-7; Psaume 28; Actes 10, 34-38; Matthieu 3, 13-17

Homélie de l’Epiphanie, 4 janvier 2026 (Mt 2, 1-12)

Abbé Etienne Catzeflis – Café du Col de Torrent, Villaz/Evolène, VS

L’Epiphanie : Reprenons donc les lectures pour entrer dans ce mystère.
C’est d’abord un climat sombre qui force une promesse : « Debout Jérusalem, voici Ta lumière », écrivait le prophète Isaïe.
En réalité, c’est à cause de la morosité ambiante que le prophète est chargé de redonner courage. Toutes les expressions de lumière qui figurent dans cet extrait ne relèvent pas de l’euphorie d’un peuple mais au contraire, d’un découragement !

Impression d’être dans un tunnel, « mais au bout, il y a la lumière »

Malgré leur libération de l’exil à Babylone, les voici de retour au pays, dans le marasme et dans diverses difficultés avec la population qui s’y est installée pendant leurs 50 années d’absence. On a l’impression d’être dans un tunnel. Ne vivons-nous pas aussi cela, non seulement avec le drame de Crans-Montana, mais avec tout l’horizon sombre de paix menacée, de changement climatique, etc ?
« Mais au bout, il y a la lumière », affirme Isaïe : « Les nations marcheront vers ta lumière, apportant leurs offrandes d’or et d’encens. Lève les yeux. Regarde autour de toi. »

L’univers entier sera un jour réuni en Christ

Avec le psaume la promesse précise quelle est cette lumière. Depuis toujours, on rêve d’un roi qui apporte richesse et prospérité pour tous., d’un bout de la terre à l’autre. Promesse d’un roi, qui sera à l’image de Dieu

Que dit Paul dans sa lettre aux chrétiens d’Ephèse ? Il a justement la charge d’annoncer que l’univers entier est réuni sous un seul chef, le Christ, ce roi de justice et de paix. Il écrit : « Les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus. Par l’annonce de l’Évangile ».
Quand nous disons que ta volonté soit faite, dans le Notre-Père, c’est de ce projet de Dieu que nous parlons.
Cela ne concerne donc pas seulement les Juifs, mais l’humanité tout entière. L’univers entier sera un jour réuni en lui, le Christ.

Le père Domergue, Jésuite explique :
« S’il y a un peuple élu, c’est entre autres pour nous faire comprendre que l’amour n’est pas global mais s’adresse à chacun comme s’il était seul au monde. Israël n’est pas choisi pour lui-même. « Si Israël a été choisi en premier, c’est pour que nous comprenions qu’il s’agit ici d’amour. Or l’amour à moins de devenir totalement abstrait, ne s’adresse pas à des masses prises en bloc, mais à un être choisi. C’est bien ce qui arrive à Israël.
Mais voici qu’avec le Christ, cet amour s’adresse à tous les hommes. Comme il s’est adressé au peuple élu. Chacun est connu et appelé par son nom, ce qui revient pour lui à sortir de l’anonymat. » C’est grâce à l’INCARNATION : Dieu, en son Fils, rejoint tout homme.
Ainsi, chacun des mages garde sa particularité, et offre un cadeau différent. Mais ils sont unis dans la même démarche, l’adoration de l’enfant.

C’est une mystérieuse étoile qui conduit les mages.
A ce propos, Philippe Lefebvre, bibliste dominicain, rappelle un verset du livre de la Genèse : « Au beau milieu de la semaine de la création, Dieu crée le soleil et la lune et les étoiles, pour qu’ils « servent de signes pour les rencontres ». (Gn 1,14)
Ces astres n’ont pas à être adorés, mais ils servent de signes pour les rencontres. Signe, désigne souvent dans la Bible un lieu et un temps où Dieu se manifeste
Quant au terme traduit par rencontre, il renvoie d’habitude aux fêtes du calendrier, où le peuple est appelé à rencontrer son Dieu plus intimement. Ce que vont vivre nos mages aujourd’hui.

Il est vrai que les mages n’ont pas bonne presse en Israël. Dans la Bible, mage est souvent associé à devin. Les mages ont des pratiques que la loi de Dieu réprouve. Ils consultent en effet le soleil, les étoiles, comme si c’étaient des divinités. Ces mages d’Orient sont inquiétants au premier abord.

Les mages sont incapables de trouver, seuls, la clé de leur recherche

Or, l’aventure des Mages participe à nous ouvrir les yeux.
D’abord, même si des vérités qui nous concernent intimement peuvent nous venir d’ailleurs, par des chemins inattendus comme par ces mages – le roi des Juifs, qui vient de naître ; nous sommes venus nous prosterner devant lui – , il n’en reste pas moins que ceux-ci, ces mages, sont des personnes incapables de trouver, seules, par elles-mêmes la clé de leur recherche. Ils ont besoin des indications des chefs des prêtres et des scribes d’Israël.
C’est un paradoxe récurrent, qui survient encore souvent aujourd’hui, comme l’avait annoncé le Christ : beaucoup des membres du peuple élu, « disent et ne font pas » (Mt 23, 1-3) ; ils « connaissent », mais n’agissent pas en conséquence. A notre tour, puissions-nous être bien conscients, en tant que chrétiens, que nous sommes porteurs d’un Trésor qui nous dépasse, car Dieu veut nourrir la soif du monde, et que ce Trésor est à livrer au monde humblement, même si bien souvent nous ne sommes pas à la hauteur du cadeau de Dieu.

Mais revenons aux mages : Ils viennent adorer le Christ. En réalité, là, c’est le Christ qui les rejoint, roi de l’univers. Les mages gardent leurs particularités. A la fin, ils rentrent chez eux, probablement, pour retourner à leur occupation habituelle. Mais par un autre chemin : tout demeure semblable et pourtant, tout est différent.

EN CONCLUSION :
il est bon de se rappeler que Dieu emprunte les chemins mêmes de l’homme, qui sont parfois bien tortueux, pour arriver à le conduire à bonne destination.
– Par exemple, les Israélites se sont donnés un roi, contre la volonté de Dieu (1Samuel 8,4-9). Or Dieu s’est servi de cela pour annoncer la promesse du Messie (de la descendance de David).
– Ou encore, Salomon, fruit de l’adultère de David, devient ancêtre de Jésus. Même le mal est asservi par l’amour, en fin de compte pour procurer le bien. (Marcel Domergue). N’est-ce pas dire que « l’univers entier est réuni sous le Christ » ?
L’Esprit de Dieu va d’une extrémité à l’autre pour investir celui qui est le plus contraire. Si donc c’est par leur pratique divinatoire, que ces mages viennent en fin de compte adorer le Christ, cela nous amène à notre tour à garder beaucoup de retenue dans nos jugements hâtifs à l’encontre de pratiques qui ne nous sont pas habituelles dans notre monde occidental.
Avant de peindre trop vite le diable sur la muraille, savons-nous d’abord relever l’effort
– de tous les hommes « en recherche » (comme les mages) pour comprendre « ce que signifie le fait d’être là (exister) ?
– de tous les scientifiques, philosophes, artistes,
– de tant d’hommes et de femmes doués d’un don de guérison (pour stopper une hémorragie, lutter contre une brûlure) ou de connaissance, cherchant à soulager leurs frères et sœurs. Peut-être sans même savoir qu’ils peuvent être le jeu de forces occulte.

Pour ces hommes de bonne volonté, il y a cette lueur, cette étoile qui conduit au Christ.

Epiphanie du Seigneur
Lectures bibliques : Isaïe 60, 1-6; Psaume 71; Ephésiens 3, 2-6; Matthieu 2, 1-12