Mgr Karl-Joseph Rauber, nonce apostolique en Suisse
APIC – Invité
L’Eglise de l’avenir
Berne, 8février(APIC) Si l’on veut parler de l’avenir de l’Eglise, il
faut d’abord se demander ce qu’est vraiment l’Eglise. L’Ecriture Sainte et
le Concile Vatican II nous apportent la réponse. Nous sommes tous l’Eglise,
le pape, les évêques, les prêtres, les personnes consacrées et les laïcs.
L’Eglise est une dans l’Esprit, dans une diversité vivante. Elle est une
structure ordonnée pour correspondre à la variété et la diversité des charismes et à la responsabilité du magistère. Dans l’Eglise il n’y a pas de
ministère sans communauté de croyants.
Dans le deuxième chapitre de la Constitution sur l’Eglise «Lumen Gentium» du Concile Vatican II, la priorité absolue de ’l’être chrétien’ sur
n’importe quelle organisation, même si celle-ci est garantie par la tradition apostolique et le droit divin, est affirmée. La signification de la
dignité du baptême et de la mission des confirmés sont approfondies. Le sacerdoce commun des croyants trouve une nouvelle place. La participation de
tous les chrétiens au triple ministère de Jésus Christ est l’assurance que
tous – même si la manière est différente – ont part à l’accomplissement de
la vie de l’Eglise. L’imbrication et le lien mutuel de toutes les tâches
significatives font que tous les chrétiens participent aussi bien à la
construction de l’Eglise qu’à sa mission dans le monde.
Le ministère dans l’Eglise est service
Selon la définition d’un théologien moderne, l’Eglise est «la communauté
des croyants qui par leur vie rendent témoignage à Dieu, le reconnaissent
et le vénèrent comme seul fondement de leur existence, mettent les biens de
sa création au service du prochain par la justice, la paix et l’amour, et,
dans la communauté de l’Esprit, se rassemblent derrière leurs chefs légitimes». Si l’on admet cette définition, il faut réfléchir sur le magistère
dans l’Eglise et sur les rapports entre l’autorité et l’obéissance. Il
ressort clairement de l’Evangile que le ministère dans l’Eglise est avant
tout service. Qui parle de ministère doit parler au nom de Jésus Christ,
dans sa perspective de service, pour le salut de l’homme, comme voix de ses
frères chrétiens et non seulement comme le haut-parleur de l’opinion dominante. Si tel n’est pas le cas, beaucoup peuvent ressentir l’impression que
la hiérarchie s’identifie de façon arrogante et autoritaire avec l’Eglise
elle-même, a un point tel que la réalité de l’Eglise et de la hiérarchie se
confondent dans le mot déformé d’Eglise hiérarchique.
L’alternative proposée par Jésus pour sa communauté prévoit qu’un homme,
qui n’est pas supérieur aux autres, assume une tâche de responsabilité et
de direction parmi les siens. Il apparaît donc fondé à partir de là que
l’on renonce de plus en plus dans l’Eglise à utiliser le mot de ’hiérarchie’. Le contenu effectif qui s’y rattache est exprimé de manière authentique dans l’expression du Concile ’service du ministère’ (ministerium).
Cette expression contient aussi un nouveau rapport entre autorité et obéissance dans l’Eglise.
Lorsqu’on parle d’autorité dans l’Eglise, il faut toujours penser
d’abord et essentiellement à l’autorité du Christ. Cette autorité contient
une exigence – liée à la liberté de chaque être humain – envers
l’obéissance à un idéal de vie véritable dans l’Eglise et dans sa vie
personnelle, à travers une éducation et une direction. L’autorité
ecclésiale est substantiellement une autorité fraternelle. Elle ne génère
pas de catégories inférieures ou supérieures mais elle se situe bien
davantage entre frères et soeurs. Cela signifie une attention de même
niveau envers l’autorité supérieure du Christ, maître et enseignant. De là
ressort le juste modèle dans la vie de l’Eglise de l’ordre et de
l’obéissance. Commander dans l’Eglise signifie porter la responsabilité de
prendre des dispositions pour ce qui est le bien de tous, ce qui correspond
au vouloir profond des membres vivants, finalement ce qui répond à la
volonté de Dieu, ce qui résulte de l’effort de reconnaissance commun de
tous les membres prêts à collaborer. Des membres qui de leur côté
reconnaissent au pasteur qui les dirige la compétence pour le faire.
L’autorité dans l’Eglise est, comme le dit Vatican II, le service des
croyants. Dans une Eglise de fraternité les attentes des gens d’aujourd’hui
rencontrent les exigences de l’Evangile. A travers les décisions des
personnes chargées de la direction dans l’Eglise les autres membres ne sont
déchargés ni de leur collaboration ni de leur responsabilité.
L’information appartient aussi à l’obéissance
La confiance est un élément constitutif de l’obéissance totale. La confiance mutuelle est tout simplement indispensable pour créer une atmosphère
d’attention réciproque, nécessaire à fonctionnement correct de l’autorité
et de l’obéissance. L’obéissance entre personnes adultes est un acte de
soumission à la volonté de l’autre, parce que celui-ci personnifie un ordre
objectif ou un ordre de valeurs et parce que cet ordre en soi est fait dans
le discernement. Cela ne va pas sans une information suffisante. Là ou cette information est retenue, la confiance subit une crise, l’accord entre
l’autorité et l’obéissance ne fonctionne plus et l’ordre lui-même en souffre. Dans la pratique, cela signifie que les membres de l’Eglise doivent
être associés aux processus de décisions autant que possible, d’autant plus
qu’ils ont à porter et à avoir la responsabilité conjointe de ces décisions.
Aujourd’hui, on confie de plus en plus à des laïcs des responsabilités
ecclésiales. Par ailleurs nombre d’activités de notre Eglise tournent presque sans fin autour de conseils, organes, fonctions et institutions. Les
laïcs courent le risque de devenir des professionnels. Les laïcs en raison
de leur baptême et de leur confirmation doivent réaliser la présence chrétienne dans le monde auquel ils sont concrètement liés. Il est déterminant
que l’élément chrétien puisse apparaître à travers le savoir professionnel.
Que l’on songe seulement à la signification de la science, de la médecine,
de la littérature, de la politique, de l’art, de l’économie et des médias.
Cela vaut de façon semblable pour les divers conseils, groupements et
autres instances. Où est le souci de la création et de la culture, du monde
du travail et de l’éducation, du devoir social et de la forme politique de
notre vie en commun? De grandes chances pour un témoignage commun des chrétiens séparés par le fossé de la division confessionnelle résident dans
dans la reprise de ces champs d’activité.
L’Eglise de l’avenir comme une communauté fraternelle
L’Eglise de l’avenir, selon l’Ecriture Sainte et le Concile Vatican II,
se présente comme une communauté fraternelle, comme peuple de Dieu où il y
a certes différents ministères et niveaux d’autorité, mais qui tous ont un
caractère de service. Il n’y a pas d’autre ordre supérieur, selon les
orientations données par l’Esprit du Christ, qui doive être porté dans la
responsabilité commune et la confiance réciproque. Sans remettre en question les sacrements, le service sacerdotal, le service de l’autorité et de
l’enseignement, tous les chrétiens, en tant que baptisés et confirmés doivent prendre à nouveau conscience de leur participation au ministère magistériel, pastoral et sacerdotal du Christ et prendre au sérieux leur mission
dans l’Eglise et dans le monde. Comme le Christ, qui, selon la parole du
patriarche Siméon, «est un signe qui sera contesté», ainsi son corps mystique, l’Eglise est un tel signe. Lors de tous les efforts en vue de son unité, elle souffrira à l’avenir plus qu’auparavant de l’opposition
irreconciliable entre le règne de Dieu et celui du père du mal et de la
tentation. (apic/rb/oe/mp)
Rassemblement oecuménique mondial pour la justice, la paix (150290)
APIC-Invité
et la sauvegarde de la Création à Séoul du 5 au 12 mars
«L’un des plus ambitieux projets jamais entrepris par le COE»
Par le pasteur Théo Buss, attaché de presse du Département de communication
du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève
Genève, 15février(APIC/Théo Buss) Plus de mille personnes s’apprêtent à
tenir du 5 au 12 mars dans la capitale sud-coréenne, Séoul, au milieu du
village olympique, le Rassemblement mondial pour la justice, la paix et la
sauvegarde de la création (JPSC). Les menaces qui pèsent sur la survie de
la planète y seront analysées et les délégués dépasseront leurs différences
pour s’engager concrètement en faveur du désendettement des pays déshérités, de la démilitarisation et d’un coup d’arrêt à «l’effet de serre». Contrairement à ce qui s’était produit à Bâle en mai 1989 lors du Rassemblement oecuménique européen «Paix et Justice», l’Eglise catholique romaine
n’enverra pas de délégués officiels, mais seulement vingt consulteurs. (*)
On attend à Séoul, sans compter les journalistes, plus de 800 participants, 500 délégués votants, dont 300 représentants officiels des Eglises
membres du Conseil Oecuménique des Eglises, d’autres Eglises, d’organisations et mouvements oecuméniques, ainsi que des invités, des conseillers et
des représentants d’autres religions.
Le 13 février, 160 journalistes étaient déjà accrédités, sans compter
les médias coréens. Avec le personnel du COE, on compte au total plus de
1’000 participants. Les délégués suisses, qui représentent la Fédération
des Eglises Protestantes de la Suisse (FEPS), sont Madeleine Strub-Jaccoud,
coordinatrice du Comité oecuménique suisse JPSC, et le pasteur Pierre Genton, membre du Conseil de la FEPS. Parmi les vingt consulteurs catholiques
romains figurent trois personnalités genevoises : Mgr Amédée Grab, évêque
auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, Nicolas Buttet, collaborateur du bureau JPSC du COE et Patrick de Laubier, professeur de
sociologie à l’Université de Genève.
Un processus comparable à un «concile itinérant»
«Le processus conciliaire sur la justice, la paix et la sauvegarde de la
création est l’un des plus ambitieux projets jamais entrepris par le Conseil Oecuménique des Eglises (COE)», a déclaré son secrétaire général, Emilio Castro. «J’espère que ce projet aura un retentissement comparable à celui de la Conférence mondiale d’Eglise et société, tenue à Genève en 1966».
Ce processus, comparable à un concile itinérant – avec consultation permanente de la base – avait été lancé par la VIe Assemblée du COE à Vancouver, en 1983. Il associe les 307 Eglises membres du COE dans plus de cent
pays, dans un effort sans précédent pour trouver réponse à toutes les menaces qui pèsent sur la vie : inégalités socio-économiques, famine, pollution
de la terre, des eaux et de l’atmosphère, armes et énergie nucléaires,…
Déjà, hormis celle de Bâle, à la Pentecôte 1989, plusieurs réunions continentales ont eu lieu dans le Pacifique, en Asie, en Amérique latine et en
Afrique. Leurs recommandations ont été intégrées dans le deuxième projet de
document en vue de Séoul. Au niveau national ou régional, des réunions se
sont déroulées en Suisse (Kirchentag zurichois), en République fédérale
d’Allemagne, en République démocratique allemande, aux Pays-Bas, au Lesotho, au Ghana, à Tonga, à Fidji, en Equateur,…
Les femmes et les jeunes tiendront des rassemblements préalables à Séoul,
où les Eglises organiseront aussi un grand forum populaire pour associer
les Coréens à ces assises mondiales.
«Entre le déluge et l’arc-en-ciel»
«Entre le déluge et l’arc-en-ciel», tel est le titre du deuxième projet
de document qui sera soumis aux participants à Séoul. Sur 50 pages, ce document aborde dans une première partie les méfaits de l’injustice et de la
violence, la désintégration de la Création, ainsi que l’étroite interdépendance des différents aspects de la crise actuelle. Il propose de renforcer,
face à ces graves problèmes, la «communauté d’alliance» que forment tous
les chrétiens. La deuxième partie du document affirme la souveraineté de
Dieu sur tous les peuples et toutes les facettes de la Création. C’est dans
la troisième partie que sont esquissés les trois actes d’engagement concret
qui seront proposés aux délégués dans les trois domaines d’un ordre économique juste, de la démilitarisation et de l’abolition des causes de l’»effet de serre».
La présidente du Comité préparatoire du Rassemblement de Séoul, la Suissesse Marga Bührig, l’un des sept présidents du COE, a exprimé l’espoir que
ce sommet d’Eglise entérinera une nouvelle doctrine de la Création, où
l’être humain ne s’arrogera plus le droit de «dominer» et d’exploiter la
nature, mais s’en fera le fidèle intendant, soucieux de sa conservation
pour les générations à venir.
La participation catholique
A l’origine, le Comité central du COE avait convié le Vatican à être coinvitant et co-organisateur du Rassemblement mondial pour la justice, la
paix et la sauvegarde de la création, invitation que le Saint-Siège avait
déclinée, précisant que «la nature différente des deux organismes, l’Eglise
catholique et le COE, a constitué une des difficultés pour l’acceptation de
l’invitation». Puis la proposition avait été faite à l’Eglise catholique
romaine d’envoyer 50 délégués avec droit de vote sur 550. En novembre 1989,
le Vatican déclinait cette offre, annonçant qu’il n’enverrait que vingt
consulteurs qui n’auront pas le droit de vote. Le pasteur Emilio Castro a
déclaré au sujet de ce recul du Vatican : «le COE regrette que l’Eglise
catholique romaine, après sa décision de n’être pas co-invitante au Rassemblement, juge aujourd’hui impossible d’envoyer le nombre attendu (50) de
frères et soeurs catholiques romains comme participants réguliers au Rassemblement mondial JPSC, mais limite au contraire sa présence à vingt consulteurs».
Situation particulière des Eglises de Corée
Contrairement aux autres pays asiatiques, la Corée compte une forte proportion de chrétiens (14 % de protestants et 3,5 % de catholiques). Engagées dans la lutte contre l’occupant japonais dans la première moitié de ce
siècle, les Eglises se sont acquis une popularité indéniable. Certains secteurs des Eglises se sont aussi élévés contre les dictatures de Park Chunghee et Chon Doo-hwan, notamment la mission industrielle et urbaine, soutenue par le COE.
Les Eglises de Corée se sentent investies d’une mission pour le monde,
tant par leur théologie populaire (Minjung, une sorte de «théologie de la
libération» asiatique) que par leurs missionnaires et leur production phénoménale de bibles : la Société biblique coréenne fait imprimer des millions de bibles dans 119 langues et pour 91 pays. Par année, elle utilise à
cette fin 420 tonnes de papier.
Pour la réunification du pays
Les Eglises protestantes de Corée du Sud ont aussi pris position clairement pour la réunification du pays. Le COE a mis en route en 1984 une procédure de rapprochement qui a déjà permis deux rencontres historiques dont
celle qui s’est déroulée en 1986 à Glion, en Suisse, où des représentants
du Conseil des Eglises de Corée et de la Fédération des chrétiens de Corée
du Nord se sont rencontrés pour la première fois depuis la guerre de Corée
(1950-1953).
Une autre première pour l’histoire oecuménique a été la présence de délégués de Corée du Nord à une réunion du Comité central du COE en juillet
1989 à Moscou.
Le mur de Berlin part en morceaux. Est-il possible d’imaginer un
processus semblable pour les deux Corées, qui sont toujours séparées au 38e
parallèle par un mur de dix mètres de haut qui court le long des 225 km de
la zone démilitarisée ?
La Corée du Nord entretient, selon l’Institut international d’études
stratégiques, 1’040’000 hommes de troupe, la Corée du Sud 650’000, dont
40’000 soldats américains. Quelque dix millions de familles coréennes
restent divisées par cette survivance de la guerre froide.
Les Eglises de Corée du Sud ont décidé de passer à l’offensive, malgré
le risque qu’elles courent à parler de la réunification. Pour 1995 – 50 ans
après la libération du joug colonial japonais, 50 ans après la partition elles proposent d’observer «l’année de jubilé pour l’unification». Pour s’y
préparer, elles mettent sur pied une campagne très étendue et célèbrent le
15 août une journée annuelle de prière pour la paix.
Une société polarisée
L’orientation pro-occidentale et anti-communiste de la République de Corée est donnée dès sa création. Son système économique est étroitement lié
au monde capitaliste. Elle a atteint le statut de pays nouvellement industrialisé, avec des taux de croissance entre 7 et 11 % par an pendant les
vingt dernières années.
La politique économique des gouvernements successifs a mis l’accent sur
l’exportation qui, entre 1965 et 1985, s’est accrue de 25 % par an en moyenne. Ce développement économique s’est fait dans une large mesure aux dépens des salariés, qui sont soumis à des conditions de travail dignes du
XIXe siècle : lieux de travail exigus, salaires si bas que les heures supplémentaires deviennent une nécessité pour survivre (selon l’Organisation
Internationale du Travail, l’OIT, l’horaire hebdomadaire sud-coréen est le
plus élevé du monde avec 54,3 heures en moyenne, avec plus de 60 heures
dans les petites et moyennes entreprises, et des pointes de 80 heures), interdiction des grèves, absence de syndicats indépendants des entreprises et
de l’Etat, absence de sécurité sociale, répression des mouvements sociaux.
Les entreprises géantes coréennes SAMSUNG, HYUNDAI, DAEWOO et LUCKYGOLDSTAR et les multinationales étrangères, japonaises, américaines, suisses, y ont en revanche trouvé leur compte, bénéficiant de très larges avantages, de zones d’exportation libérées de taxes douanières, des franchises
d’impôts,…
Politiquement parlant, la société sud-coréenne est de plus en plus polarisée. Lors des dernières élections générales, en 1987, l’ex-général Roh
Tae-woo l’a emporté avec 37 % des voix après s’être donné un profil plus
démocratique, le chef des troupes qui en 1980 ont écrasé l’insurrection de
Kwangju.
L’opposition divisée présentait deux candidats, Kim Young-sam, chef de
la deuxième formation d’opposition et Kim Dae-jung, chef du principal parti
d’opposition. Ce dernier a dénoncé comme un «coup d’Etat» déguisé l’alliance annoncée au début de 1990 entre les partis de MM. Roh Tae-woo, Kim Jongpil (président du troisième parti d’opposition) et Kim Young-sam. Le journal «Le Monde» présentait la manoeuvre ainsi dans son édition du 24 janvier
1990 : «La fusion des formations gouvernementales et centristes en un grand
parti conservateur, le Parti démocratique libéral, annoncée le lundi 22
janvier par le président sud-coréen M. Roh Tae-woo, vise à stabiliser la
vie parlementaire. Il s’agit, en instaurant un bipartisme imparfait sur le
modèle japonais, d’exclure de fait l’alternance par la création d’un parti
dominant qui monopolise le pouvoir, et qui contrôlera les trois quarts des
sièges au Parlement».
Tenir un rassemblement aussi engagé que JPSC dans un tel contexte est
une gageure, qu’ont relevée les Eglises membres du COE : l’Eglise méthodiste de Corée et l’Eglise presbytérienne de la République de Corée.
Encadré
Le Rassemblement oecuménique européen à Bâle
Organisé conjointement, sur une base paritaire, par la Conférence des Eglises européennes (KEK) et le Conseil des Conférences épiscopales européennes
(CCEE), le rassemblement européen «Paix et Justice» n’avait pas uniquement
un caractère continental, étant donné la rencontre historique, pour la première fois depuis la Réforme – certains ont dit depuis le schisme entre les
Eglises d’Orient et d’Occident en 1054 – des Eglises de tradition catholique, orthodoxe et protestante.
Du 15 au 21 mai 1989, 638 délégués ont débattu d’une déclaration finale
acceptée à la quasi-unanimité (95 %) après avoir été enrichie par une série
de remarquables orateurs. Le peuple de l’Eglise aussi était présent, ainsi
qu’en témoignent ces chiffres; le 18 mai, 5’000 pèlerins ont participé à la
«marche des trois frontières» (Allemagne, France, Suisse), proclamant : il
faut que les séparations tombent (le 9 novembre, le mur de Berlin tombait…); le culte de clôture, sur la place de la cathédrale, a réuni 9 à
10’000 personnes et il fut retransmis en Eurovision – repris par dix chaînes de télévision nationales.
Parmi les points saillants du Document final, relevons la proposition de
remettre leur dette extérieure aux pays les plus pauvres, de réduire de 50%
la consommation de combustibles fossiles dans les pays riches, et la déclaration péremptoire : «Il faut abolir la guerre en tant qu’institution».
(apic/tb/cor)




