Papouasie, le pape appelle l'Église à servir les exclus
Le pape François a exhorté le clergé et les religieux de Papouasie-Nouvelle-Guinée à soutenir les personnes victimes des « préjugés et superstitions », lors d’une rencontre à Port Moresby le 7 septembre 2024. Durant ce rendez-vous, le dernier de sa journée, le pape a entendu divers missionnaires témoignant notamment des difficultés d’évangéliser sur le territoire marqué par des mentalités tribales.
En Papouasie-Nouvelle-Guinée, Camille Dalmas, I.MEDIA
En fin d’après-midi, au lendemain de son arrivée dans l’État insulaire océanien – deuxième étape de sa grande tournée asiatique –, le pape s’est rendu à la Caritas Technical School de Port Moresby, où il rencontré des enfants de rue pris en charge par l’Église. Puis le pape a rejoint le sanctuaire voisin de Marie Auxiliatrice, animé par les religieux salésiens.
Le pape a été accueilli à l’entrée par une importante foule venant de Port Moresby mais aussi du reste de l’île, sa voiture passant au milieu de danseurs et musiciens traditionnels. Des milliers de personnes sont restées amassées devant le sanctuaire pour suivre le discours du pape sur un écran géant.
Dans cette église au chœur orné de coquillages kina, il a retrouvé des évêques de tout le Pacifique, et quelque 1’500 prêtres, diacres, religieux et catéchistes au service des 1,5 million de catholiques du pays – 27% de la population quasiment intégralement chrétienne. Gêné par quelques problèmes techniques de micro au début de la rencontre, le pape a plaisanté : « J’espère que la pastorale fonctionne mieux ».
En mission dans les zones les plus reculées
Dans son discours, le pontife a appelé ces responsables engagés à se diriger vers les périphéries citant les « milieux les plus défavorisés des populations urbaines, […] les zones les plus reculées et abandonnées ». Il a mentionné aussi les personnes « marginalisées et blessées, aussi bien moralement que physiquement, par les préjugés et les superstitions, parfois jusqu’au risque de leur vie ».
Avant le discours du pape, une religieuse d’origine suisse sœur Lorena Jenal, s’était fait la voix des victimes de sorcellerie et magie noire, racontant l’histoire d’une jeune femme torturée et mutilée au point que sa propre famille l’avait abandonnée, « par peur et honte ».
« Continuons à évangéliser, patiemment, sans nous laisser décourager par les difficultés et les incompréhensions, même lorsqu’elles surgissent là où nous aimerions le moins les rencontrer : dans la famille, par exemple », a encouragé le chef de l’Église catholique. « Proximité, proximité », a-t-il martelé par ailleurs aux religieux et aux prêtres en sortant de ses notes.
Impliquer les jeunes
Le pontife a aussi répondu à un catéchiste de 68 ans, James Etavira, qui s’attristait du manque d’engagement des jeunes dans la mission. « Je ne pense pas qu’il y ait de ›techniques’ pour cela. Cependant un moyen éprouvé est précisément de cultiver et de partager avec eux notre joie d’être Église », a assuré François.
Le pontife sud-américain a enjoint à « jeter de petites graines de bien dans les sillons du monde » même si elles semblent « minuscules ». Et de donner l’exemple des missionnaires catholiques arrivés en Papouasie au début du XIXe siècle qui « n’ont pas abandonné » malgré les difficultés.
Le pape a dressé la liste des saints et bienheureux liés à l’histoire de la Papouasie, dont les visages se dessinaient sur les vitraux de l’église : Pierre Chanel, Giovanni Mazzucconi, Peter To Rot, les martyrs de Nouvelle-Guinée, Mère Teresa, Jean-Paul II, Marie McKillop, Maria Goretti, Laura Vicuña, Zeffirino Namuncurà, François de Sales, Jean Bosco, Marie Dominique Mazzarello.
Après avoir béni la foule depuis un balcon de l’édifice, le pape François est rentré pour la soirée à la nonciature apostolique où il loge pendant son séjour. (cath.ch/imedia/cd/ak/mp)





