Le projet de désacralisation de l’église de Montbovon rencontre des oppositions
Une séance d’information sur le projet de désacralisation de l’église de Montbovon, en Gruyère, le 28 mars 2026, a fait surgir des voix contraires. Aucune décision définitive n’a encore été prise.
«Nous faisons face à la réalité d’une diminution de la pratique religieuse et d’un manque de prêtres», a relevé lors de la séance Claude Marguet, président de la paroisse Saint-Martin de Haut-Intyamon, relayé par La Liberté. Pour le responsable ecclésial, «plutôt que de laisser une église se dégrader dans l’indifférence, nous aimerions en faire un grand bâtiment vivant au centre du village, avec des activités culturelles et sociales.»
Afin de réaliser cela, l’étape d’une désacralisation est indispensable. Mais le projet a provoqué des réactions négatives parmi la trentaine de personnes présentes dans l’église Saint-Grat, le 28 mars. «L’échange est rapidement devenu vif», affirme le journal fribourgeois. Des paroissiens ont rappelé l’importance de défendre la culture chrétienne dans un monde où elle est déjà menacée. D’autres ont mis en avant l’héritage spirituel du lieu. «Cette église a été sacralisée par nos parents et il n’est pas question de revenir en arrière», a lancé un paroissien. D’autres encore ont rappelé que beaucoup d’argent avait été mis dans la rénovation de l’édifice dans les décennies précédentes.
Éviter le «scandale»
Selon Claude Marguet, la séance d’information était surtout destinée à «secouer le cocotier». «Les règles d’utilisation sont trop strictes, pour les concerts et d’autres manifestations», estime-t-il.
Le projet de désacralisation sera présenté lors de l’assemblée paroissiale, le 22 avril 2026. La décision du Conseil de paroisse sera soumise à l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), Mgr Charles Morerod. Ce dernier devra prendre en compte les oppositions.
La démarche de Montbovon a aussi la valeur de «ballon d’essai» pour l’Église, assure La Liberté. L’évêché a récemment réactualisé ses directives en matière de désacralisation. La demande doit être faite par le clergé local ou une autre autorité, puis examinée par le Conseil presbytéral. Un point important de la procédure canonique stipule qu’il faut éviter de créer un «scandale» parmi les fidèles.
Depuis 2012, une trentaine de chapelles ou d’oratoires ont été désacralisés dans le diocèse de LGF. (cath.ch/liberté/rz)





