Valais: un curé condamné pour avoir détourné les dons de soupes de Carême
Le Tribunal fédéral a rejeté, le 24 avril 2026, le recours d’un prêtre ayant officié en Valais condamné pour détournement de fonds en 2024. Originaire du Congo, l’ecclésiastique a notamment utilisé des dons faits lors de soupes de Carême pour son usage personnel.
L’ancien curé du secteur d’Hérens avait été condamné par la justice valaisanne en 2024 à une peine pécuniaire avec sursis de 90 jours-amende à 150 francs le jour (soit 13’500 francs), ainsi qu’à une amende de 1200 francs.
Après avoir introduit une demande de révision, rejetée par le Tribunal cantonal, le prêtre a contesté ce refus auprès du Tribunal fédéral. Il invoquait notamment des pressions de l’évêché de Sion qui exigeait le remboursement intégral des montants détournés. Selon lui, le diocèse agissait ainsi en raison de sa propre situation financière précaire, alors qu’il n’était pas lésé dans cette affaire.
Irrégularités dénoncées par le diocèse
Le Tribunal fédéral a débouté l’ecclésiastique sur toute la ligne, rapporte le quotidien valaisan Le Nouvelliste. Les juges ont constaté l’absence de tout élément ou fait nouveau qui aurait justifié une révision de son procès. Ils ont notamment relevé que les demandes de remboursement de l’évêché ne constituaient pas un fait nouveau.
Ce jugement met un point final à une affaire révélée en 2022. À l’époque, le Ministère public confirmait l’ouverture d’une enquête pénale visant ce curé, après que des irrégularités eurent été signalées au diocèse de Sion à la suite d’un contrôle des comptes. L’évêque de Sion avait alors dénoncé les faits.
Plus de 16’000 francs détournés
Dans le détail, le prêtre a gardé pour lui en 2019 l’argent versé par les fidèles lors de deux soupes de Carême, soit 1400 francs. Un paroissien a en outre déboursé 10’000 francs à lui seul pour soutenir un projet de dispensaire promu par le curé. Mais ce dernier a utilisé une grande partie de cette somme pour son usage personnel, ainsi que pour financer les études de sa nièce restée au pays. Quant au dispensaire, il n’était toujours pas construit à l’époque du jugement cantonal.
Le prêtre a également produit des fausses factures pour se faire rembourser plus de 5000 francs. Au total, le préjudice en lien avec les infractions commises atteint plus de 16’000 francs.
Le prêtre a quitté le Val d’Hérens avant d’exercer provisoirement dans une autre paroisse valaisanne. A ce jour, il n’exerce plus pour le diocèse de Sion. (cath.ch/nouvelliste/arch/rz)





