Évangile de dimanche: Prière de passer par la Porte...
«Je suis la porte des brebis». C’est étonnant de se désigner soi-même comme une porte, non? Et de le faire solennellement : «Amen, amen, je vous le dis: je suis la porte des brebis». Oui, c’est curieux, mais surtout, c’est heureux ! C’est la vraie grande bonne nouvelle de Pâques. On a trouvé la porte: c’est Jésus! C’est lui qui donne accès à l’enclos d’une part, au pâturage d’autre part. Voyons cela.
À l’enclos d’abord. Jésus y donne accès et personne d’autre. Surtout pas ces bandits et ces voleurs de pharisiens pointés du doigt par Jésus dans les premiers versets de notre évangile. Oui, pour entrer dans l’enclos, il faut passer par la porte qu’est Jésus. Cela vaut d’abord et surtout pour ceux qui ont mission de mener le troupeau. Ils doivent passer par Jésus. Le Christ ressuscité, au bord du lac de Tibériade, prendra le temps de bien le signifier à Pierre au moment où il l’établit chef de l’Église.
«Le pasteur est le portier qui s’efface pour faire entrer celui qui est Porte et Unique Pasteur»
Par trois fois, en effet, il met en lien l’amour de l’apôtre pour son Seigneur avec la guidance du troupeau: «Pierre, m’aimes-tu?», «Pais mes brebis». Tout pasteur dans l’Église doit servir le troupeau au nom de Jésus, par amour pour lui. Entre lui et ceux qu’il sert, il y a Jésus aimé et transmis dans sa Parole, dans les sacrements et par le témoignage d’une vie illuminée et transformée par l’évangile.
Le pasteur est le portier qui s’efface pour faire entrer celui qui est et la Porte et l’Unique Pasteur. C’est tellement important, que Jésus, dans son discours, proclame avec la même solennité qu’il est la porte et que ceux qui escaladent la bergerie par un autre endroit que par la porte sont des intrus : «Amen, amen, je vous le dis: celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte (…) celui-là est un voleur et un bandit».
«La voilà la porte: cette pierre roulée qui n’a pu résister à l’irruption de la vie du Ressuscité»
Jésus donne accès à l’enclos et il donne aussi accès au pâturage: «Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra entrer et sortir et trouver un pâturage». Il devient alors très intéressant de trouver cette porte pour la franchir. À quoi ressemble-t-elle? Est-elle cette porte étroite dont l’évangile parle ailleurs? Une hymne du temps de Pâques a ces mots: «Et vous qui cherchez un tombeau scellé, voyez ce portail ouvert sur la Vie».
La voilà la porte: cette pierre roulée qui n’a pu résister à l’irruption de la vie du Ressuscité. Le Christ vainqueur de la mort a forcé l’ouverture par le don de sa vie, il a mis à terre les portes de l’enfer pour nous donner accès au Royaume de son Père, à ces prés d’herbe fraîche dont parle le psaume 22.
«Le bon larron a été le premier à franchir cette porte étroite…»
Le bon larron a été le premier à franchir cette porte étroite qui lui a ouvert le paradis, le jour-même, par l’acte de foi qu’il a posé en Jésus pourtant supplicié comme lui sur la croix. Thomas a accédé à la foi dans le Ressuscité en voyant ses plaies, véritables portes vers la révélation de l’amour fou de Dieu pour nous.
Telle est la Porte: à la fois grande ouverte à cause de la miséricorde de Dieu, et étroite et resserrée comme le fut le passage de la mort pour le Christ en croix. Elle ouvre sur la vie et la joie. En toute circonstance, passons donc par la Porte et indiquons-la!
Sœur Anne-Sophie, op | Vendredi 24 avril 2026
Jn 10, 1-10
En ce temps-là, Jésus déclara :
« Amen, amen, je vous le dis :
celui qui entre dans l’enclos des brebis
sans passer par la porte,
mais qui escalade par un autre endroit,
celui-là est un voleur et un bandit.
Celui qui entre par la porte,
c’est le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre,
et les brebis écoutent sa voix.
Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom,
et il les fait sortir.
Quand il a poussé dehors toutes les siennes,
il marche à leur tête,
et les brebis le suivent,
car elles connaissent sa voix.
Jamais elles ne suivront un étranger,
mais elles s’enfuiront loin de lui,
car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »
Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens,
mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole :
« Amen, amen, je vous le dis :
Moi, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi
sont des voleurs et des bandits ;
mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte.
Si quelqu’un entre en passant par moi,
il sera sauvé ;
il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr.
Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie,
la vie en abondance. »
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