Suisse: Toujours davantage de laïcs appelés à devenir responsables de paroisses

APIC enquête

Le «röstigraben» existe aussi en pastorale

Bernard Bovigny, de l’agence APIC

Fribourg, 8 novembre 2002 (APIC) Ils baptisent, président la célébration du dimanche et se trouvent à la tête d’une paroisse catholique. A la question: «Etes-vous Monsieur le curé?», ils répondent parfois «oui», de guerre lasse. Ils sont souvent mariés, pères ou mères de famille. On les appelle «Gemeindeleiter» et la plupart d’entre eux, en Suisse, se trouvent dans le diocèse de Bâle, où plus de 30% des paroisses sont confiées à des diacres ou des théologiens laïcs, hommes ou femmes.

Manfred Ruch, 47 ans, est marié et père de deux enfants. Il travaille depuis 1996 à la paroisse Ste-Marie, dans le quartier nord de Berne. Dès son entrée en fonction, il est désigné responsable de l’équipe pastorale, formée de deux autres théologiens laïcs, un animateur de jeunes, une catéchiste et une travailleuse sociale. Il reçoit alors une autorisation de baptiser de la part de Mgr Kurt Koch, son évêque. Il anime régulièrement des célébrations de la parole le dimanche matin, préside les enterrements, ainsi que les mariages. En bref, il accomplit les mêmes charges qu’un curé sans en avoir le titre. Sa fonction est désignée par le terme «Gemeindeleiter», qui n’a pas son pareil en français. Et pour cause: si 81 théologiens, 27 théologiennes et 50 diacres assument la responsabilité d’une des 519 paroisses du diocèse de Bâle, cette fonction est encore inconnue en Romandie, où seules quelques situations de «répondants laïcs» ou de «co-responsables» ont été mises en place par les évêchés et vicariats épiscopaux.

Situation de crise à Berne

Dans le décanat de Berne, sur les 14 paroisses de langue allemande, seules 5 sont dirigées par un prêtre. Deux d’entre eux sont proches de la retraite. «Il n’y a pas d’autre solution que de confier la responsabilité de communautés à des laïcs», commente Manfred Ruch.

La majorité des catholiques de Berne se trouvent donc depuis plusieurs années en face de laïcs accomplissant la plupart des services dévolus aux prêtres. «Et pour l’immense majorité des paroissiens, cela ne pose absolument pas problème», assure Manfred Ruch. Tout au plus, rencontre- t-il parfois des regards de surprise lorsqu’un fidèle constate que le président de la célébration est marié et père de famille. «Lors des préparations de baptême ou de mariage, les choses sont clarifiées d’entrée. Le plus pénible, c’est lorsque l’on me demande au téléphone: est-ce que j’ai affaire à Monsieur le curé? Je n’en peux plus de répéter les mêmes explications et justifications canoniques, et la plupart du temps, je réponds simplement: oui.»

Des responsabilités «à titre exceptionnel»

Les plus grandes difficultés, selon Manfred Ruch, résident dans la relation avec les autorités de l’Eglise. «Notre évêque est partagé entre une application stricte des directives du Vatican et la réalité du terrain. Résultat: toutes les responsabilités assumées par les Gemeindeleiter le sont à titre exceptionnel. Pour présider un mariage, je dois chaque fois demander une autorisation, signée par le curé canonique, qui travaille comme vicaire dans une paroisse voisine. C’est une situation pénible, et surtout incohérente.»

Cette tension entre directives et réalité pastorale se vérifie au niveau de la célébration du dimanche. «Deux fois par mois en moyenne, un prêtre vient pour la messe. Les autres dimanches, des membres de notre équipe pastorale président une célébration. Selon les directives de l’évêché, nous devrions renoncer à distribuer la communion pour ne pas créer la confusion chez les fidèles. Mais nous avons décidé entre Gemeindeleiter à Berne de réciter une prière d’actions de grâce après avoir pris les hosties au tabernacle pour les déposer sur l’autel, puis de distribuer la communion. Les paroissiens apprécient de pouvoir communier», souligne Manfred Ruch.

Différences ente Alémaniques et Romands

Les deux autres évêchés de Suisse allemande (Coire et St-Gall) ont également opté pour l’engagement de théologiens laïcs à la tête de paroisses privées de prêtre résident. En Romandie, et y compris dans la partie francophone de l’évêché de Bâle, la tendance va vers la mise en place d’équipes pastorales, formées de prêtres et de laïcs, pour des ensembles de paroisses. «Il y a une nette différence entre Romands et Alémaniques. Nous sommes en harmonie avec ce qui se vit en France voisine. La Suisse allemande est davantage influencée par l’Allemagne»«, souligne Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire à Genève.

Quelques brèches s’installent tout de même dans la partie francophone de la Suisse. Ainsi, en 1998, Mgr Amédée Grab, alors évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, a accordé une autorisation de baptiser à une laïque responsable de paroisse. «Mais uniquement dans des situations exceptionnelles», précise Mgr Farine. Elle peut être délivrée, sur demande, lorsque aucun prêtre n’est disponible le jour du baptême.

D’autres communautés paroissiales, dans le canton de Fribourg, ont un assistant pastoral comme «répondant». «Nous avons quatre laïcs à la tête de paroisses. Mais ils font tous partie d’une équipe, où un prêtre est nommé modérateur, avec la charge de curé canonique», précise Joël Bielmann, adjoint du vicaire épiscopal à Fribourg. «C’est pour nous une situation un peu nouvelle. Le vicariat vient de former une commission pour réfléchir aux responsabilités des laïcs dans les équipes pastorales». Une telle réflexion devient effectivement vitale dans le canton du Fribourg où, selon les estimations, la moyenne d’âge des prêtres en activité dépasse les 65 ans.

Fidèles davantage ouverts aux changements que les prêtres

Olivier Essacaz, 30 ans, marié et père de deux enfants, s’est vu confier en septembre 2001 les paroisses gruyériennes de Corbières, Hauteville et Villarvolard. Il fait partie d’une équipe pastorale en compagnie de trois prêtres. Dès son entrée en fonction, il a animé régulièrement des célébrations de la parole dans la plupart des paroisses de son secteur, qui s’étend de Broc à Charmey. Mais l’expérience a été interrompue en début d’année 2002. Et pas sur la pression des fidèles, au contraire. «Un conseil paroissial et l’assemblée d’une autre paroisse ont écrit à l’évêque pour souligner qu’ils appréciaient ces célébrations et s’étonnaient qu’elles ne soient plus renouvelées. Les réactions des fidèles sont pour la plupart positives. Les gens prennent bien conscience que le manque de prêtres oblige à certaines adaptations. Ils sont reconnaissants d’avoir une célébration dans leur église le dimanche où aucun prêtre n’est disponible», souligne Olivier Essacaz. De fait, la remise en question de ces célébrations sans prêtres est venue . de certains prêtres, qui ont jugé les fidèles de la région «pas encore prêts à ça». Depuis quelques mois, l’assistant pastoral établi à la cure de Corbières ne préside des célébrations qu’à titre exceptionnel. Ce qui a été le cas à la Toussaint, où chaque village fribourgeois tient à honorer sur son cimetière la mémoire des défunts.

Même canton, même réalité, de l’autre côté de la Sarine. Denise Poffet El Betjali travaille à 70% comme responsable de la paroisse de Saint- Ours en Singine. Un prêtre assure à 20% la partie sacramentelle. «La situation n’est pas idéale», confie l’assistante pastorale, «les paroissiens ont de la peine à comprendre que je prépare et j’anime les baptêmes, et que le prêtre vienne juste pour le sacrement». Selon elle, la grande majorité des fidèles sont prêts à accepter qu’elle baptise, et qu’elle préside les mariages et les célébrations dominicales. «C’est du côté des autorités de l’Eglise qu’il y a le plus de réticences», souligne-t- elle.

Pourtant, à l’évêché de Lausanne, Genève et Fribourg, la question de l’avenir des paroisses, liée à la raréfaction des prêtres, est considérée comme urgente et importante. «La planification pastorale constitue notre première priorité», souligne Nicolas Betticher, chancelier et porte-parole du diocèse. «Une commission planche actuellement sur le sujet. Elle amènera des conclusions à appliquer dans les paroisses en automne 2004». Le terme «Gemeindeleiter» sera-t-il alors traduit en français? BB

Encadré

«Cléricalisation» des laïcs et «sécularisation» des prêtres

Le prêtre n’est pas remplaçable. C’est ce que rappelle le Vatican dans une instruction sur les curés de paroisse diffusée le 18 octobre dernier. Ce document, approuvé par Jean Paul II, touche notamment aux rôles propres des prêtres et des laïcs. Rappelant que dans les dernières décennies, l’Eglise a vécu des problèmes «d’identité sacerdotale», il déplore la diffusion d’»une vision théologique peu claire» à ce sujet. «Dans certains milieux, on a fini par rompre ce profond équilibre ecclésiologique», affirme le document, qui met en garde contre les dangers de «cléricalisation» des laïcs et a «sécularisation» des prêtres. Le Vatican souligne qu’»il est erroné de négliger le sacerdoce ordonné pour mettre l’accent sur le laïcat car, en agissant de la sorte, on finit par pénaliser le laïcat lui-même et par rendre stérile toute la mission de l’Eglise».

La participation à la charge pastorale d’une paroisse d’un laïc ou d’un diacre est réglée par l’article 517-2 du droit canonique, le code de lois de l’Eglise catholique. Elle ne peut être accordée par l’évêque qu’en cas de «pénurie de prêtres». Mais dans tous les cas, précise le document, l’autorité diocésaine nommera «un prêtre qui, muni des pouvoirs et facultés du curé, sera le modérateur de la charge pastorale». BB

Encadré

Moins de 1% de paroisses confiées à un laïc

L’Eglise catholique romaine compte actuellement 218’196 paroisses à travers le monde, dont deux tiers sont confiées à un curé diocésain et près d’un tiers à un religieux prêtre. Moins de 1% sont gérées par un laïc. Au 31 décembre 2000, selon les statistiques officielles, l’Eglise catholique compte 405’178 prêtres, dont 265’781 prêtres diocésains et 139’397 religieux, avec une moyenne de 2’580 catholiques par curé (1’343 en Europe et 4’298 aux Etats-Unis). BB

Des photos de Manfred Ruch sont disponibles à l’agence APIC, Pérolles 42, CP 73, 1705 Fribourg – Suisse. Tel: 41-26-426 48 11 / fax: 41-26-426 48 00.

E-mail: apic@dm.krinfo.ch

(apic/bb)

8 novembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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Suisse romande: Le militantisme catholique est-il en train de mourir?

APIC – enquête

L’Eglise abandonne ses mouvements d’action

Bernard Bovigny, de l’agence APIC

Fribourg, 7 novembre 2001 (APIC) Effectifs en chute libre, crise d’identité, manque de soutien des évêques : les remous qui secouent les mouvements d’action vont-ils sonner le glas de ce qui a été le fleuron de l’Eglise des années 20 jusque vers les années 80? Dans ce tableau morose du militantisme catholique, qui voit la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) et l’ACO (Action catholique ouvrière) «en veilleuse», quelques mouvements maintiennent la tête hors de l’eau en cherchant davantage à rayonner qu’à se conserver. Pour certains, sans le soutien des autorités de l’Eglise.

«A part Mgr Farine, qui a été aumônier de mouvements, ça fait un bout de temps que les responsables catholiques nous considèrent comme mourants ou carrément morts. L’Action catholique n’est plus une préoccupation pour l’Eglise d’aujourd’hui», affirme Andrea Wassmer, présidente de la Communauté romande pour l’apostolat des laïcs (CRAL), l’organisme faîtier de l’action catholique. Le constat est le même chez la plupart des autres responsables de mouvements : le militantisme catholique créé durant l’entre deux guerres pour assurer une présence d’Eglise dans le milieux agricole, ouvrier, étudiant et indépendant est laissé à l’abandon.

Madeleine Rossier, animatrice de l’ACAR (Action chrétienne agricole rurale) dans le canton de Fribourg, accuse les autorités ecclésiales d’avoir laissé mourir certains mouvements, et ces derniers de ne pas s’être battus pour être reconnus. «J’en veux à l’ACO d’avoir arrêté ses activités. Elle a été en Romandie un modèle d’engagement social et ecclésial jusque dans les années 80». Lorsqu’elle démissionnera de son activité d’animatrice, Madeleine Rossier, qui a atteint depuis longtemps l’âge de la retraite, craint que l’Eglise ne supprime son poste. «Nous continuerons alors de fonctionner, mais avec des bénévoles».

Mgr Pierre Farine, évêque à Genève et représentant des ordinaires romands à la CRAL, admet que le maintien des mouvements d’action ne constitue la première préoccupation des responsables ecclésiaux. Et cela le peine. «Même au niveau mondial, nous assistons à un net retrait de l’autorité face à l’apostolat des laïcs. La priorité est actuellement portée sur des domaines qui marchent mieux, comme la catéchèse et les mouvements de spiritualité ou de prière». Et comment l’Eglise va-t-elle assurer une présence solidaire et interpellante dans le milieu ouvrier? «Nous assistons à la perte d’une action concertée de l’Eglise dans ce milieu. Il ne nous reste plus qu’à compter sur l’engagement des chrétiens à titre individuel», regrette Mgr Farine, qui considère ce phénomène comme une évolution, contre laquelle il est difficile de réagir.

Un fleuron de l’Eglise a disparu de Suisse

La trajectoire que connaît la JOC est significative de cette «mort lente par abandon» qui affecte les mouvements d’action. Dans son livre «La Jeunesse Ouvrière Chrétienne suisse (1932-1948)» (Aux sources du temps présent / 1996), l’historien Alexandre Dafflon a recensé 41 groupes JOC actifs en Suisse romande en 1937, et 24 en formation, ainsi que quelques implantations au Tessin et dans les missions françaises de Suisse allemande. Et si les effectifs ont baissé après la deuxième guerre à cause de la mob en 39, la JOC est demeurée encore longtemps un des mouvements les plus importants et les plus influents de l’Eglise catholique en Suisse.

«Paradoxalement, c’est depuis le Concile Vatican II, qui les a consacrés, que les mouvements d’action catholique ont commencé à péricliter», souligne Francis Python, professeur d’histoire contemporaine, générale et suisse à l’Université de Fribourg. La faute, selon lui, au «démantèlement des bases sociales et à la crise d’identité de la classe ouvrière». Résultat : le dernier poste d’animateur romand de la JOC a été biffé des budgets par les responsables de l’Eglise catholique il y a trois ans, et le permanent vaudois n’a pas été remplacé lors de la démission du titulaire, il y a une année. Sans aucune manifestation de la JOC elle-même. «Je ne sais pas si elle existe encore, mais si c’est le cas, elle le fait sans l’appui financier de l’Eglise», affirme Jean-Marc Zwissig, adjoint au vicariat épiscopal pour le canton de Vaud. Sur Fribourg également, la JOC a complètement disparu des budgets de l’Eglise depuis quatre ans. Aucune trace de ce mouvement n’a été relevé dans les autres cantons, si ce n’est un groupe d’anciens membres à Genève qui cherche à le ressusciter. Ce fleuron de l’Eglise catholique, auquel se réfèrent encore bon nombre de syndicalistes et d’anciens militants (le terme de «jociste» se trouve même dans le dictionnaire), a disparu de Suisse. Dans l’indifférence quasi générale.

Des militants assidus à monter aux créneaux

«Même si les rangs des mouvements d’action s’effritent, nos membres se mobilisent très facilement lorsqu’il s’agit de défendre certaines causes. Ils se montrent assidus lorsqu’il s’agit de monter aux créneaux», relève Andrea Wassmer de la CRAL, qui cite en exemple la Consultation oecuménique sur l’avenir social et économique de la Suisse, à laquelle pratiquement tous les membres des mouvements ont participé, à titre individuel ou en équipe.

Pour l’abbé Guy Oberson, curé de Renens et ancien aumônier de l’ACO, la crise traversée par les mouvements d’action catholique est due entre autres à la réticence qu’ont les gens à s’engager dans la durée. «Même les syndicats ont dû fusionner pour se maintenir. Les travailleurs vont les consulter en cas de problème, mais peu d’entre eux ressentent la nécessité de se regrouper pour défendre leurs intérêts», souligne Guy Oberson. Et selon le professeur Francis Python, une même difficulté d’identité est traversée par le parti socialiste, depuis la crise industrielle. Depuis, le PS compte davantage de représentants du secteur tertiaire (enseignants, journalistes, …) que du secteur secondaire. «La base ouvrière a de la peine à s’y faire entendre», estime Francis Python. L’ACO a ressenti la crise du monde ouvrier de plein fouet : elle est actuellement en veilleuse. Une Communauté des travailleurs chrétiens (CTC), qui regroupe quelques retraités anciens membres de l’ACO, tente de maintenir un lien entre des équipes en Suisse romande.

Le MADEP et l’ACAR surmontent la crise

Le MADEP (Mouvement d’apostolat des enfants et préadolescents), qui regroupe encore 750 membres en Suisse romande, et l’ACAR, avec ses 14 groupes répartis entre le Jura et le canton Fribourg, semblent surmonter la crise des mouvements d’action.

Sur Fribourg, le MADEP a su réagir en adoptant depuis trois ans un principe d’action visant à rejoindre les enfants là où ils se trouvent, avec des résultats convaincants: une bonne centaine d’entre eux ont participé aux activités proposées par le mouvement lors de ses présences à la sortie des écoles à Marly ou dans les couloirs du cycle d’orientation de Châtel St-Denis.

«Nous sommes allés nous présenter dans les classes de Marly, et nous avons annoncé une réunion pour former un groupe MADEP. Personne n’y est venu», raconte Sonia Lauper, responsable sur Fribourg. «Nous avons alors pris conscience que c’était à nous d’aller auprès des enfants, là où ils se trouvent. C’est comme ça que nous avons organisé une présence chaque semaine dans un lieu de passage emprunté par les élèves qui sortent de l’école secondaire». L’expérience est jugée positive: une vingtaine d’enfants et près de 25 jeunes s’arrêtent régulièrement pour entrer en contact avec les animateurs présents.

Pour Madeleine Rossier, le monde paysan, dont l’évangélisation constitue l’objectif de l’ACAR, ne souffre pas de la même crise d’identité que la classe ouvrière. Si les problèmes ne sont plus les mêmes qu’autrefois, la solidarité des travailleurs de la terre demeure très forte : «Nos membre se mobilisent volontiers lorsque l’occasion se présente, surtout si un des leurs se trouve en difficulté». (apic/bb)

7 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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