Lourdes : Fin du pèlerinage romand le 13 mai
Apic reportage
Un temps d’émotions qui laisse les gens différents
Valérie Bory, de Lourdes
Lourdes, 13 mai 2005 (Apic) Le pèlerinage interdiocésain Suisse romand, dit Pèlerinage des malades, touche à sa fin et Mgr Pierre Farine en tire le bilan pour l’Apic, à Lourdes, après avoir répondu à quelques questions des pèlerins romands en fin d’après-midi, le 12 mai.
A la veille du départ des 3’000 pèlerins (2’300 Romands et 700 Alémaniques des cantons bilingues), transportés dans les deux trains et les quatre avions du retour du pèlerinage, Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), s’est entretenu avec les pèlerins présents dans l’Eglise Ste Bernadette. A l’issue de l’Eucharistie de 16h (messe conduite par le pèlerinage romand), l’évêque a répondu à quelques questions que lui ont posées les pèlerins.
Il a d’abord présenté son «métier» d’évêque avec simplicité et humour, rappelant qu’il y a 40 ans lorsqu’il est devenu prêtre, cette phrase de Charles de Foucauld commençait à l’interpeller et à l’habiter: «Seigneur je suis sous le poids de votre amour». Voulant dire par là que la joie et les émotions «nous minent autant que la souffrance». Faisant allusion surtout aux «temps extrêmement forts vécus lors de cette semaine de pèlerinage avec des malades parfois proches de la mort». Moments intenses, surtout pendant l’onction aux malades, donnée mercredi 11 mai, dans l’Eglise Ste Bernadette, structure moderne de métal et de béton au bord du fleuve Gave, de l’autre côté de la grotte.
«Lorsqu’un évêque donne l’onction à un prêtre paralysé à la suite d’un récent accident cardiaque, c’est une émotion. Cet homme, aujourd’hui à mobilité réduite, a découvert la sollicitude des soignants bénévoles et il m’a dit qu’il n’aurait jamais pensé qu’il y aurait autant de dévouement chez les gens. Comme prêtre, vous êtes de l’autre côté de la barrière», rappelle Mgr Pierre Farine. Emotion encore que le regard d’un grand malade à qui l’on donne l’onction et «qui verra dans quelques semaines la face de Dieu».
L’évêque a expliqué aux pèlerins romands les trois tâches de l’évêque: enseigner, sanctifier, gouverner. «L’enseignement étant également fait par tout le peuple chrétien, vous êtes responsables de la parole de Dieu dans votre canton, votre ville, votre quartier. Je vous dis merci et je ne vous apprends rien du tout», a lancé l’évêque, très en verve, aux pèlerins.
Les préoccupations des pèlerins face à l’évêque
Regroupant les questions des pèlerins en une synthèse, Mgr Farine a répondu à ceux qui s’inquiètent du nombre de plus en plus restreint de prêtres en lançant: «Si un jour il n’y a plus de sacrements, donc plus de messe, c’est que l’évêque a mal fait son boulot». Face à ceux qui regrettent le départ d’un curé dans leur village, il a expliqué: «Dans le diocèse LGF, que je connais le mieux, nous nous rendons compte que devant le manque de prêtres, nous devons confier 3 ou 4 paroisses à un seul prêtre. Nous avons fait des unités pastorales avec une équipe pastorale. A Genève, au mois de septembre, quatre curés de quatre paroisses importantes partiront en retraite. On est bien obligés de prendre là où il y a encore deux prêtres.»
Une question sur l’euthanasie a suscité la réaffirmation par Mgr Farine de «la ligne générale de l’Eglise, c’est-à-dire que la vie est sacrée, et qu’on n’a pas le droit de la manipuler». L’évêque a réitéré le «respect absolu des évêques suisses pour la vie». Affirmation ponctuée par les applaudissements des pèlerins présents. Par contre, il approuve le développement auquel on assiste, des soins palliatifs. Mgr Farine a encore exhorté les parents: «Il faut que vous, parents et grands-parents ayez le désir que votre enfant devienne prêtre».
Un peu plus tard, Mgr Farine accordait une interview à l’Apic entre une visite aux 280 malades romands logés dans l’immense établissement médico social destiné aux pèlerins de passage, l’Accueil Notre Dame, et le repas du soir.
Le 13 mai, avec l’Envoi, se clôt le pèlerinage
Heureux du bon déroulement du pèlerinage, et que «chacun ait joué le jeu», Mgr Farine se félicite de «l’organisation parfaite, y compris lors de nos célébrations, avec la vingtaine de prêtres de toute la Suisse romande qui y ont participé». Sans compter les prêtres accompagnant les Hauts valaisans et les Fribourgeois de langue allemande, soit en tout 700 Alémaniques.
«J’ai rencontré des pèlerins venant de différents cantons et de différents pays, et résidant en Suisse. Eux aussi sont venus jouer le jeu. Beaucoup d’entre eux avaient sans doute des demandes à faire, ils attendaient peut-être quelque chose, ils ont peut-être été exaucés. Ils ont peut-être reçu autre chose que ce qu’ils ont demandé. Chacun repart avec quelque chose entre ses mains. Nous avons vécu ensemble des célébrations splendides».
Vendredi 13 mai, c’est par une messe, puis par l’Envoi, «une cérémonie de dislocation, pourrait-on dire», résume Mgr Farine, que se terminera le pèlerinage interdiocésain. En présence de tous les prêtres romands et tous les pèlerins, ainsi que des malades. L’Envoi est dit par Mgr Farine. Il signifie: Nous nous sommes assemblés pour dire la messe, pour vivre un temps mystique, maintenant vous vous désassemblez pour rentrer chez vous, avec un plus».
Mgr Farine affirme encore: «J’ai été transformé par cette semaine. Je repars différent et je vais retrouver mon quotidien d’évêque». Le prochain pèlerinage romand à Lourdes aura lieu en juillet 2005. Il sera présidé par Mgr Martin Gächter, l’un des évêques auxiliaires du diocèse de Bâle.
Note: Des photos des docteurs Francis RIME et Philippe MERCIER(cf article sur Lourdes du 12 mai) sont disponibles à l’Apic. (apic/vb)
Visite du pape Jean Paul II en Pologne
APIC – Reportage
Appel œcuménique d’une rare intensité à son arrivée à Wroclaw
De notre envoyé spécial Jean-Marie Guénois
Wroclaw, 1er juin 1997 (APIC) C’est par un appel oecuménique d’une rare intensité et une invitation appuyée à la réconciliation nationale que le pape Jean Paul II a entamé samedi sa visite de 11 jours – la 7e depuis 1979 ! – dans sa patrie, la Pologne. Visiblement ému de retrouver le sol natal, le Souverain pontife a été salué à son arrivée à l’aéroport de Wroclaw par le président polonais, l’ex-communiste Aleksander Kwasniewski, et la hiérarchie catholique du pays, emmenée par cardinal Henryk Gulbinowicz, archevêque de Wroclaw et le cardinal primat de Pologne, Jozef Glemp.
Le mauvais temps -une pluie froide – qui a accueilli le pape à Wroclaw, au sud-ouest du pays, n’a pas découragé , le président de la République polonaise Aleksander Kwasniewski laisse entendre que la signature du Concordat n’est plus qu’une affaire de .
La démocratie a besoin de la voix de la conscience
Reste que la Pologne se sent divisée. En accueillant son illustre compatriote à l’aéroport, le président de la République l’a reconnu publiquement : . Adam Michnik, militant d’origine juive et directeur de La Gazeta, le journal intellectuel de gauche, n’écrit-il pas dans son éditorial du matin même: >.
Le pape rappelle qu’il vient , car >
Cette volte-face a irrité le cardinal Glemp, primat de Pologne et président de la Conférence épiscopale. Il a déclaré le 29 mai que le , aboli comme système de gouvernement, était > – fondée selon le cardinal sur .
Jean Paul II a-t-il abordé ce sujet avec le président Kwasniewski, un ex-communiste ? Ils se sont rencontrés en tête-à-tête dans l’après-midi du 31 mai, après une liturgie de la parole présidée par le pape dans la cathédrale de la métropole, capitale administrative et culturelle de la Basse Silésie. En tout cas, et contre toute attente, le président est venu assister à la rencontre oecuménique qui a suivi, dans l’immense hall de Wroclaw, la quatrième ville de Pologne.
Plus possible de faire marche arrière sur le chemin de l’œcuménisme
A l’applaudimètre – le pape étant bien entendu hors concours -, ce sont le métropolite Damaskinos, représentant le patriarche oecuménique de Constantinople, et le représentant de la religion juive, qui ont été les plus salués. Le patriarche de Moscou Alexis II était représenté par l’exarque Théophane de Berlin. Aucune confession chrétienne de Pologne ne manquait à l’appel.
Un éternuement du pape, suivi aussitôt d’un second, a déclenché un éclat de rire général. Jean Paul II n’a pas raté l’aubaine: Propos accueilli par un nouvel éclat de rire dans cette salle à la foule chaleureuse mais à l’architecture glaciale qui a vu des orateurs comme Hitler et Brejnev.
La réconciliation, Jean Paul II entendait la placer au coeur de son message oecuménique, dont le ton et la force ont été rarement atteints ces dernières années. , a-t-il lancé, car sans réconciliation l’annonce de l’Evangile ne peut être crédible. Evoquant le second Rassemblement oecuménique européen qui aura lieu à Graz du 23 au 29 juin prochains, il a expliqué:
Et le pape de poursuivre:




