Rome: Evêques et délégués des Eglises chrétiennes au 11e Synode des évêques

Apic Interview

Le secrétaire général du Synode s’exprime sur les enjeux

Par Ariane Rollier, I.MEDIA, agence partenaire de l’Apic

Rome, 26 septembre 2005 (Apic) La collégialité et la synodalité de l’Eglise seront accentuées durant la 11e assemblée générale du Synode des évêques. C’est ce qu’a expliqué à l’agence I.MEDIA, à Rome, Mgr Nikola Eterovic, secrétaire général du Synode des évêques. Qui s’exprime notamment sur les évêques chinois invités par Rome.

Interviewé quelques jours avant l’ouverture de l’assemblée, le 2 octobre prochain par l’agence I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome, Mgr Nikola Eterovic, secrétaire général du Synode des évêques, livre son point de vue sur les évêques chinois, l’intercommunion, les divorcés-remariés, parmi d’autres sujets délicats.

Apic: Vous avez parlé d’éléments nouveaux qui pourraient être développés dans le Synode pour favoriser la collégialité et la synodalité de l’Eglise. A quoi faites-vous référence ?

Mgr Nikola Eterovic: Par exemple, cette assemblée va être celle, dans l’histoire du Synode, qui aura le plus de participants. Comme sa durée a été réduite de quatre à trois semaines, il a fallu s’organiser afin que tous les pères synodaux souhaitant intervenir, puissent le faire. Ainsi, ils pourront parler 6 minutes au lieu de 8 comme auparavant. Nous avons aussi l’intention d’organiser le débat selon l’Instrumentum laboris, qui est divisé en quatre parties, afin de centrer la réflexion et les expériences sur ces thèmes. Par ailleurs, chaque après-midi, il y aura, durant les congrégations générales, une heure de débat libre, ce qui est une nouveauté. Les propos écoutés le matin pourront ainsi être objet de discussion, de précision et d’approfondissement. Enfin, certains éléments de nature technique ont évolué.

Apic: Quatre évêques chinois ont été invités à l’assemblée synodale, mais le gouvernement de Chine semble jusqu’ici refuser de les laisser partir pour Rome.

Mgr Nikola Eterovic: Nous espérons que ces évêques viennent. Je crois qu’un jour ou l’autre même la Chine continentale, comme les autres pays, aura la joie de voir ses évêques au Synode. Quoiqu’il en soit, Mgr Zen, l’évêque de Hongkong, qui a un statut spécial, de la Chine continentale, sera présent.

Apic: Le fait que certains de ces évêques soient de l’Eglise officielle et d’autres de l’Eglise souterraine pourrait poser un problème ?

Mgr Nikola Eterovic: Le pape a choisi quatre évêques représentatifs et je crois que même le gouvernement chinois devrait être intéressé par leur venue au Synode. Prenons une image : le gouvernement chinois serait très content que tous les grands sportifs du monde entier participent aux Jeux Olympiques. S’il y avait quelqu’un de grande renommée qui ne pouvait pas venir, cela serait moins positif pour les JO.

De façon similaire pour l’Eglise catholique, nous serions très contents de voir dans cette assemblée de l’épiscopat du monde entier des ’grands sportifs’ chinois faisant preuve de leur fidélité à Dieu, à l’Eglise, au pape et aimant leur pays.

Apic: Sait-on déjà qui sont les représentants des Eglises orthodoxes et des communautés protestantes invitées par le Vatican qui vont venir à l’assemblée synodale ?

Mgr Nikola Eterovic: Ils seront cette fois-ci douze à venir au Synode, contre six autrefois, provenant d’Eglises et de communautés ecclésiales chrétiennes. À la différence des quelques 250 pères synodaux (choisis par les Conférences épiscopales ou nommés par le pape), ils ne disposeront pas du droit de vote, mais ils pourront intervenir. Nous sommes en train de recevoir leurs noms, mais la liste n’est pas encore complète. Si les Eglises catholiques orientales sont représentées par leurs chefs – patriarches ou archevêques majeurs -, les Eglises orthodoxes et les communautés ecclésiales issues de la Réforme choisissent elles-mêmes leurs délégués. Pour nous, qui avons une préoccupation oecuménique, leur présence est importante. Il est bon qu’ils se rendent compte des discussions et du travail que comporte un synode.

Apic: Sur quels critères Benoît XVI a-t-il nommés certains évêques en plus de ceux désignés par les Conférences épiscopales des Eglises particulières ?

Mgr Nikola Eterovic: Le pape a une vision universelle de l’Église. Pour cette raison, il a nommé des évêques provenant de divers continents. Par exemple, il a pris en considération les présidents des Conférences épiscopales continentales : les cinq évêques présidant ces Conférences ont été invités. Comme lors de la 11e assemblée générale nous ferons une commémoration pour le 40e anniversaire du Synode, le pape a invité certains pères synodaux à faire une communication sur le sujet.

Apic: L’un des thèmes d’un chapitre de l’Instrumentum laboris est celui de l’intercommunion. Pensez-vous qu’il soit soulevé et que la présence de participants des différentes Eglises et communautés chrétiennes le fasse évoluer ?

Mgr Nikola Eterovic:: On ne peut pas anticiper les débats du synode. Nous aurons, bien sûr, un échange de points de vue, de réflexions, de propositions, mais toujours dans la continuité de la tradition de l’Eglise catholique. A ce sujet, nous respectons les Eglises orthodoxes et nous reconnaissons la validité de leurs sacrements. Les fidèles catholiques peuvent d’ailleurs communier dans les Eglises orthodoxes là où il n’y a pas de prêtre catholique. Côté orthodoxe, cela dépend de chacune des Eglises.

Apic: Un autre thème à aborder est celui de la question des divorcés- remariés et de leur accès à l’Eucharistie. Le cardinal Ratzinger avait parlé d’étudier la validité du premier mariage, dont le manque de foi dans le sacrement pourrait être un critère de nullité.

Mgr Nikola Eterovic: Le cardinal Ratzinger a dit aussi qu’il s’était rendu compte que c’était assez compliqué, mais qu’on pourrait étudier cette question. Les tribunaux ecclésiastiques devraient avoir un rôle important. Je crois que cette question sera présente dans les débats synodaux parce que elle l’est déjà dans l’Instrumentum laboris.

Or, ce dernier est très pastoral et reflète les préoccupations et les problèmes des Eglises particulières dans le monde entier.

Apic: La tradition tient à coeur pour Benoît XVI. Pensez-vous qu’il pourrait y avoir une réforme liturgique ou une libéralisation de la messe tridentine découlant de décisions du Synode ?

Mgr Nikola Eterovic: Cette question n’est pas prioritaire dans les préoccupations de l’Eglise comme le montre l’Instrumentum laboris. Évidemment, il existe déjà les normes de la Réforme liturgique. Il me semble que le synode va insister sur l’approfondissement de l’expérience spirituelle et même mystique de la célébration eucharistique, ce grand don que Dieu continue à nous donner.

Elle doit être une source de renouveau de la vie morale des personnes. Certains évêques insistent aussi sur le soin des chants liturgiques, sur le fait qu’il faille prévoir des moments de silence, et sur l’acquisition d’une expérience vraiment personnelle de la présence de Dieu dans l’Eucharistie.

Il y a une question que l’on souligne souvent, y compris dans l’Instrumentum laboris : la grande préoccupation des évêques pour la césure entre la foi et la vie, cela signifie que même ceux qui pratiquent, qui prient l’Eucharistie, ne se comportent pas en conséquence dans leur vie privée et sociale. Voilà l’un des grands thèmes qui existe au niveau de l’Eglise universelle.

Apic: L’Eglise est universelle, mais à chaque pays ou continent ses préoccupations qui lui sont propres. Comment trouver une unité dans cette grande diversité de situations ?

Mgr Nikola Eterovic: C’est le rôle du Synode. Nous y avons l’expérience de la collégialité de tous les évêques en union avec l’évêque de Rome qui préside l’Eglise catholique dans la charité et qui est garant de son unité. Il y a donc cet aspect de l’unité dans le pluralisme. Il y a ainsi pour l’Asie ou pour l’Afrique des questions très importantes comme celles concernant l’inculturation qui sont plus actuelles qu’ailleurs, en Europe par exemple.

Une autre question très marquée dans le document qui regroupe les réponses des différentes Eglises particulières, est celle de la présence à la messe dominicale, qui est très forte en Asie ou en Afrique mais pas autant en Europe. Il faut donc que les Eglises qui semblent un peu essoufflées retrouvent la joie de ces Eglises jeunes. D’un autre côté, l’Europe peut partager en échange le fruit de son expérience millénaire. (apic/imedia/vb)

26 septembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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Jura: Présidente du parlement, Elisabeth Baume se prépare à mettre un enfant au monde

APIC – Interview

On attend un bébé au parlement

Pas sous la coupole fédérale, mais à Delémont

Par Pierre Rottet, de l’Agence APIC

Les Breuleux, 31 janvier 2000 (APIC) Il n’y aura pas de bébé sous la coupole fédérale, mais il y en aura un dans l’enceinte du Parlement jurassien. En mars prochain, Elisabeth Baume, 36 ans, mariée, mère d’un enfant de 6 ans, présidente en exercice du parlement jurassien, donnera naissance à un bébé. Un peu celui des Jurassiens. Une première en Suisse, pour une première citoyenne d’un canton.

Tout un symbole, après les déclarations de la démocrate-chrétienne Ruth Metzler, sitôt élue au Conseil fédéral, pour souligner que la maternité n’était pas compatible avec sa nouvelle charge. Mais aussi après le refus du peuple suisse et plus particulièrement des électeurs de suisses alémaniques, de l’assurance maternité. Pour Elisabeth Baume, assistante sociale et membre du parti socialiste, maternité et responsabilités politiques ne sont en rien incompatibles. Au contraire. Dans la mesure ou tant de choses restent à faire dans ce pays pour la famille. Notre interview.

APIC: Le ministre jurassien Jean-François Roth souhaite repeupler le Jura. Et projette 100’000 habitants pour 2020. Soit un accroissement de 45% – ou 10’000 familles de plus – par rapport à la population actuelle, de 69’000 âmes. Utopie? Vous allez en tout cas dans le sens de ses vœux…

Elisabeth Baume: Tout-à-fait, c’est un heureux hasard. Avec son idée, le ministre Roth veut donner une impulsion au canton. Pour grandir, il faut être plus. Par le biais des naissances, bien entendu, mais aussi grâce à des collaborations, et notamment avec notre partenaire du Jura bernois. Je ne crois pas que J.-Fr. Roth pense uniquement aux familles, aux femmes jurassiennes – ou domiciliées dans le canton – mais à toutes les mesures cadres qui permettraient de faire envie aux gens de venir s’y établir. Grandir? On peut accroître la démographie de plusieurs manières. Notamment en créant des emplois ou en évitant que les jeunes formés ne quittent le canton – parce que le Jura est quelque peu anémique en termes d’emplois pour les jeunes au bénéfice de formation supérieure. Il s’agit également de privilégier un environnement agréable, des infrastructures culturelles et sociales, des moyens de transport adéquats…

APIC: C’est un peu le bébé des Jurassiens, qui viendra au monde en mars…

Elisabeth Baume: Mettre au monde un bébé et assumer ma charge de présidente a une valeur de symbole, dans la mesure où cela rappelle qu’il s’agit d’une fonction de milice. Et puis, je ne me suis pas dit, voilà, je vais faire un bébé parce que je serai présidente. Cela s’est donné comme ça.

APIC: La Conseillère fédérale Ruth Metzler, membre d’un parti pourtant censé défendre les valeurs de la famille, l’a dit: avoir un enfant est incompatible avec sa fonction. Pas mal de dents ont grincé…

Elisabeth Baume: Incompatible avec sa fonction? Non, pas du tout. Combien de femmes très actives dans différents domaines arrivent à concilier vie de famille et vie professionnelle ou politique. En outre, j’ose souhaiter que son mari puisse, le cas échéant, aménager son temps afin de permettre, si le couple le souhaite, de concilier carrière politique et vie de famille avec enfant(s). On peut imaginer que l’un et l’autre trouvent les moyens de s’organiser.

APIC: Dans un pays ou la démographie est en chute libre, un «bébé sous la couple» aurait pu être vu comme un sacré signe, dans une société vieillissante. Une occasion manquée?

Elisabeth Baume: Je ne pense pas que le projet d’avoir un enfant doive faire l’objet de stratégie d’ordre politique. D’autant plus que le seul désir d’avoir un enfant ne suffit pas toujours. De par sa jeunesse, Ruth Metzler a visiblement donné un nouvel élan. Elle plaît. Pourquoi dès lors ne pas aller plus loin, avec un signe encore plus concret de sa féminité, avec une maternité. Si la Conseillère fédérale annonçait un jour qu’elle est enceinte, il ne viendrait à l’idée de personne de crier à la trahison. Ce qui m’agace, par contre, est qu’avec sa déclaration, elle a donné l’impression de faire une promesse solennelle: celle de ne pas avoir d’enfants pour être disponible pour sa tâche. Elisabeth Kopp n’a pas eu d’enfant durant sa période passée au Conseil fédéral, mais elle a eu un mari encombrant. Cela dit, on ne demande pas à un homme s’il projette ou non d’avoir un ou des enfants. Les mêmes règles devraient être appliquées pour tout le monde. Reste que Ruth Metzler a crié haut et fort qu’elle souhaitait s’occuper elle-même de son enfant, au cas où, sans nourrice ni autre intermédiaire. C’est terriblement dérangeant, car cette manière d’envisager la vie de famille me semble aujourd’hui dépassée et peu respectueuse de la réalité vécue par les couples qui, par obligation financière, sont amenés à s’organiser avec deux salaires.

APIC: D’autant que dans ce pays qui manque singulièrement de crèches, il faudrait sensibiliser l’opinion publique…

Elisabeth Baume: De nombreux d’enfants vont en crèche. Et beaucoup de femmes n’ont pas le choix. Par sa position, Ruth Metzler aurait pu contribuer à sensibiliser sur la question de la garde des enfants. Une question qui pose problème pour de nombreuses familles. Son approche n’est guère respectueuse pour les mêmes familles, parce que cela revient à dire qu’un enfant gardé en crèche – ou d’une autre manière – est à priori lésé par rapport à un enfant élevé «uniquement» par les membres de sa famille.

APIC On peut donc être mère de famille, mener une activité professionnelle, et assumer un rôle politique. Y compris de premier plan.

Elisabeth Baume: Avec un sérieux bémol! Cela suppose en effet un accord de toute la famille. Et de faire des choix. Avec la naissance de mon second enfant, j’arrêterai de travailler, je veux dire d’avoir un emploi rémunéré. Cela veut dire que la femme est effectivement amenée à prendre des décisions, différentes de celles d’un homme. Je ne trouverais pas compatible de travailler à 70% au Service social, d’avoir deux enfants et en plus d’être présidente du Parlement. Je serais insatisfaite partout et dans l’impossibilité de m’investir dans chacune de mes tâches, avec la conviction et l’énergie nécessaires. Il me faut donc faire «le deuil» de mon travail, dans un domaine certes exigeant mais passionnant, avec des gens que j’apprécie et respecte énormément.

APIC: En d’autres termes, vous avez choisi de privilégier votre rôle de mère et de première citoyenne du Jura…

Elisabeth Baume: J’entends en effet d’abord privilégier ma famille, et ma fonction de présidente ensuite, par loyauté vis-à-vis de mon parti et du jeu politique du Jura. En acceptant cette fonction, j’ai choisi de le faire au plus près de mes convictions, et dans le respect des institutions et des citoyens. D’une manière générale, j’arrive à faire face. Je mets ces jours mes papiers en ordre pour passer la main à la personne appelée à me succéder au Service social après 11 ans. Pour le reste, lorsque viendra le moment d’accoucher, le vice-président Marcel Hubleur, en galant homme, se fera un plaisir de me remplacer pour une ou deux séances (réd: le parlement jurassien siège une fois par mois), car je n’imagine pas avoir un congé maternité de 4 mois et de mettre en veilleuse mes activités de présidente, pour autant que ma santé et celle du bébé le permettent.

APIC: Le Jura n’accepte pas le récent refus de l’assurance maternité imposée par la majorité alémanique. Les rondeurs de votre ventre peuvent-elles contribuer à donner du poids – au sens politique, bien entendu -, à l’idée acceptée par la majorité des parlementaires?

Elisabeth Baume: Qui sait? Une motion du parti socialiste transformée en postulat a été acceptée à une forte majorité par le parlement. L’objectif? Une compensation financière pour les familles. Différents idées sont esquissées en faveur de la famille, comme le versement d’un complément aux allocations familiales, compris comme une sorte de prestation complémentaire, fiscalement non imposable, ou encore la mise sur un pied d’égalité des personnes au chômage. Pour l’heure, scandaleusement, ces personnes ne touchent pas d’allocation de naissance. Cela se fera. Il est également envisagé de généraliser les allocations familiales à toutes les catégories de personnes, indépendants y compris. Il est aussi question d’un soutien à la famille par le biais d’une action sociale, grâce à des mesures d’insertion qui permettront de passer d’une assistance passive à une prise en considération des projets déclarés.

APIC: Le mandat de présidente vous oblige à l’impartialité. Mais votre future maternité, et le symbole qui entoure votre élection alors que vous étiez déjà enceinte peut aller dans le sens de réformes en faveur de la famille.

Elisabeth Baume: Ce mandat m’oblige à l’impartialité, c’est vrai. Cela ne m’empêchera pas de prendre mon bâton de pèlerin pour continuer à soutenir la famille. Les impôts restent en théorie encore le meilleur moyen de redistribution des richesses. De fortes charges fiscales ne me dérangent nullement si elles permettent des prestations sociales adéquates, de créer des crèches pour accueillir les enfants, de favoriser une politique de la famille. On est loin du compte en Suisse. Et le Jura à un certain retard à combler en la matière. D’où les projets qui couvent: le gouvernement vient de transmettre un message au parlement relatif à la révision du recouvrement des pensions alimentaires, dont les normes sont aujourd’hui scandaleusement basses, pour apporter un plus grand soutien aux familles monoparentales; révision partielle de la loi fiscale, avec, notamment la déduction des frais de garde de l’enfant. Il est aussi question d’une augmentation du forfait pour la prime «caisse maladie». A ce propos, contrairement à d’autres cantons, le Jura a toujours utilisé la totalité des subsides octroyés par la Confédération. Des propositions sont faites afin de diminuer la charge fiscale des familles les plus nombreuses, et pour augmenter la déduction forfaitaire par enfant. Ces idées en matière de révision fiscale n’ont rien de révolutionnaire, si on considère les montants discutés. Toutefois, j’attache beaucoup d’importance à ces principes de base. Il est primordial que l’ensemble des partenaires et des partis politiques y adhèrent.

APIC: Le Jura à l’occasion de faire œuvre de pionnier en matière d’allocations familiales…

Elisabeth Baume: L’augmentation des allocations familiales constitue un autre cheval de bataille. Je le prônerai haut et fort. Là aussi je me battrai pour que ces allocations soient nettement plus importantes, et fiscalement déductibles. Cela dit, il ne faut pas voir uniquement l’enfant comme un coût, mais aussi comme un accomplissement. L’enfant apporte aussi beaucoup. Alors qu’il existe aussi nombre de personnes seules, qui vivent dans la précarité des situations dramatiques et scandaleuses. Le soutien à la famille est important, mais pas exclusif face aux autres citoyens vivant des situations de détresse (demandeurs d’emploi, personnes dépendantes, personnes à l’assistance…

APIC: Comment qualifier la politique de la famille en Suisse?…

Elisabeth Baume: Anémique, pour ne pas dire moribonde. Aujourd’hui, on ne prend plus aucune décision si cela risque d’engendrer des coûts supplémentaires. Une attitude à la longue culpabilisante, notamment pour les personnes vieillissantes, accusées de freiner sinon de barrer les projets pour les jeunes. Tristes arguments. C’est plutôt parce qu’on n’a pas envie de promouvoir la solidarité qu’on est incapable d’être créatif en matière de politique familiale.

APIC: Vous êtes aujourd’hui au perchoir. Avec quel ambition, quels objectifs?

Elisabeth Baume: Participer à la vie de la société en général n’est pas forcément avoir un plan de carrière. Pour moi, faire de la politique, c’est participer à la vie de la cité. Mon ambition – elle n’a rien de personnelle -, est de mettre la politique au service de la citoyenneté; de donner une tonalité jeune et féminine, sans être pour autant féministe à outrance; de poursuivre avec le langage spontané qui est le mien. Je souhaite aussi rapprocher les instances politiques des personnes, ou l’inverse; faire reculer l’indifférence des gens devant les enjeux politiques et les problèmes des autres; inciter à participer à la vie de tous, à tous les échelons de la vie sociale; convaincre mes concitoyens d’ouvrir les yeux sur leur environnement immédiat et sur les enjeux plus globaux de la société. (apic/pr)

31 janvier 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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