L’exercice d’humilité auquel le pape invite l’Eglise est salutaire | © Antoine Mekary | ALETEIA | I.Media
Blog
L’exercice d’humilité auquel le pape invite l’Eglise est salutaire | © Antoine Mekary | ALETEIA | I.Media

Abus et silence, couple mortifère


Quelle semaine pour l’Eglise! Le sommet romain consacré à la protection des mineurs a suscité une avalanche de communiqués, de déclarations, de réactions. Un vrai cyclone médiatique! Car l’enjeu est de taille. Il s’agit de mettre fin aux abus sexuels commis par des clercs et au silence complice de certains évêques.

La semaine a été éprouvante, aussi bien pour les associations de victimes, pour les évêques au Vatican que pour les fidèles. Voir l’Eglise catholique réduite, caricaturée même, à une triste expression de prédatrice – à cause de certains abuseurs – a été douloureux. Mais cette douleur extrême répond à celle infligée aux personnes abusées, détruites pour certaines.

La fin du couple abus et silence signifie le renoncement au cléricalisme.

Comme un boxeur sonné de coups, l’Eglise en a «pris plein la figure». Et le pape, courageux et lucide, n’a pas caché la vérité: des abus dans le monde entier et des silences trop complices. Abus et silence, couple mortifère, ont été ravageurs. Les associations de victimes attendent maintenant des actes, des dénonciations, des chiffres, des procès éventuellement, des renvois. Le processus n’en est qu’au début. Quand des pays à majorité catholique, comme la Pologne, l’Italie ou l’Espagne, semblent nier le phénomène ou le découvrir seulement, l’impression prédomine d’un long, long chemin. Et quand le silence de la hiérarchie a été érigé en système, la croisade du pape François paraît encore davantage à inscrire dans la durée.

Pourtant, il n’est pas possible de réduire l’Eglise à cette expression criminelle. L’Eglise est davantage qu’un groupe de clercs, auto-centré et dominant. Les avancées en matière de protection des mineurs seront également portées par l’ensemble du peuple de Dieu. La fin du couple abus et silence signifie le renoncement au cléricalisme. Ou plutôt la fin d’une culture dominée par la parole toute puissante du prêtre et de l’évêque. L’exercice d’humilité auquel le pape invite l’Eglise est salutaire. Il engage l’essence profonde de la communauté croyante.

Bernard Litzler | 25.02.2019

Bernard Litzler

Bernard Litzler, directeur de Cath-Info tient une chronique politico-religieuse baptisée: «Rue Brique». Elle devient de plus en plus «Rue Briques» !

Auteur
Dernières publications
Mgr Amédée Grab est décédé le 19 mai 2019 | © Conférence des évêques suisses
Jean Vanier à Trosly-Breuil | © Youtube